‹ A la recherche du bonheur; traduit et précédé d'une préfaceChapitre 6 sur 31 · Mot à mot : où tiens-tu la rue · texte numérisé non relu

Mot à mot : où tiens-tu la rue

14 A LA KEGIIEHCHE DU MOMIKUK

mais je rentrerai chez moi demain. Alors tu viendras chez moi.

— Mais comment donc, mon parrain, te trouverai- je?

— Eh bien ! tu marcheras du côté où le soleil se lève, toujours tout droit; tu arriveras dans une forêt, tu trouveras, au milieu de la forêt, une clairière. Assieds-toi dans cette clairière, repose-toi, et regardecequi arrivera. Remarque bien ce que tu verras, et va plus loin. Marche toujours tout droit. Tu sortiras de la forêt, tu trouveras un jardin, et dans le jardin un palais, avec un toit en or. C'est ma maison. Approche-toi vers la grande porte ; j'irai moi-même à ta rencontre.

Cela dit, le parrain disparut aux yeux du tilleul.

Lli FILLEUL i:;

Le garçon marcha comme lui avait ordonne son parrain. Il marcha, marcha, et arriva dans la forêt. Le garçon trouva nue clairière et, au milieu de la clairière, un pin. Il s*assit, le petit garçon, et se mit à regarder. Il vit, attachée à une haute branche, une corde, et attaché à la corde, un gros morceau de bois de trois ponds1, et, sous ce morceau de bois? un baquet avec du miel. Le petit garçon n'avait pas encore eu le temps de se demander pourquoi le miel se trouvait là, ainsi que ce morceau de bois attaché, lorsqu'il entendit du bruit dans la forêt; et il vit arriver des ours. En avant, l'ourse; après elle, un guide d'un an,

\. C es l- à-dire, d'un poids de quarante-cinq kilos environ.

et, derrière, encore trois petits oursons. L'ourse flaira la brise, et alla vers le baquet; les petits oursons la suivirent. L'ourse introduisit sou museau dans le miel, appela les oursons qui aecoururent et se mirent à manger. Le morceau de bois s'écarta un peu, puis revint à sa première position. L'ourse s'en aperçut, et repoussa le bois avec sa patte. Le bois s'écarta encore davantage, revint et frappa les oursons qui 'dans le dos, qui sur la tète. Les oursons se mirent à crier, et s'éloignèrent. La mère poussa un grondement, saisit de ses deux pattes le morceau de bois au-dessus de sa lète, tt le repoussa avec force loin d'elle; bien haut s'envolait le morceau de bois; le guide revint vers le baquet, introduisit son museau dans le miel et mangea. Les autres commençaient aussi à se rapprocher; ils n'avaient pas encore eu le temps d'arriver que le morceau de bois retomba sur le guide,

l'atteignit à la tête, et le tua jusqu'à la

mort '.

L'ourse se mit à gronder plus fort qu'auparavant, et repoussa le bois de toutes ses forces. Il monta plus haut que la branche ; même la corde s'infléchit. Vers le baquet arriva l'ourse et les petits oursons avec elle. En haut volait, volait le petit bois ; puis il s'arrêta, et commença à revenir. Plus il descendait, plus vite il allait. Il arriva d'une telle vitesse, qu'en venant sur l'ourse, et la frappant à la tète, il lui fracassa le crâne. L'ourse tomba en tournoyant sur elle-même , étendit ses pattes, et mourut. Les petits oursons s'eninirent.

Page 1