‹ A la recherche de la vérité révélée [microforme]Chapitre 26 sur 51 · JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

JÉSUS-CHRIST

Ouvrons maintenant les évangiles et voyons quel est celui que le christianisme propose à nos adorations,

Accoutumés à voir sétaler le luxe criard des Parvenus de la fortune,nous pourrions nous imaginer que le Christ devait naître dans un palais somptueux, sur les marches d’un trône, environné de tout l'éclat de la puissance et de la grandeur. :

Il n’en fut rien. Jésus naquit le 25 décembre de lan 1, (1) à quelques lieues de J érusalem, en Judée, dans une grotte de Bethléem qui servait de refuge aux animaux. Marie, sa mère, et

(1) D’après certains auteurs le Sauveur serait l'an 4 ou 3 de l'ère chrétienne,

Joeph, tous deux de Nazareth, avaient été amenés en ce lieu par un édi. de l’empereur, Auguste, ordonnant à tous les sujets de Rome d'aller se faire inscrire au berceau de leur origine. Ils avaient vainement cherché un logement pour la nuit dans la ville de David, leur ancêtre, mais, comme il n’y avait plus de place dans l’hôtellerie, ils étaient allés se réfugier dans une étable. C’est là, nous dit l'Evangile, que Marie enfanta son premier-né qu’elle enveloppa de langes et qu’elle coucha dans une crèche,

Cette naissance, si étrange par son dénûment ct remarquable par son obscurité même, fut néanmoins marquée d’événements extraordinaires.

À quelque distance de la grotte, dans une vallée que dominent les hauteurs de Bethléem, de pauvres bergers veillaient à la garde de leurs troupeaux. “ Tout-à-coup, un ange se présenta devant eux, et une lumière divine les environna ; ce qui les saisit d’une grande crainte, Mais l’ange leur dit : “ Ne craignez point ; car je viens vous apporter une heureuse nouvelle qui causera une grande Joie à tout le peuple : c'est qu'il vous est né, aujourd’hui, dans Ja Ville de David, un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur, Et ce qui vous le fera conaître, c’est que vous trouverez un enfant enveloppé de lan-

&es et couché dans une crèche.” Aussitôt, il se joignit à l’ange une grande troupe de l’armée céleste, louant Dieu et disant : Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté” (1) Les bergers se dirent l’un à l’autre : Passons jusqu’à Bethléem, et voyons cette merveille qui est arrivée, et que le Seigneur nous a fait connaître, S’étant donc hätés, ils arrivèrent, et ils trouvèrent Mario et Joseph avec l'enfant qui était couché dans une crèche. Ce que voyant, ils reconnurent la vérité de ce qui leur avait été dit touchant cet ennn: ++ Et les bergers s’en retournèrent glorifiant et louant Dieu de ce qu’ils avaient entendu.” (2) =

Les mages, rois ou chefs de tribus, vinrent à leur tour, du Levant, guidés par un astre nouveau qui, après avoir disparu quelque temps à Jérusalem, se reposa au-dessus de l’étable de Bethléem. Et, chose plus étrange encore que la conduite des bergers, ces augustes visiteurs, accoutumés sans doute aux splendeurs de la royauté, se prosternèrent aux pieds de l’humble enfant couché sur la paille et lui offrirent de l'or, de la myrrhe et de l’encens.

Après le départ des mages, un autre person-

nage entre en scène. Hérode, le roi des Juifs,

(1) Evangile selon St-Luc, Ch. IE, v. Let ss. (2) St-Lue, 11, v. 15.

me du au

sep éto

LA DIVINITÉ pu CHRISTIANISME 167

malgré les nombreux soldats de sa garde et la Protection toute puissante de César, s’alarme tout à coup et voit un antagoniste dans le nouveau-né de Bethléem. I] envoie des hommes de Suerre vers cette paisible cité avec l’ordre bar-

bare d’y égorger tous les enfants au-dessous de deux ans ainsi que ceux des nantes,

Averti par un ange, “Joseph,nous dit l’Evangile, prit la mère et l'enfant et s’enfuit on Egypte,” pendant que la contrée toute entière était plongée dans le deuil par le massacre des Saints Innocents,

Le retour de la famille exilée s’opéra sans brûit quelques années plus tard, après la mort d'Hérode, et N azareth, petite ville de la Galilée, devint la patrie de Jésus qui, croissant en sagesse de jour en jour, y vécut jusqu’à la trentième année de son âge.

Jusque-là, l’Ecriture nous apprend peu de chose de la vie du Christ, si ce n’est sa soumission à ceux qui étaient regardés par tout le

contrées environ-

moment, un changement s'opère dans la conduite du fils de Marie et l'Evangile nous tient

T1 abandonne l’humble toit de l’ouvrier Joseph et commence à prêcher une doctrine qui étonne, ravit et entraîne les foules. Il s’entoure de quelques hommes, de pauvres pêcheurs

168 LA DIVINITÉ pu CHRISTIANISME

pour la plupart, et parcourt avec eux les campagnes, les villages et les villes, guérissant les malades, opérant des prodiges, et se proclamant partout l’envoyé de Dieu, le Fils du Père éternel et le Sauveur du monde. Beaucoup de

Galiléens, de Samaritains et de Juifs croient à s1 parole et à ses miracles ;. mais un grand nombre, parmi les riches, les prêtres et les sectateurs pharisiens se montrent hostiles à sa mission ct fcnt à son apostolat une guerre de plus en plus acharnée. Ils font surveiller ses démarches,épier ses paroles et ses actions, s'efforcent de prendre “a sagesse en défaut, et, surtout, de mettre sn doctrine en contradiction avec celle de Moïse.

