‹ A la recherche de la vérité révélée [microforme]Chapitre 8 sur 51 · NOUS · texte numérisé non relu

NOUS

LES PRÉAMBULES DE [4 FoI 69

Ceci nous amène naturellement à nous demander quels sont les rapports qui existent entre. l’homme et l’Etre suprême.

Le rationalisme ne veut pas reconnaître la nécessité d’un rapprochement entre ces deux tcrmes, Îl nie l'opportunité d’une religion quelconque, et, s’il consent à laisser à Dieu son existence, ce n’est que pour le reléguer dans un recoin de son immensité, loin, bien loin de l’humanité, qui doit l’oublier ou se passer de lui.

Ce n’est pas que la divinité ne soit digne à tout égard de considération et de respect, non, mille fois non ; messieurs les rationalistes font, au contraire, le plus bel éloge de sa magnanime grandeur, seulement, il est si grand, disent-ils,

et probablement si occupé par le gouvernement de l'univers, qu’il n’a que faire de nos adorations et de nos hommages.

Bref, si nous en croyons les apôtres de la libre pensée, nous sommes indépendants de Dieu, exempts de sa loi, et destinés à nous procurer ici-bes la plus grande somme de jouissances possible en dehors de Lui.

À l'encontre de ceë doctrines, que reflètent les écrits et surtout la vie d’un grand nombre de nos Contemporains, je me permettrai de prendre en main la cause de Dieu et de réaffirmer les droits imprescriptibles et essentiels qu’il a sur

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Voici done la proposition que j’émets et que la philosophie se charge de démontrer.

L'homme, quel qu'il soit, savant ou ignorant, riche ou pauvre, est tenu d'honorer Dieu, de l'aimer et d'obéir à ses préceptes.

Pour établir pleinement le domaine de Dieu sur nous et le faire voir dans toute son étendue, il nous faut remonter le cours des siècles, franchir d’un bond les longues périodes de la formation des mondes et nous mettre à brûle-pourpoint en face du néant.

Car, si l’on ne peut démontrer d’une manière évidente la répugnance ou l'impossibilité de l'éternité de l’univers, il est, d’un autre côti, contraire à la raison que tout ce qui le compose ne soit pas sorti du néant cous l’action toute puissante du Créateur.

Tout ce qui est à l’état de participation dans un sujet doit être causé par ce qui est par essence.

Omne quod est per rarticipationem causatur ab eo quod est per essentiam.

Une simple comparaison nous fera mieux saisir la vérité de ce principe de lange de l’école. L'eau réchauffée qui bout dans la marmite n’a qu’une chaleur participée, c’est Pourquoi elle doit l’élévation de sa température à l’action du feu qui est essentiellement chaud.

Or, si je promène mes regards sur le monde, ce champ si vaste de la science expérimentale, je suis frappé, sans doute, de l’étonrante variété des m; riades d’êtres qui le constituent ; mais, au milieu de cette apparente diversité dans l'existence des choses, je ne puis m'empêcher de reconnaître que tous les sujets de mon observation se ressemblent sur un point : J's ont l’être, mais ne sont pas l’être. Ils peuvent exister ou ne pas exister sans que leur essence soit affectée. En un mot, les grands astres des plaines éthérées comme le grain de poussière du chemin, les grands arbres, ou l’humble brin d'herbe, l’ange et la bête, tous n’ont qu’une existence d’emprunt, “un être participé.”

C’est pourquoi il faut remonter à Celui qui subsiste par lui-même, à l’Etre Suprême qui est l'essence même de Dieu, pour trouver la cause productive de tout ce qui est.

Ainsi, ô mon Dieu, si je fais un retour sur moi-même et que je considère le merveilleux assemblage d'esprit et de matiere particulier à mon espèce, je suis forcé de m’écrier que tout cela vient de vous et que je suis totalement votre ouvrage, depuis le souffle mystérieux qui Pense en moi, jusqu’à la boue organisée qui vé- &ète et qui sent sous la vivifiante action de mon âme, Car, si je retranche l’être de mon humble

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personne, il en reste bien peu de chose pour le pasé et l’avenir.

