‹ A la veillée [microforme]Chapitre 23 sur 28 · UN PROCÈS DE SORCELLERIE A MONTRÉAL · texte numérisé non relu

UN PROCÈS DE SORCELLERIE A MONTRÉAL

Portés au culte de la légende, à l'amour du mystérieux, par la vie solitaire de la forêt, nos pères se voyaient malheu- . reusement les dupes de plus d’un :har- ( latan rusé,

L'impiété se faisait trappeur, coureur des bois, et hier encore je la voyais pimpante, coquette, la moustache en croc, le huut de chausses savamment plissé,

l'amour re de la malheuin ‘har-

coureur voyais, en croc, plissé,

la dague insolemment relevée sous la pression d'une main gantée, le chapeau à plumet sur le coin dela tête, l'air frondeur, le sarcasme sur les lèvres, surgir d’un curieux procès conservé par un chercheur Consciencieux, M. l'abbé Gasgnier.

Le savant prêtre avait extrait ce procès des archives de Montréal pour l'insérer dans le manuscrit qu'il a laissé sous le titre de “/a récolte de l'Ermite,” intitulé ainsi d’après la mode littéraire de 1840, temps où le Solitaire d’Arlincourt et l'Zrmile de la Chaussée d’Antin faisaient tapage dans le monde des lettres,

En 1742, Montréal n'était pas la cité des palais, la rivale grandissante de New- York.

Elle avait, la figure un pen longue.

Ses murailles étaient pen élevées et peu épaisses, n'étant qu'un simple revêtement défendu par quelques bastions; sa forti-

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fication irrégulière suivait les sinuosités du terrain, À l’une des extrémités, était une éminence de terre rapportée supportant une bâtisse trèsmal en ordre, et la ville ellemême n'avait, à proprement parler, que deux grandes rues longues et étroites,

Cependant c'était une ville où déjà l’on commençait à bien vivre: la bonne chère, la munificence, y tenaient leurs quartiers, et l’ancienne bourgade d’Hochelaga s'acheminait lentement vers ce qu’elle est devenue aujourd’hui, la rési.

dence fastueuse des nababs du commerce et de la banque,

La garnison modeste requise pour la défense de ses palissades ct de ses maigres murailles coulait tranquillement ses jours, grâce au calme qui régnait depuis quelque temps sur la colonie,

IL passait bien de mois en mois certains frissons belliqueux ; mais on était loin de Versailles; les ,Iroquois chassaient paisiblement sous les hautes futaies qui protégeaient leurs cantons, et l’on ne

sinuosités iités, était e supporlre, et la oprement ongues et

où déjà la bonne ent leurs de d’Ho- ; vers ce , la résiommerce

pour la maigres ses jours, uis quel-

certains tait loin assaient aies qui l'on ne

“occupait guère qu'à recueillir avidement la moindre nouvelle Concernant le Yoyage aventureux entrepris par de la Vérenderye aux Montagnes Rocheuses.

Parmi les Corps cCantonnés alors à Montréal se trouvait la compagnie de Lafrenière, qui Comptfait au milieu de ses soldats un enfant perdu de Paris, un peu l'ancêtre du zouave et du zéphir d'aujourd'hui, égayant de temps à autre les ennuis de la caserne par quelques bons tours machinés contre les pékins du temps, posant en loustic partout et quand même, et ne craignant pas plus Dieu que le scalpel de l’Indien.

Il ne connaissait guère en ce monde d'autre mission que celle du gros préfet gascon Romieu qui l'expliquait un jour si joyeusement à son confrère en espiègleries, Henri Monnier.

—Voistu, ron cher, disait il, chaque homme ici-bas accomplit sa destinée. La nôtre consiste à fournir des documents à Ceux qui plus tard rédigeront Je maurtyrologe du bourgeois,

Il n’épargnait pas plus ses camarades du régiment; et Je sergent de garde chaque soir prononçait en fronçant le Sourcil le nom aristocratique — mais toujours marqué absent sur le rôle d'appel — de Charles-François Flavart de Beaufort de l’Ad vocat.

