Fortes pantoufles en corde tressée
de dire à chacun un mot qui fasse plaisir. Il marche et se réjouit. Une seule chose n'a pu lui réussir : il voulait cesser de priser du tabac ; il a même laissé chez lui sa tabatière ; mais cela l'ennuyait; chemin faisant, un homme lui en offre. Il lutte, il lutte, mais tout à coup il s'arrête, laisse passer son compagnon pour ne pas lui donner l'exemple du péché, et prise.
Efim Tarassitch marche d'un pas ferme, ne fait pas de mal, ne dit pas de paroles inutiles; mais il ne se sent pas le cœur dispos; les affaires de sa maison ne lui sortent pas de la lête. Il songe sans cesse à ce qui se passe chez lui : n'a-t-il pas oublié de dire quelque chose à son fils? Fera-t-il, son fils, ainsi qu'il lui a été ordonné?
Il voit sur sa route planter des pommes de terre, ou transporter du fumier, et il pense:
— Fait-il comme je lui ai dit, le fils?
Il retournerait bien pour lui montrer luimême.
Les vieillards marchèrent pendant cinq semaines. Les lapti dont ils s'étaient munis s'étaient usées; ils commençaient à en acheter d'autres. Ils arrivèrent chez les Khokhli '. Depuis leur départ, ils payaient pour le vivre et le couvert : une fois chez les Khokhli, ce fut à qui les inviterait le premier. On leur donnait à manger et à coucher, sans vouloir accepter de l'argent, on remplissait leurs sacs de pain ou de galettes. lis tirent ainsi sept cents verstes.
Après avoir traversé un autre gouvernemen l , ils arrivèrent dans un pays infertile. Là, on les