‹ A la Sorbonne, à l'Ecole centrale, à l'Institut Pasteur, à la Faculté de médecineChapitre 4 sur 14 · ILE · texte numérisé non relu

ILE

PR RS RS RE DE De M ONE Re "Es Rs Es O7 ss A As As A A As

Pour Jes Médecins.

Pour les Malades.

Les étudiants en médecine chahutent le professeur Nicolas. Le professeur Nicolas ne sait pas trop pourquoi, les étudiants non plus.

Il s’agit probablement d’un rite, d’une tradition respectable qui a pris naissance il y a un certain nombre d'années, lorsque le professeur Nicolas est arrivé de Nancy. La brimade de ce bleu de province était indiquée ; Nicolas, c’est un nom prédestiné pour un chahut... « On va chahuter Nicolas! » la formule est euphonique et plaisante.

Et la Faculté est tombée ainsi dans un état tomateux, et le mal est devenu endémique, car les étudiants sont traditionalistes.

De même que, de mon temps, on n'aurait pas été manger une prune à l’eau-de-vie ailleurs que chez la mère Moreau, de même qu'on n'aurait pas été parler politique ailleurs qu’au café Vachette, de même que pour punir le doyen Lyon-Caen de sa tyrannie, on n’aurait pas démoli un autre bec de gaz que le troisième à droite, en descendant la rue Soufflot... de même les étudiants d’aujourd’hui, quand ils ne sont pas contents, ne sauraient

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exprimer leur mécontentement ailleurs qu'au cours Nicolas.

Nicolas a ainsi un monopole, ou plutôt, puisqu’il s’agit de médecine, une spécialité.

Au point de vue de Ja justice, les étudiants ont tort de chahuter Nicolas parce qu'ils ne sont pas contents...

Mais les étudiants ont tout de même raison de n'être pas contents.

De quoi ont-ils donc à se plaindre?

Parbleu, du mal dont nous nous plaignons tous en France ; du mal dont, à l'Œuyre, nous avons vainement indiqué la prophylaxie; du mal dont nous signalons toutes les semaines l’étiologie, les symptômes et le processus; du mal dont nous connaissons la thérapeutique et qui, au point où nous en sommes, nous semble justiciable d’une intervention chirurgicale.

La période d'incubation, où nous ressentions seulement un malaise général et imprécis, est maintenant passée; nous-avons la fièvre, mais ce n’est pas le moment'de nous coucher; si notre organisme ne réagit pas contre les microbes malfaisants qui l’ont envahi, le mal emportera le malade.

Or, le jeune corps médical, réagit énergiquement ; c'est d’ailleurs lui qui est le plus menacé en France, menacé dans son existence, dans son avenir, dans sa dignité.

C’est assez logique.

Toute la vermine cosmopolite qui déballe des bords de la Vistule ou de la mer Noire sur Îles: rives du Quartier Latin, ces oiseaux de passage qui sont en somme des oiseaux de proie, Sont attirés naturellement par l'odeur des cadavres de

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l’'amphithéâtre.… Ça, c’est le point de vue poétique, si j'ose dire.

Tous ces jeunes youpins de toute nation, de ES tout poil et de tout sexe (il y a là-dedans des jeunes 4 filles, si j'ose encore m'exprimer ainsi, mais elles É sont malaisément reconnaissables à l’œil nu) sont attirés par la profession médicale, qui permet de fl gagner de l’argent, beaucoup d’argent... Ça, c'est

le point de vue pratique.

Ces métèques-là n’iront pas apprendre les Pandectes à l'Ecole de Droit, ni perdre leur temps à la Sorbonne sur Kant et sur Leibnitz.

i Non, il leur faut un bon métier dans les mains; ils apprennent le métier de médecin.

J'emploie le mot intentionnellement ; les Métèques de la médecine ont fait, de la plus noble des professions libérales, un métier de mercanti.