Flavart ne s'occupait guère du légitime Courroux de son digne sous-officier : il

faisait sa punition sans sSourciller ; puis,

’ le lendemain soir, il était repris à frire Cascader intrépidement par ‘les deux uniques rues de la ville ses rares écus

et les charmes de ses vingt six ans.

Un jour néanmoins, il lui fallut rongaîner ses airs d'indépendance, sa fierté sauvage, Flavart était sommé de com.

paraître devant le Procureur du roi,

M. Foucher.

Une dernière esclandre avait jeté le fringant soldat entre les mains de ce haut justicier, qui produisait contre lui une charge entraînant l'application de la

imarades le garde nçant le nais toul'appel — Beaufort

légitime icier : il r; puis, à frire s deux es écus 1S.

ut rena fierté le comdu roi,

jeté le de ce tre Jui n de Ja

toriure, * Ja triple de magie et de Sacrilége,

XLR |

C'est le 30 juin 1742 que Flavart COMparut devant Je tribun et comme ce qui se rattache à l’ancienne jurisprudence criminelle de la colonie peut être bon à conserver, je laisserai parler les témoignages tels qu'ils figurent au dossier du Procès, en réponse aux interrogations de Messire Jacques Joseph Gruiton de Monrepos, Conseiller du roi et Son lieutenant civil et criminel.

al suprême,

Ils soulèvent un coin du Couvre [a vie intime, Superstitions et temps,

voile qui les habitudes, les quelques locutions du

* Eutre anires cng de torture, Garnenn remarque ceux d'Antoine ILullé et du nommé Goulet, aceusés de vol, en 1730, et celui de Pierre Beaudoin dit Cumberland, soldat

Licorne, 4CCURÉ d'avoir mis le feu aux Trois-Rivières, en 175%, Ce dernier fut déshabillé et dans deg broiequins, #üpplice qui consi les jambes, Lo uombre chacune d'elles Ju Pressi

mis Stnit à comprimer de questions à faire étuit fixé, et à Où atiymentuit,

accusation de sortilége,

Terme

— CHARLES-FRANÇOIS FLAVART DE BEAUFORT DE L’ADVOCAT, accusé, Je n'ai rien exigé pour mes prétendues magies. Charles Robidon m'a donné six livres sur les vingt qu’il m'avait offertes pour trouver l’auteur du vol d’une somme de cinquante écus ou trois cents francs.

Je n'ai point profané le crucifix, ni les saintes écritures; ce n'était pas là mon intention. Si je me suis servi de ces choses sacrées, ce n'était que pour inti.

mider les assistants et découvrir ainsi le voleur.

— Madame veuve DE CELLES (Marg.

Perreau), témoin. Jeudi soir, vers huit heures, je vis plusieurs personnes chez Charles Robidou; j'y étais allée à la demande de ma fille, En entrant, j'aperçus sur une table deux.chandelles, un crucifix de bois, un miroir au milieu et un petit livre dans lequel Flavart lisait.

Je le vis mettre quelque chose dans un papier, le faire brûler, en parsemer les cendres sur le dossier du miroir avec

VART DE usé, Je dues ma-

onné six t offertes e somme s francs.

x, ni les là mon de ces Dur intiainsi le

(Marg.

rs huit es chez e à la , j'aperles, un lieu et t lisait.

ans un ner les r avec

autres poudres et ingrédients, puis faire trois barres avec du charbon.

— Madame RoBrpou, femme de Pierre

Coquillard, de Longueuil. Jeudi au Soir, .

étant allée chez mon frère Charles Robidou, je vis le nommé l’'Advocat assis, un livre à Ja main, auprès d’une table où il Y avait deux chandelles et un miroir au milieu. Il demanda un crucifix : on lui en apporta un en bois noir ou cerisier de France. L'ayant entre ses mains, il distilla une certaine liqueur sur le derrière de la croix, puis il fit brûler trois petits Morceaux de papier.

