‹ A la Sorbonne, à l'Ecole centrale, à l'Institut Pasteur, à la Faculté de médecineChapitre 2 sur 14 · SANS · texte numérisé non relu

SANS

C'est tout ce que je dis, et c'est aussi ce que je déplore. Maïs cet aveu, que je retiens (1), ne le devez-vous pas à la jeunesse, puisque vous prétendez la préparer à la « vie réelle » ? Sinon, la morale que vous enseignez n'est-elle pas une criminelle imposture? Et qu'est-ce donc que vous reprochez aux « curés »?

ZA

Je dis ceci, mes enfants, par une vieille tradition, dont je n'ose pas encore m'affranchir; répétez mes paroles à l’occasion, mais gardez-vous bien de ‘faire ce que je dis. Sinon, dans la société moderne, vous seriez des dupes et des victimes. Entre nous, la morale, c’est ce qu’on exige des autres...

Honnêtement, l'éducateur laïque ne devraitil pas tenir ce langage ? L'enfant, il est vrai, se © © 7 2

passe de cet avertissement. Ne lui suffit-il pas d'ouvrir les yeux pour être fixé? Il comprend vite que les « devoirs » dont on l’a entretenu à l’école ne sont que «des résidus de vieilles superstitions ». Dans la lutte pour la vie, l’homme intelligent ne s’embarrasse pas de ces préjugés ridicules. N'ayant que quelques heures à vivre, ilne perdra pas son temps à suivre d’autres conseils que ceux de son intérêt personnel. Si l'individualisme est la vérité, la règle ne peut être que l’égoïsme.

Devrons-nous donc conclure, que, pour

(1) Au point de vue politique, M. Edouard Herriot fait dans le Rappel un aveu du même genre : « Nous manquons de doctrine. Cette insuffisance d’idées générales est même, à mon sentiment, la cause principale de notre recrutement difficile parmi les nouveaux venus. La jeunesse aime qu’on lui tienne la tête haute. »

tes

achever l'œuvre de laïcisation, il faudrait avoir la franchise et le courage de supprimer délibérément tout enseignement de la morale ?

Ou s’il est vrai qu'il y aït une morale laïque, où est-elle? Quels sont ses principes? Son idéal? Sur quoi fonde-t-elle son « impératif »?

Ne serait-elle, en dernière analyse que la plus stérile, la plus dissolvante et la plus funeste de nos négations ? ;

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