# Etudiants, ils disputent avec äpreté, ils conquièrent, avec un succès dû à la ténacité de leur | race, les places que devraient occuper, nos jeunes ji Français dans les écoles et les hôpitaux. à Médecins, ils accaparent la clientèle, grâce à un sens inné de la réclame; grâce à cet aplomb merveilleux qui fait paraître le charlatan sûr de lui, alors que le savant, par une perplexité loyale, ébranle la confiance du client ; grâce à des procédés de déloyauté commerciale et de honteux l maquignonnage, à des commissions offertes aux fournisseurs et aux larbins, à des compromissions É) es louches avec les syndicats ouvriers au détriment | des Compagnies d'assurances. (Ça, c’est une autre histoire, nous y reviendrons.) ; Lisez un peu le Bottin de Paris, à l’article 3 « Médecins »; ce n’est pas folichon comme lecture, mais c'est instructif. “4

Eliminez les 19 Lévy, les 15 Bloch, les 22 Cahn, Cohn, Cohen, Kahn, Kahen, les innombrables Isaac, Dreyfus, Abraham, Weill, Jacob et produits analogues; enlevez les noms en ski, en skof, les noms étrangers ou visiblement maquillés.

Allez rendre visite à ceux qui restent, et vous reviendrez me dire combien, parmi ces derniers, sont de pauvres diables de médecins de quartier, ayant du mal à joindre les deux bouts, écrasés par la concurrence d’un illustre praticien russe, qui habite au bout de la rue et qui guérit toutes les maladies connues.

Si, au lieu de nous placer "au. point de vue du médecin, nous nôuS plaçons du peint de vue du malade, c'est-à-dire au nôtre, nous werrons avec inquiétude que-le/cérps medical. “du: fait de son nouveau recrutement et des éléments qui le composent, à subi depuis Te afnées une singulière évolution: CR

Et nous pensefons avec: inéfahcolie au vieux médecin d'autrefois, at fmédécein en redingote, blanc quant aux cheveux et à la cravate, qu'on voit évoluer dans les romans d'Octave Feuillet; au médecin qu'on rencontre peut-être encore en cabriolet au fond des campagnes,au médecin dont la sollicitude est paternelle et les soins désintéressés .'

Suivant uneinitiative qui ne vient certainement pas de médecins français, car la chose n’est guère dans nos mœurs, beaucoup de médecins parisiens se sont constitués en syndicats... pour défendre leurs intérêts contre leurs clients.

Je veux vous citer un fait tout à fait symptoma-

tique, témoignant de la nouvelle idée qu'ils se font

de leur métier.

Üne de ces associations s’est dernièrement préoccupée du renchérissement de la vie : elle a tout de suite trouvé un remède... homéopathique.

Ce remède consiste en l'application d’un « tarif syndical conçu d'après le système progressif et cédulaire ».

Le «tarif », c’est ce qu’on appelait en français « les honoraires ».

Le fnouveau tarif, par l'élévation du prix de la main-d'œuvre médicale, compense incontestablement l’augmentation du prix des denrées de pre-. mière nécessité... en ce qui concerne les médecins, bien entendu. Car, en ce qui concerne le client, on ne voit pas bien en quoi le fait de payer son docteur plus cher le consolera de payer plus cher son boucher... (A moins que ledit docteur ne l'ait mis à la diète absolue, ce qui est une solution économique).

Le médecin qui a établi cette série de prixcourants, et qui entend mettre son tarif en vigueur dans le VIIIe arrondissement, pour commencer, s’est visiblement inspiré des travaux de M. Caillaux avant sa conversion.

Les soins médicaux sont taxés, non pas d’après la valeur professionnelle du médecin qui les donne, mais d’après la situation sociale du contribuable qui les reçoit :

Les clients, en principe, sont divisés en deux classes :

La 1° classe comprend les patrons, petits rentiers, commerçants, personnes ayant des gens à gages. .

La 2e classe comprend les petits employés, ouvriers, domestiques, personnes peu aisées.

Maintenant, en dehors de ces deux classes nécessaires et suffisantes, il y a les gens riches, qui sont l’objet d’une note prémonitoireet menaçante :

« Nota. — Ce tarif ne comporte pas les gens riches,

pour lesquels les consultations, visites et interventions sont comptées d’une façon spéciale. »

A lire les extraits du tarif que nous donnons ci-dessous, on peut prévoir la façon dont les gens

; riches seront tout spécialement soignés.

re cl. 20 cl.

Visite simple (8 h. du matin à 8 h.