— François BaArrrgau dit LA MARCKE, cordonnier, J'étais présent en compagnie du témoin ci-dessus. En voyant mettre des poudres sur le crucilix, je me retirai. L’Advocat mo joignit alors en m'invitant à mettre mon doigt dans l'huile qu'il avait dans le creux de sa main : je refusai,

— Etienne LEaros dit JASMIN, soldat, J'étais chez Robidou : je vis un petit flacon et des cartes qui, disait-on, avaient

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servi à la sorcellerie. L'Advocat versa de la liqueur sur le bout de son doigt pour le faire toucher à ceux qui étaient présents ; puis il mit de cette même liqueur sur les trois extrémités du dossier de la croix. Il l’essuya ensuite avec un morceau de papier qu'il fit brûler, alluma les deux chandelles qu’il avait éteintes, prit le crucifix pour en former trois barres sur la cheminée, mais n’ayant pas réussi, il se servit de charbon.

— Mademoiselle DE CELLES confirme les déclarations précédentes: L'Advocat demanda un crucifix, qu'un nommé Lanoue, cordonnier, fut chercher chez lui. Après quelques difficultés, il le livra au soldat qui le mit, la face renversée, sur le dossier du miroir, et recommença sa lecture, faisant sur le dossier de Ja croix les mêmes cérémonies que sur le dossier du miroir, Après cela, il fit couvrir les feux, éteignit les chandelles lune après l’autre et les papiers qu'il faisait brûler. Après chaque verset qu'il lisait, il faisait découvrir peu à peu les

at versa on doigt | étaient » même 1 dossier avec un ,alluma éteintes, s barres s réussi,

onfirme \dvocat nommé er chez le livra versée, imença r de Ja sur Île

il fit ndelles s qu'il et qu'il peu les

feux, y jetant, les uns après les autres, de petits paquets qu’il avait devant Jui.

Lorsque les chandelles furent éteintes, je vis l’'Advocat soulever Par temps le miroir, tenant le haut du crucilix entre ses mains.

Sa tête était baissée, et il Marmottait des Prières en latin que je ne comprenais point. Les chandelles étant rallumées, je le vis ôter le crucilix de dessous le miroir, le prendre à la main et essayer avec le bois de la croix des barres sur Ja plate-bande de Ja cheminée, J'étais plus prés de l’Advocat qu'aucune autre personne. Îl invita ensuit personnes Présentes à toucher : des trois barres, ajoutant qu'il devi Tait, sans voir, Ja.

quelle on aurait tou. hée, Je le vis de suite prendre le crucifix et le porter près du feu, mais je ne puis affirmer sil l’a

brûlé ou passé seulement à Ja flamme.

— CHARLES Roprpov, âgé de vingt ans, Cordonnier, demeurant en Sa maison, sise faubouræ St, Joseph de cette ville, Jeudi Matin, m'étant aperçu qu'on m'avait volé trois cents livres dans une

cassette déposée sur mon buffet, je racontai mon malheur à quelques personnes.

Un soldat, le nommé l’Advocat, me dit que si je voulais lui donner vingt livres, il me ferait retrouver mon argent, L'espérance de le trouver me fit accepter cette offre, mais l’Advocat ne voulut rien entreprendre avantque je lui eusse donné six francs, ce que je üs, après les avoir empruntés.

— CHARLES LANoUR. ‘La femme de Robidou avait peur : l'Advocat demanda alors un crucifix qu'on envoya chercher chez moi. Je ne sais qui alla le quérir, ni qui le donna à madame Robidou.

Deuxième interrogatoire: 8 juillet.

FLAVART DE l'AbvocaT.—Je n'ai jamais demandé vingt livres à Robidou, qui m'a donné six francs pour faire monter ma garde et acheter des ingrédients, Le crucifix appartenait à un nommé Lanoue qui fut le chercher lui-même, me l'ap-

porta et me dit, en me le mettant dans la main ;

t, je rarsonnes.

me dit t livres, . L'esccepter lut rien > donné s avoir

nme de emanda hercher

quérir, Ju,

juillet.

jamais qui m'a ter ma 8. Le

sanoue

1e l'ap-

lans la

suis pas allé quérir

— N'aille pas ensorceler mon crucifix.