Comprend-on, maintenant, que Dieu nous a tirés du néant, qu’il nous a créés et que son action féconde s’étend à l’univers entier {

Cette preuve, qui n’est pas la seule du reste, tend, comme nous voyons, à remettre de l’ordre dans nos rapports avec Dieu. Elle montre aux savantissimes orgueilleux, aux jouisseurs effrénés, dont notre siècle est pavé, que nous sommes en définitive les oeuvres de Dieu de la manière la plus complète et la plus absolue, Et Pourtant, ils souriaient, quand, du haut d’une chaire chrétienne ils recevaient ce salutaire avertissement. “ Quid habes quod non accepisti”” etc.

Nous sommes les œuvres de Dieu, et n’en déplaise à l’illustre Proud’hon si ennemi de la propriété, nous sommes à Dieu. Car de tout temps, et de l’aveu de tous les législateurs, l’ouvrier a toujours eu le domaine exclusif de ses œuvres,

Ainsi, qu’on le veuille ou non, nous sommes cnrégimentés dans la grande armée qui a Dieu Pour chef et qui doit se mouvoir d’après se:

ordres,

Hélas ! dirai-je, aux révoltés qui ont cueilli leurs nobles aspirations d'indépendance durant la grande tourmente révolutionnaire qui sévit sur le monde depuis plus d’un siècle, si encore nous avions la condition des minéraux ou des

végétaux ; si, du moins, nous étions ( passez-moi l'expresion) de pauvres brutes, nous n’aurions Pour nous rappeler le règne du Créateur, que des lois universelles, nécessaires et d’une observation inconstiente, Mais non , notre malh::

reux destin a voulu que nous fussions des honm: , iYant une intelligence et un cœur !

Ainsi, c’en est fait ! Dieu, qui attend 1 «3 créatures un service proportionné à leu: na:

re, na sera satisfait de nous que quand nous tn aurons rendu lé triple hommage de notre ir. te! ligence qui reconnaît et honore sa grandeur, « notre cœur qui soupire après le souverain bien, et de notre volonté libre qui accepte et accomplit ses préceptes.

Je dois ajouter, néanmoins, pour consoler ces braves amis de la liberté, que le devoir envers Dieu, fondement de tous les autres et, l'appui inébranlable de tous les droits, n’est pas, comme on serait tenté de le croire, contraire à notre dignité.

Car il est des servitudes qui honorent et qui sont plus hautement cotées que la plus complète indépendance. Les courtisans du grand roi Louis XIV n'étaient pas sans se faire envier par la noblesse en disgrâce, qui jouissait de sa ‘iberté d’action, loin des anti-chambres de Versailles,

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Honorer, aimer et servir Dieu, est infiniment plus honorable que multiplier les courbettes devant les monarques de la terre, surtout si l’on songe que ces actes de l’homme à l’adresse de son Créateur sont le complément nécessaire de sa nature ou plutôt de ses facultés.

Honorer, c’est, en effet, connaître et apprécier la perfection de quelqu'un en lui témoignant son estime par des actes extérieurs ; aimer, répond à un besoin de notre être qui désire irrésietiblement le bonheur et cherche un objet qui puisse le lui donner : je laisse de côté l’amour d'amitié qui s’enflamme pour le bien considéré en lui-même.

Obéir à des lois (voilà ce qui nous semble dur) n'est pas si humiliant, après tont, puisque nous Partageons en cela la condition de tous les êtres de l’univers.

L'homme est-il donc si grand qu’il ne puisse courber son front altier devant la volonté divine À I] lui fallait alors rester dans le néant, ne pas nrître ; car en prenent sa place au banquet de la vie, il a assumé les responsabilités et les devoirs d’une créature, et d’une créature raisonnable,

D'ailleurs, on sait ce qui en est, les grands partisans de la liberté et, par là même, les apôtres de la dignité humaine, ne sont pas toujours ei farouches quand il s’agit du joug de la servi-

tude, On les voit se glorifier de leur impiété, et vanter la prétendue force d’âme qui accompagne l’irréligion, quand souvent ils ne sont que de pauvres esclaves des plus ignobles passions.

