‹ A la veillée [microforme]Chapitre 25 sur 28 · livre · texte numérisé non relu

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Cœur quelques-unes des poésies du roi

malheureux, Nazahualcoyolt, dont les Poëmes se ressentent un peu de cette grandeur sauvage qui règne dans les chants d'Ossian ou sur les THellas scandinaves, tempérées, jusqu’à un certain point, par la verve épicurienne d'Horace.

Puisque le mot Poésie est glisser si : PTOpos sous ma plume, qu'on

"ne permette de citer ici deux fragments d. œuvres du royal poëte,

veau se

La :hilosophie légère et pétillante de l’un, et la orave mélancolie du second, Contribuer :t pent-être à nous faire ou-

blier toute cette odeur de chairs rôties et de sang torréfié :

— “ Bannis les soucis, s’écrie le barde Mexicain ; si le Plaisir a des bornes, la plus triste vie aura aussi une fin. Tresse donc ta guirlande de fleurs et chante les louanges du Dieu tout-puissant : la gloire de ce monde se fane vite. Réjouis-toi dans la verte fraîcheur de ton printemps :

le souvenir de ces jours t'arrachera d'inn-

tiles soupirs. Lorsque le sceptre passera dans d’autres mains, on verra tes serviteurs errer, désolés, dans Les cours de ton palais. Toute la pompe de tes victoires et de tes triomphes ne vivra plus que dans leurs souvenirs... Le bien que tu as fait sera toujours un titre d'honneur.

Les grandeurs de cette vie, ses gloires et ses richesses ne te sont que prêtées; sa substance est une ombre illusoire, et les choses d'aujourd'hui changeront demain.

Cueille donc les plus belles fleurs de ton jardin pour en couronner ton front, et saisis les joies du présent avant qu’elles ne périssent.”

Le second fragment roule sur les vanités des choses de ce monde. On y reconnait la touche grave, réveuse et mélancolique qui caractérise presque toutes les poésies et les ballades des peuplades du Nord :

— “ Toutes les choses de ce monde ont un terme rapide, An milieu de leurs splendeurs, la vie les abandonne ; elles tombent en poussière. Ce vaste univers

passera s servis de ton ictoires

us que ien que Jnneur. oires et ées; sa , et les lemain.

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> vani- On y ise et resque s peu-

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n'est qu’un sépulcre où tout ce qui s’agite à la surface sera bientôt enseveli. Les rivières, les torrents, les ruisseaux se Précipitent vers leur destinée commune.

Aucun ne remonte à Sa source fortunée ; tous courent se perdre dans le sein profond de l'Océan. Ce qui était hier :

n'est plus aujourd’hui, Ce qui est aujourd’hui ne sera plus demain. Les cimetières sont pleins de la vile poussière de corps autrefois animés ‘par des âmes vivantes, qui occupaient des trônes, présidaient des conseils, dirigeaient des armées, subjuguaient des provinces, se faisaient adorer comme des dieux enflés par les chimères du luxe, de la Puissance, de l'empire.

“Si je vous demandais où sont les os du puissant Achalchicihtlanextzin, premier chef des anciens Toltèques, et ceux de Necaxetmit}, le pieux adorateur des dieux ; si je vous demandais où est la beauté incomparable de Ja glorieuse impératrice Xiuhtzal .…. Toutes «es gloires se sont éteintes comme la terrible flamme du cratère du Popocatepetl, sans laisser

d’antres traces de leur existence qu'une page dans les chroniques ; comme les bouquets de fleurs qui passent de mains en mains, qui se fanent et qui finissent par disparaitre du monde,

“ Les grands, les sages, les vaillants, les beaux, hélas, où sontils? Ils sont mêlés à la terre. Le même sort nons attend, et ceux qui viendront après nous.”

Ne dirait-on pas une lamentation tombée des lèvres de Jérémie pleurant et priant sur la cendre, au lieu d’un chant composé peut-être au sortir d’une de ces sinistres orgies qui laissent bien loin derrière elles tout ce que le sensualisme et le cynisme romains ont pu inventer.

Pourtant, il ne faut pas trop se hâter de venir poser un stigmate sur le front de cette civilisation, d’après les simples données que la science moderne a su dé.

couvrir jusqu'à présent,

Son dernier mot n'a pas été dit.

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hâter front nples 1 dé.

Les travaux de Ja commission scientifique du Mexique, fondée par Napoléon

III sur les mêmes bases que le fameux Institut d'Egypte, n'ont Pas été tous publiés, et je serais étonné de voir se confirmer le jugement défavorable de l'histoire — malheureusement trop vrai jusqu'à présent—contre une nation qui aimait les sciences, les arts, la peinture, la musique, les fleurs et la poésie,

Qui sait ? peut-être ces tra ‘aux ajouteront-ils une nouvelle page à l’histoire du Canada ; car on prélend avoir trouvé

au fond du Yucatan, une tribu entière d’Algonquins.

Kvelle mystérieuse bourrasque d’auomne aurait pu arracher et emporter sur ses ailes, si loin des bords du Saint-Laurent, cette feuille morte de nos forêts ?

Do tout temps, le costume national du Mexique 4 servi de thème à l’imasinatio

descriptive de ceux qui se sont occupés de ce pays.

