Petit bourgeois, boutiquier
HISTOIRE YH AIE 179
Makar Sémionovitch demanda :
— Et pour quels péchés?
— C'est que je le méritais, répondit simplement Aksénov.
Il ne voulut rien dire de plus. Mais les autres forçats, ses compagnons, racontèrent fcaux nouveaux pourquoi Aksénov se trouvait en Sibérie; comment, pendant le voyage, quelqu'un avait assassiné un marchand et placé dans les effets d'Aksénov un couteau taché de sang, et comment, à cause de cela, on l'avait injustement condamné.
En entendant cela, Makar Sémionovitch jeta un regard sur Aksénov, frappa ses genoux avec ses mains, et s écria :
— Oh ! quel prodige! Voilà un prodige ! Ah! tu as bien vieilli, "petit grand-père !
On lui demanda pourquoi il s'étonnait ainsi, où il avait vu Aksénov : mais Makar ne répondit pas ; il dit seulement :
— Un prodige, frères, que le sort nous ait réunis ici.
Sur ces mots, Aksénov jugea que cet homme devait être l'assassin, et il lui dit :
— As-tu déjà entendu parler de cette affaire, Sémionovitch, ou bien m'as-tu déjà vu ailleurs qu'ici?
— Comment donc? J'en ai entendu parler : la terre est pleine, d'oreilles *. Mais il y a déjà bien longtemps que cette affaire est arrivée, et, ce qu'on m'en a dit, je l'ai oublié, dit Makar Sémionovitch.
— Peut-être as- tu appris qui a tué le marchand ? interrogea Aksénov.
Makar se mit à rire et dit :
— Mais celui dans le sac duquel on a trouvé le couteau, c'est sans doute lui qui a tué. Si c'est quelqu'un qui a placé le couteau dans tes eftets... pas surpris, pas voleur. Et d'ailleurs,