Je lui répondis:

— Î n'y à pas de d Pas sorcier, Les drogues dont je me suis servi étaient de l’arcanson pilé, de la poudre à tirer et de l'huile d'aspic. Quant à ce qui louche les trois bar tendais avec Lanoue, main en haut, ou sur laisser pendre, ou bien dans les poches de son habit, selon qu'il toucherait à l’une des barres, L'arcanson

a été pris chez Lanoue, l'huile était celle dont je me servais pour moi fusil, et la Poudre appartenait à mon fourniment, :

anger ; je ne suis

res, je m'’en- Il devait porter sa l'estomac, ou la encore la mettre

— CHaRLis Lanoug, J'ai vingt-cinq ans, je suis cordonnier de mon métier, Je connais l'Advocat depuis un an, et je le garde pour loger, coucher ou m

anger quand il veut, J'ai prêté six francs'à Robidou pour Payer le soldat, Je ne

chez nous le crucifix, Tout le complot quil y avait entre moi et l'Advocat était de l'aider à Jui faire

connaître quelle marque on avait touchée, suivant comme je poserais ma main.

M. GuiTon de MoNRrEPos. — Où se trouve maintenant le cruciltix ?

CHARLES LANOUE, Je l'ai remis à Messire Dauit, curé de Montréal, qui est venu le chercher chez moi.

Le lieutenant-gouverneur donne ordre d'aller chercher le crucilix qui est rap.

porté au grefle. Il l'enveloppe d'une bande de papier, cachetée du sceau de ses armes et signée ‘“ Jacques-Joseph Guitun de Monrepes, ”

— CHARLES RoBrpou.— L'Advocat tenait un couteau à la main, sur la lame duquel il mit trois morceaux de papier de chaque côté du taillant, Il souffla dessus, puis je le vis mâcher du papier, lé mouiller avec de l’eau, le presser dans sa main sous le manche du couteau, en faisant découler l’eau. Ces tours ont duré environ une heure

ouchée, in.

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* deuxième interrogatoire aucun doute dans l’ sur la culpabilité de Flavart

quaient de plus dans cette afl donnier La

le premier et le Qui ne laissaient esprit du conseiller Is impliaire le cornone el Charles Robidou.

Désireux méler la quote-part qui appartenait à chacun d'eux, M. de Mon- Tépos rappelait devant lui l'accusé Je

11 juillet, et Jui faisait subir un troisième interrogatoire,

Mais il avait affaire à rude tête,

Flavart persista à dire que le crucifix aPparlenait à Lanoue, qui avait été Je chercher lui-même et le lui avait remis entre les imains. Sur cette déclaration solennellement jurée, Un mandat de prise de corps était lancé le lendemain contre les deux nouveaux inculpés,

Charles Robidou, dans les loups.garou avait excellent flair.

maloré ga confiance s et les Conjurations,

Voyant la mauvaise tournure que prenait le procès, il s'était esquivé la veille, laissant derrière lui sa femme, qui fut assiguée, comparut bravement et, dans ses réponses conformes à celles qui précédent, ejouta “ qu'après les cérémonies faites, ce fut elle qui porta le crucifix chez Lanoue.”

Sa franchise n'empêcha pas la justice d'aller faire une descente chez elle ; heureusement, dans son émigration chez les Bostonnais, le prudent mari s'était fait suivre de ses meubles.

Cela contribua de plus en plus à mettre Robidou sur le cœur de M. de Monrepos, et le 7 août de la même année, l'huissier de Coste “ faisant battre la caisse, à défaut de trompette, assignait toujours le sacrilége à comparaitre sur la place publique.”

—Nonobstant cela, dit naïvement la chronique, il ne reparut plus.

Moins heureux que son camarade, Lanoue, amené en présence d'un des

ue preveille, ui fut

dans li prénonies rucifix

justice

elle ; \ chez s'était

nettre repos, 1issier à déirs le place

nt la

rade, | des

témoins — mademoiselle de Celles — ré.

pète que c’est la femme de Robidou qui fut chercher Je cruci

» que, pour Sa part de l'affaire, il n’a fait que le reprendre à la fin Pour le porter à sa maison.