A genoux done devant Dieu ! et puisque nous ne pouvons nous dispenser d’être les œuvres de sa puissance créatrice, soyons ses dévoués serviteurs,

Au service d’un tel maître, nous grandirons comme la plante sous le rayon d’un soleil bienfaisant, et le monde inférieur, privé de raison, créé pour notre usage, ne sera plus sans voix pour louer et bénir son créateur.

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Il y a une doctrine philosophique connue sous le nom de scepticisme, qui ne croit pas à l’existence de la vérité, ou, si elle l’admet, qui proclame bien haut l’impuisance de notre raison à la découvrir d’une manière certaine,

Le scepticisme naquit probablement des dis- Putes plus ou moins embrouillées de, la fausse philosophie, Ainsi, à force d’entendre des affirmations contraires appuyées en aparence sur de bonnes et solides raisons, l'ignorance et la sottise qui ne jugent que sur les apparences, curent bien vite fait de proclamer la nécessité du doute universel,

Peut-être est la seule parole sage qui puisse s'échapper de nos lèvres, et malgré les plus vi-

BGurcuses démonstrations on les preuves les plns palpables, nous ne pouvons nous empêcher, d'après cette singulière crreur, de nous tenir sur la réserve, gardant soigneusement l'adhésion de notre esprit pour une manifestation de la vérité qui ne se produira jamais.

Je n’ai pas à discuter la valeur du scupticisme au point de vue philosophique.

Le bâton de Molière est, du reste, à la disposition de qui veut s’en servir.

Seulement, je dois en tenir compte dans le travail que je me suis imposé ; Car on est plus où moins douteur ou sceptique en notre siècle, lorsqu’il s’agit des choses qui sortent du domaine de la matière, des affaires et de la politique.

Je sens done le besoin, dans la crainte que les grands principes de la philosophie scolastique ne trouvent la conviction un peu réfractaire chez certains lecteurs, de revenir à la charge, Par une autre voie, pour établir les droits de Dieu sur l’homme et les devoirs de celui-ci envers son Dieu.

Cette fois, je laisse la spéculation pour re n'en tenir qu’à l'expérience, et je me dis : si les faits viennent à l'appui du raisonnement, il faut de toute nécessité que ce dernier soit juste.

Car, de la rencontre des deux méthodes inductive et déductive que l’on emploie dans la recherche de la vérité, il doit résulter une conclusion évidemment certaine,

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Dans les sciences positives on admet de pures théories, pour la simple raison qu’elles se prêtent à l’explication des phénomènes physiques. Ainsi, grâce aux lumières de l’histoire et et de l’archéologie, nous allons promener nos regards sur l’humanité pour voir ce qu’elle a été Par rapport à Dieu ; et, si nus la trouvons en tous temps et en tous lieux fidèle à remplir le triple devoir dont nous avons parlé, nous conclurons de cet accord entre l'expérience et le raisonnement que cette même humanité est bien réellement ce qu’elle se croit être, c’est-à-dire obligée à connaître, aimer et servir Dieu son créateur et maître.

Un premier examen nous révèle que l’homme, depuis qu’il est sur la terre, cherche à connaître la divinité.