Mais leurs tentatives sont vaines, leur ruso,itu-

tile. Jésus déjoue leurs plans les mieux combi-

nés, évite leurs pièges, fait échouer leurs com-

plots, confond surtout leur orgueil et devient

de plus en plus célèbre dans toute la vallée du Jourdain.

Ouirés de dépit, les ennemis du Christ ne reculent pas devant la violence. Ils s'emparent de lui par la trahison de l’un des siens, lui font un double procès devant !’autorité religieuse et civile, obtiennent sa condamnation et le font mourir sur une croix entre deux scélérats,

Tout semble bien fini pour le nazaréen Jésus, et le prétendu sauveur, qui n’a pu, selon l’ironique parole de ses ennemis, se sauver lui-

même, n’a plus qu’à disparaître dans la poussière du tombeau. Ses disciples l’ont abandonné an premier moment de son arrestation et les apôtres eux-mêmes, qui devaient continuer sa mission, ne songent plus qu’à aller reprendre leurs barques et leurs filets !

Mais, chose inouïe ! ve que le Christ n’a pu ou n’a voulu faire de son vivant, il va le réaliser après sa mort !

Il est à peine descendu dans le sépulcre, creusé tout près du lieu de son exécution, qué le supplicié se transforme en un personnage divin. Les apôtres se rallient autour de leur maître trépassé, proclament sa divinité, parcourent la ; terre et, en quelques années, répandent chez tous les peuples les enseignements évangéliques qu’ils scellent, pour la plupart, de l’effusion de leur sang.

Peu à peu le monde devient chrétien, en dépit d’effroyables persécutions, et, quand l’empire de l’univers Passe aux mains de Constan- ‘in, qui arbore l’étendard de la croix au sommet du Capitole, la foi du Christ a pénétré les masses populaires, et le polythéisme disparaît pour toujours de la surface du monde civilisé.

Alors, l’Europe entière, une partie de l'Asie et de l’Afrique se couvrent de cathédrales et de Monuments chrétiens ; les rois et les empereurs s’honorent du titre de lieutenants de Jésus-

170 LA DIVINITÉ py CHRISTIANISME

Christ ; pendant que le tombeau du crucifié et son gibet, plus glorieux mille fois que tous les trônes dé la terre, voient accourir des foules de pèlerins qui, au prix de mille fatigues et de mille dangers, viennent ÿ prosterner leurs fronts, oublicer leurs dissersions et répandre, sous le coup d'émotions profondes, leurs larmes et leurs prières. |

Phénomène étrange, sil en fut jamais ; merveilleuse aberration des esprits et des cœurs qu, réformant les mœurs, sans violence, aux époques les plus lumineuses du monde et chez les peuples les plus policés, donne aux paroles d’un enfant de Nazareth, la valeur d’un dogme sacré, et au supplicié du Golgotha l’auréole de la divinité !

Si étrange qu’il soit, ce phénomène subsiste, et, en cette année 1902, dont le chiffre est chrétien, deux cent millions de sectateurs appartiennent à la seule Eglise catholique qui s'intitule l'épouse bien aimée du Christ Jésus ; pendant que des millions d'individus se réclament encore de la religion chrétienne dans de vastes rameaux détachés, à différentes époques, du tronc principal du christianisme.

Quel est done ce Jésus proclamé par Pilate le roi des Juifs ? Est-ce un philosophe ou un prophète ? Comment se fait-il qu’il occupe dans l’histoire du monde une si large place ? Car,

LA DIVINITÉ pu CHRISTIANISME 171

sa grande figure resplendit non seulement sur les dix-neuf siècles qui ont suivi la naissance du christianisme, mais aussi, comme nous l’allons voir, elle illumine l’humanité à son berceau et éclaire sa marche à travers les âges qui ont précédé l’avénement du fils de Marie.

Le rationalisme moderne, devenu arien, cherche à dissimuler la divinité de Jésus sous les fleurs, et, pour ne Pas s’agenouiller devant ses autels, lui dresse un piédestal gigantesque où, Sans cesser d’être purement un homme, le Sauveur s'élève au-dessus de l'humanité toute entière,

Ce n’est pas assez, le Christ n’est pas seulement le plus grand des enfants des hommes, il est véritablement le Fils de Dieu, Dieu luimême fait homme pour la rédemption du genre humain. Car, nous l’'allons bientôt démontrer,

le fils de le Vierge Marie, l’enfant de Bethléem est le Sauveur désiré des Nations ; sa vie est

, l'accomplissement des Prophéties messianique ; 8es Parules et ses actions celles d'un Dieu.

172 LA DIVINITÉ pu CHRISTIANISME CHAPITRE VI

Page 1