Flavart, enchanté Un gai camarade de en plus que Lanoue fut non-seulement le Porteur, mais encore qu’il s'en alla le chercher, et cela volontairement et trèsjoyeusement : puis, les deux coquins, confrontés l’un avec l’autre, se confondent en serments, en Conjurations, et en appellent à tous les éléments pour se mieux dementir, et mystifier le Conseiller du roi.

de pouvoir se donner galère, jure de plus

La discussion entre Flavart et Lanoue n'avait pas de raison pour finir, lorsque, le 27 août, le Procureur du roi trancha dans le vif Par son rapport.

Il concluait à la preuve des trois chefs d'accusation —sortilége, magie et sacrilége—pour réparation de quoi il demandait que Charles-François Flavart de l'Advocat fût condamné à faire amende honorabie, en chemise, la corde au cou, tenant entre ses mains une torche de cire ardente du poids de deux livres, devant la grande porte et la principale entrée de l’église! paroissiale de cette ville, au premier jour de marché, et là, étant nutête et à genoux, dire et déclarer à haute et intelligible voix, que, méchamment et mal avisé, il a profané les paroles de Notre Seigneur Jésus-Christ crucifié, ce, pour faire le divin......et en outre, qu’il fût condamné à être battu et fustigé de verges, par les carrefours et lieux accou:tumés de cette ville, et qu'il fût banni de l'étendue de cette juridiction pendant trois ans, et tenu à garder son ban.

Ces conclusions étaient ratifiées le 80

août par le jugement de la cour de Montréal, qui ajontait de plus :

— Flavart de Beaufort sera conduit par

chefs sacrimant de ende con, » cire >vant ntrée >, au nuaute nt et de , ce, qu'il é de couai de dant

lexécuteur de haute justice, au par devant et derrière :

ayant écrit

Profanateur des choses saintes !

Ce fait, l'avons forçat dans les g cinq années,

Condamné à servir de alères du roi, l’espace de

(Signé) GUITON DE Moxrepos,

Flavart avait de l'énergie, et, tant fort pen de cette au conseil supérie

s'inquiée sentence, en appela ur de Québec.

Ce dernier Confirma de qu'avait fait le tribunal tranchant toutefois années d

nouveau ce de Montréal, re.

deux ans aux cinq e galères infligées, De plus, son inséparable L duit par les archers de la m devait assister Flav de l'amende

anoue, conaréchaussée, art de Beaufort, lors

honorable, Puis être blâmé

t payer trois Robidou, que oir, serait adudience, et là, ônes ; quant à

en la manière accoutumée e livres d'amende au roi,

l'on tenait toujours à rev monesté en la chambre d'a laisserait trois livres d'aum

Anne Lanoue, sa femme, grâce à ses dixsept ans, elle était renvoyée hors de cause.

À quelque temps de là, un certificat signé en date du vendredi, le 5 octobre 1742, par M. Fr. Daine, conseiller, et M.

Porlier, greffier, constatait l'exécution de la sentence.

Le clergé catholique s'émut de ce sacrilége. Par son mandement du 10 septembre 1742, monseigneur de Pontbriand ordonnait une amende honorable et une procession de l’église paroissiale à Bonsecours. Deux ans plus tard, le 1er mars 1774, cet évêque instituait la fête du crucilix outragé : elle devait être célébrée le premier vendredi de mars de chaque année, et, en 1804, ‘monseigneur Plessis la remettait au premier octobre, attachant à ce jour une indulgence plénière accor« dée par un bref du pape en date du 28 mars 1802,

s dixause.

tificat tobre et M.

on de

€ Sa- ) sepriand | une onse- 1774, e le aq ue essis hant CCOT'« u 28

Le crucifix du cordonnier Lanoue est en- Core dans le sanctuaire des Hospitalières de Québec, et au libre-penseur y allant en Curieux comme à l'humble croyant venant y adorer son Christ, les religieuses de l'Hôtel-Dieu raConteront, sans se faire

prier, l’histoire du crucilix ouiragé.

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