AUASOIT) en rereerMene se pnnerer 10 » SES Visite d'urgence (dimanches et jours TÉTIÉS) rene Meet se 2 Vaste dé NUIT, Tree 30 » 15 »

Consultation avec confrère, collègue. 2 Consultation avec autorité médicale

OH ISpÉCIANStE. a Me ere nee 30 » TD Abcès simple, superficiel........... 20 » 10 » Amputation de doigt, orteil........ 200 % I00 » Asphyxie, traction rythmée, respiration artincielle. Here 100 » 50 »

Certificat sur papier libre.......... 109 RO > —- sur timbre simple........ 20 » 10 »

— descriptifs srl 20 » 10 »

— d’aliénation, internement, interdiction ...... Fes 60 » 30 »

! — d'assurance sur la vie, ou © rente viagère, 1/2 pour 1.000 de la somme assurée.

Extraction de dents.............. DOS 10 »

Ligatures radiale, cubitale, faciale, < ChaCUNer er erece 200 9 I00 »

— humérale, tibiale, péronière, chacune........ 300 » 150»

— linguale, palmaire, plantaire, chacune........ 150 » 75 > Er axillaire,sous-clavière, carotide, chacune....... 500 » 250»

Nuit passée près du malade....... 200 %$ 100 »

Nourrice dans le cabinet (examen et

Enfin, il est prévu, respectivement, 200 et 100 francs pour une opération rituelle dont les médecins catholiques ne se chargent que très exceptionnellement, mais qu’un syndicat de médecins israëlites n'aurait garde d’oublier.

Une question se pose, non pas au sujet de cet alléchant prix-courant qui comprend 250 articles avantageux, mais au sujet de l'application du système cédulaire.

Comment les médecins feront-ils le diagnostic ?

En d’autres termes, comment reconnaîtront-ils que tel malade appartient à la 1'e classe {demibourgeoisie) ou à la 2° classe (prolétariat), ou encore à cette catégorie d’oulaws qu'on appelle les gens riches et qu'il convient, suivant la formule d'Argan, de purgare, seignare, repurgare, reseignare? k

S'en rapportera-t-on aux signes extérieurs de la richesse ? ou bien aux déclarations de l’assujetti?

Le médecin devra:t-il amener avec lui un commissaire-priseur, où simplement un Cousin exerçant la profession de marchand de reconnaissances P

Au lieu des questions habituelles :

— Dormez-vous ? Avez-vous de l’appétitr Souffrez-vous quand j'appuie là ?

Le médecin syndiqué prononcera les phrases suivantes :

— Quel est votre revenu ? La personne qui m'a ouvert la porte est-elle bien réellement votre femme, et ne serait-elle pas plutôt une bonne, une personne à gages? Oh! oh! Je n’y prenais

pas garde; tandis que, sans songer à mal, je vous

regarde, l’auscultation me révèle, à la hauteur du foie, un tic-tac suspect. Il ya là une montre en or,

symptôme indéniable de bourgeoisie chronique et incurable. Première classe : vous êtes taxé pour 20 francs.

Ou encore :

— Votre état s’est aggravé depuis ma dernière visite. Votre femme a, en effet, au doigt, une nouvelle bague que j'estime à 3.000 francs. Je vous place donc, d'office, dans la catégorie des gens riches : c’est 100 francs.

Ça va bien.

Nous allons, nous aussi, fonder un syndicat, le « Syndicat des malades », et nous classerons les médecins en deux catégories :

yo Les médecins qu’on appelle lorsqu'on veut être soigné ;

° Les médecins qu’il convient de laisser dans leur cabinet d’affaires, les professionnels qui ont pour but l’exploitation rationnelle du client, qui cherchent à obtenir de la maladie et de la mort le meilleur rendement possible.

A vrai dire, ces derniers ne sont pas des médecins; ce sont des financiers, pratiquant des sciences infiniment plus exactes que n’a jamais été la médecine.

Et ainsi, la situation est retournée depuis Moière. Car si nous avons toujours, hélas ! le Malade malgré lui, nous avons maintenant Le Médecin imaginaire.

(À suivre.) MOWGLI

PSS SSSR

Chaque Rédacteur n'est responsable que de ce qu’il écrit.

Prop

LES MÉTEQUES

a la Sorbonne ef à l'Institut Pasteur.

Notre enseignement supérieur scientifique est en pleine décadence. C'est un fait qu’il devient impossible de contester, et que l'on constate à tous les examens de licence ès-sciences.