Chez la plupart des grands peuples de l’antiquité, en effet, on retrouve une tradition religieuse parfois consignée dans des livres qui semblent s’identier avec leur existence nationale, comme la Bible des Juifs, les Kings des Chinois et le livre de Manou de l'Inde ; OU contenue dans des écrits plus particuliers, par exemple ceux du Phénicien Sauchoniaton, ceux de Bérose citant les traditions Chaldéennes, et les «uvres beaucoup plus connues des phiosophes £recs et romains ; ou, enfin, confiée à des monuments qui ont résisté aux injures du temps : tels

sont les hiéroglyphes de l'Egypte et les antiquités assyriennes, les ruines de la Rome païenne et les fresques si touchantes des catacomhes,

De plus, quand les pierres sont muettes pour nous transmettre cette théologie du passé ou que les livres font défaut, la grande voix de l’histoire se fait entendre pour nous apprendre que depuis le commencement des temps qui sont de son domaine, jusqu’à nos jours, il ne s’est pas trouvé un seul peuple, que dis-je,une seule tribu qui n’ait eu sur Dieu un ensemble de notions plus où moins complètes, plus ou moins vraies, que les générations se sont transmises les unes aux autres avec un soin jaloux.

I y a eu, sans doute, des erreurs ; les esprits ont été obseurcis et la véritable notion de la divinité a semblé disparaître en certains endroits ; l’athéisme a jeté aussi sa note discordante dans ce concert résultant du consentement général des peuples ; mais, au milieu de ce mélange, je dirai le mot, de ce pêle-mêle d'idées que les hommes ont entretenues sur Dieu, on retrouve partout la même préoccupation, le même besoin de remonter par la connaissance à l’Etre Souverain, le suprême objet et l’auteur de toutes les sciences,

Cette tendance de l'esprit humain se manifeste d’abord par une croyance commune à l'unité de Dieu que l’on retrouve chez les peu-

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ples les plus anciens, chez les Chinois, les Hindous, les Perses et les Phéniciens, comme le démontrent leurs différentes Cosmogonies,

Puis, à partir de l’époque où véent Moïse (1700 avant J. C!.), le polythéisme envahit le monde, attestant par la multiplication des fausses divinités où l’apothéose des héros, une certaine croyance à un rédempteur futur.

” Le cri des Israélites au désert “ Fac nobis Deos qui nos praecedant ” est réellement le cri de l'humanité antique. Il s'échappe à travers l'histoire comme la protestation de toutes les consciences, comme le besoin de toutes les nations, comme l'aspiration de tous les cœurs.

Pôur les Chaldéens, un Dieu dans le soleil et les astres ; pour les Egyptiens, un Dien dans toutes les incarnations humaines ; dans l’Isis, le Ty- Phon où POsirs, un Dieu dans tontes les forces produetrices où terribles de la nature ; pour la Chine, le Japon et l'Inde, un Dieu dans les di- “erses transformations de Boudha et de Vish- NoU ; pour la Grèce et Rome, un Dieu dans foutes les personnifications des vertus et des vices, des énergies physiques, des particularités tmosphériques, des phénomènes de la nature.” (1.)

Ce Dieu que les hommes s'efforcent de con.

vaître n’est pas une froide abstraction capable,

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(1) D'Arras, Histoire de l'Eglise vol. IL page 9.

tout au plus, de satisfaire une vaine curiosité de l'esprit humain ; il recueille sur le parcours des siècles les hommages successifs des individus et des sociétés, des sujets et des rois. Partout où surgit une cité, où se forme une nation, des temples se construisent, le sang des victimes rougit la terre et la fumée des holocaustesa s'élève vers le ciel. Les coeurs, un moment absorbés par les biens passagers de cette vie, se

dégagent des affections terrestres, pour entonner à la louange du Créateur, des hymnes de reconnaissance et d'amour. Des processions se forment, des fêtes s’organisent, et, durant des jours, que dis-je, durant des semaines, des peuples entiers prennent part à de pieuses solennités ou donnent libre cours à leur joie exhubérante par de saintes réjouissances.

“On a remarqué, dit Rollin, que dans tous les siècles et dans toutes les contrées, les nations, quelque différentes et quelque opposées qu’elles aient été par leurs caractères, leurs inclinations, leurs mœurs se trouvent, toutes réunies dans un point-essentiel, qui est le sentiment intime d’un culte dû à un Etre Suprême,et des pratiques extérieures qui servent à manifester ce sentiment au dehors. Dans quelque pays qu’on se transporte, on y troûve des prêtres, des autels, des sacrifices, des fêtes, des cérémonies religieuses,des temples ou des lieux consacrés à la religion.”

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Comme on le voit, il y aurait une étrange akerration des esprits et des cœurs, si la froide indifférence religieuse devait seule régner sur cette terre. En d’autres termes, si notre siècle positif, plongé dans la matière, en rupture de ban avec Dieu, raisonne sainement, il faut admettre que l’humanité tout entière a dévié de sa route et que le monde n’est plus qu’une œuvre à reprendre,

Mais non, cet aveu des siècles passés, ce cri des générations qui ne sont plus, montant vers le trône du Très-Haut comme la suprême expression de l’adoration et de l’amour : tout cela ne saurait être basé sur l'erreur. Evidemment, l'humanité a raison et notre siècle se trompe.

Que dis-je, il a raison,car c’est faire beaucoup trop d'honneur aux incrédules que d’identifier notre époque avec une poignée de mauvais chrétiens, qui ont oublié dans l’enivrement du succès ou les basses délectations du vice, les pratiques religieuses de leur jeunesse,

D’ailleurs,ils ont beau protester de leur inerédulité, nos modernes impies ne nous empêcheront pas de leur courber l’échine devant le grand Dieu qu’ils outragent.

Oui, malgré leurs blasphèmes, leurs doutes, et leurs négations ; malgré leurs suprêmes dédains et leur haine farouche, ils ne peuvent se soustraire tout à fait à la loi de Dieu. uTs

actes démentent leurs paroles et, tout en proclamant la supériorité sur le droit de la force brntale et des appétits grossiers, ils portent er eux des consciences en révolte contre leurs doctrines subversives.

Ainsi, si j'interrogo la conduite du matérialiste ou de l’athée, je m'aperçois que, pour eux, comme pour le commun des mortels, il existe une distinction entre le bien et le mal ; je les vois réprouvant certains crimes flétris par le droit naturel et proclamant bien haut l'existence d'obligations qui ne relèvent que de la seule conscience.

Or, ce droit universel plus ou moins altéré, mais jamais anéanti, qui a su soumettre à ses prescriptions tous les peuples du monde, comme il ne relève d’aucun pouvoir humain, ne saurait venir que de Dieu.

Lui seul a pu l’inscrire en caractères inoffa- Gables dans nos cœurs comme une participation de la loi universelle et divine qui ordonne tonte chose à sa fin.

Par conséquent, en obéissant aux dictées de leurs consciences, tous les hommes, y compris les impies, ont rendu et rendent encore à Dieu l'hommage de leurs volontés libres.

Ainsi aussi longtemps que l’incrédulité n’aura Pas complètement dépouillé ce qui lui reste d’honnêteté, nous Pourrons jouir de son incon-

séquence,nous la représenter comme une preuve évidente des droits de Dieu sur l’homme et voir en elle, un témoignage irrécusable de l'autorité divine s’exerçant, en dépit de tous les obstacles, jusque sur les ruines morales de l’humanité,

Maintenant, je me résume et je conclus :

Nous avons découvert, par le raisonnement, que l’homme doit remplir certains devoirs envers Dieu, son créateur et maître.

Anxieux de savoir si la réalité des faits était d'accord avec notre raison, nous avons jeté un coup d’œil rétrospectif sur ceux qui nous ont précédés sur la terre, pour voir quelle fut leur conduite relativement à ces mêmes devoirs.

Or, d’après l’examen que nous avons fait,il résulte que tous les hommes ont observé, ou à peu brès, ce que la raison nous prescrit.

[1 n’y a donc pas à hésiter devant la conclusion qui s'impose. A moins de reculer devant l'évidence et de nier l'existence même de la vérité, nous devons admettre avec l'humanité qu’il

faut“ connaître, adorer, aimer” et “servir Dieu.”

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