La principale cause de cette décadence n'est-elle pas l'invasion de la Sorbonne par les métèques ? Certains cours sont suivis par des étudiants dont les deux tiers seulement sont d'origine française ; le reste est surtout composé de Juifs russes, plus ou moins repris de justice. Agréable société pour nos étudiants français! <

Comme culture scientifique générale, ces étrangers sont bien inférieurs à nos compatriotes; ce n'est pas en fréquentant les sociétés nihilistes qu'on apprend le calcul intégral ! La présence de cet élément inculte et farouche dans son auditoire conduit insensiblement le professeur à faire son cours de la façon la plus élémentaire. C'est au point que, souvent, on ne remarque plus aucune différence entre cet enseignement et celui des classes supérieures de l’enseignement secondaire.

Un professeur se met inconsciemment au niveau de ses auditeurs. Un savant exposant la même question scientifique devant des gens du monde ou devant ses collègues de l’Institut, fait dans les deux cas une conférence bien différente.

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Mais ce ne sont pas seulement les amphithéätres que les métèques envahissent; ce sont aussi les laboratoires ; et c’est ici que l'invasion devient scandaleuse et intolérable.

Nos laboratoires de recherches ont subi depuis quelques années une transicrmation complète. Il y a quelque cinquante ans, un <« prince de la science » groupait autour de lui un très petit nombre de jeunes savants, Le respect des élèves pour le maître, la bienveillance de celui-ci pour ceux-là, un dévouement réciproque, tels étaient les sentiments qui régnaient dans ün laboratoire de la Sorbonne. Aujourd’hui, quel changement! Les professeurs admettent n'importe qui dans leurs laboratoires ; aucun renseignement sur la vie privée, aucun titre ou grade scientifique ne sont nécessaires ! Des laboratoires installés visiblement pour cinq ou six travailleurs sont encombrés par une cohue d'individus, pour la plupart étrangers. Le nombre de femmes augmente constamment; les plus recommandables viennent là chercher un mari. Quant aux autres...

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Les savants qui désirent travailler sérieusement se heurtent à des difficultés de tout genre. Ni les crédits, ni le matériel, ni les garçons de laboratoire ne peuvent suffire.

Aussi les métèques ont-ils introduit à la Sorbonne des mœurs étranges. #7

Il est impossible de laisser traîner sur une table ‘un instrument, un livre de valeur, un produit chimique précieux, sans qu’ils disparaissent presque immédiatement, Il faut tout mettre sous clef. Nul n'ignore à la Sorbonne qu'il faut constamment renouveler la provision de mercure des laboratoires. Quant aux garçons, fonctionnaires syndi-

qués, ils profitent tout naturellement de lasituation. Comme leur besogne serait absolument écrasante si elle était accomplie, ils ont d’excellentes excuses pour ne rien faire du tout. Réunis en petit comité, ils lisent la Guerre Sociale'en grillant des cigarettes. Cependant, les dettes s'accumulent. Tous les laboratoires de la Sorbonne en sont criblés.

Une autre conséquence bien plus fâcheuse de l’intrusion des métèques, c’est que le professeur se désintéresse complètement de ses disciples. Chose incroyable, il a, dans son propre laboratoire, certains élèves dont il a oublié complètement les noms et les sujets de recherches !

Il'fait son cours comme une corvée qui lui rapporte 12.000 francs par an ; son service ne lui impose que deux leçons par semaine pendant 8 mois à peine; mais il trouve encore le moyen de gagner quelques minutes, car il arrive en retard et parten avance. Toutesles cinq minutes, il regarde sa montre d’un air excédé.

CA

Les gens naïfs pourraient se demander comment certains professeurs, qui ne mettent jamais le pied dans leur laboratoire, inondent les Comptes- Rendus de l’Académie de leurs notes et les périodiques de leurs mémoires. [1 y a plusieurs méthodes :

C’est, d’abord, le procédé de la collaboration.

Le professeur arriviste a toujours sous la main quelques nègres. Ces nègres ne sont pas des hommes de couleur, bien que l’année dernière, au laboratoire de Chimie physique, on pouvait voir un Africain au masque d’ébène dont le profil prognathe faisait ressortir la pâle figure d’apôtre chevelu et les yeux extatiques du maître. Non, ce n'est pas cela du tout. Un nègre est un pauvre

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