Romans, nouvelles, récits de voyage, lettres particulières, il a trouvé moyen de s'installer partout, et J'avais presque l'intention d'être original en lui fermant Ma porte au nez, si un mien ami, qui a la fantaisie d’avoir toujours des habits bien confectionnés, doublés de bonnes et grasses notes de tailleur, ne m’eût assuré que ce serait là une Jacune irréparable dans ces croquis esquissés à heures per.

dues,

Pour satisfaire à cette fantaisie, je débute donc par Ja culotte, ordinairement en Cuir, ouverte sur los côtés, au moyen d'aiguillettes en or on en argent, —quelquefois de véritables doublons espagnols EL Parsemée ainei d’un système do ventilation on ne peut plus ingénieux,

Au-dessus du pantalon, vient tout naturellernent le gilet, veste courte, brodée en fils métalliques précieux et bou ffant légèrement sur la poitrine, de manière à

ccupés

oyage, moyen resque rmant ai a la s bien es et issuré rable s per-

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t naodée ffant ère à

laisser entrevoir une fine chemise de batiste.

Une large ceinture en soie sert de trait d'union entre ce dernier vêtement et les inexpressibles,

Le tout à pour sommet un sombrero, immense Chapeau en laine brune ou blanche de vigogne, orné d’une toquille et d'arabesques ou de fleurs or et argent ; Pour base, des bo/as VaCqueras, produits de cordounerie, Chamarrés de dessins décalqués par des lormes en bois,

Voilà le costume du Mexicain à pied.

A cheval, il faut lui passer de longues guêtres en poils d'ours ou de jaguar, destinées à protéger ses Calzonillas contre la pluie et la poussière. D'épouvantables éperons damasquinés sortent, en faisant un tapage d'enfer, de dessous ces fourrures; et sur le côté gauche de la selle bat son fidèle machele, longue épéc très.

étroite, au fourreau de cuir, et portant le plus souvent, incrustée sur la lame, la

fière devise Tolédane, devenue une amère dérision au Mexique :

Non me saques sin raZOn, Nou me embaines sin honor!

Ne me tire pas sans raison, Ne me reuguine Pas sans honneur!

De l'habit à l’homme, il y à une transition naturelle, et j'en profite,

On à béaucoup écrit et causé sur Île type créole; les uns le donnent comme un modèle de beauté parfaite, les autres le citent comme le Suüprème du goût et de l'élégance. Tous ces romanciers et ces feuilletonnistes ont été plus heureux que moi; car pendant les quatorze mois que J'ai eus à ma disposition pour l’étudier, je ne Jui ai rien découvert de toutes ces bonnes qualités.

: Les hommes ont tous un peu des fourberies de Scapin, mélangées d'orgueil espagnol et de cupidité indienne ; le tout enjolivé d’une pointe de stylet italien,

Comme ces bourbiers marécageux qui enfouissent sons le noir poli de leur

amère

{ran-

sur le omme autres et de ot ces X que s que ler, je s ces

fouril estout

vase infecte des gouffres sans fond, le Mexicain, sous sa démarche endormie et nonchalante, cache des Passions et des vices terribles, qui se développent chez lui avec la rapidité de la végétation de la zône sous laquelle il vit.

Quand il ne passe pas son temp

s à faire des révolutions — pronunci

amentos—et à essayer d'obtenir une position élevée, à force de bousculer les autres et de se hisser sur les cadavres qu'il couche devant lui, il tâche de devenir riche par tous les moyens possibles

8, afin de satisfaire son terrible penchant pour le jeu.

Il faut alors le voir jete sur une seule

r tout son avoir Carte à la roulette ou au monté, et doubler ou perdre, ave

c une indifférence suprême, ]

a fortune qu'il a mis tant d'années à s’'amassor.

Pendant les fêtes de

Tlalpam, petite ville située à cinq lieue

s de Mexico, j'ai vu un fermier—ranchero — perdre au monté,

Sur une seule carte, la jolie somme de

$15,000. Cela ne l'empêcha pas de

continuer à rouler entre ses doigts la fine

cigarette de maïs qu'il était en train de se faire, lorsque le croupier lui annonça cette excentricité de la roue de fortune.

Tous les officiers français qui sont passés par Mexico ont dù rencontrer dans la rue fashionable de la ville—la calle de los Plateros—à l'heure où l’on va au café prendre l’absinthe du soir et faire sa partie de piquet, un petit vieillard tout courbé, marchant avec peine sur son bâton d’épine. Tous ont dû jeter une aumône dans cette main suppliante qui se tendait silencicusement vers eux, mais aucun n'a sans doute songé à se faire raconter le roman incroyable de ce mendiant, jadis un des millionnaires de la cité impériale, et qui, après avoir perdu ses trésors dans une seule nuit, joua son fringant équipage piaffant à la porte, les livrées de son cocher et de ses deux chasseurs, et—la fortune continuant à lui être défavorable—sa montre, son anneau d'or, puis sa garde-robe !

Des faits terribles comme celui que je cite font bien vite juger du moral d’un

ain de inonça ‘une,

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peuple, surtout quand ces récits peuvent se multiplier à l'infini.

Du reste, en donnant au Mexique les Souttes de son san volcanique, l'Espagne lui a légué aussi ses vices, qui se res.

sentent un pou des âpres et brûlantes caresses du vent des Pyrénées, !

Le Mexicain—à quelques nobles ex- Ceptions près—est aussi vindicatif, rancunier et fanatique que l'Espagnol, moins honnête et moins énergique que lui,

Je suis sévère, mais j'ai le droit de l'être.

Pendant mon séjour dans le pays, je l'ai vu peu souvent à nos côtés comme allié fidèle, Presque tout le temps derrière la toile de nos tentes, ou mieux encore, aux coins de ses sombres ruelles comme lâche assassin, rarement devant la gueule

de nos canons comme franc et loyal enpemi,

Ses goûts dégradés et sanglants se maniféstent jusqu'au milieu do ses amu-

sements les plus frivoles et les plus inoffensifs.

A Mexico, les combats de coqs font courir toute la ville. On bat des mains et l’on se lance des bouquets quand ces pauvres bêtes sont parvenues à se déchiqueter avec les longs éperons de fer qu'on leur a mis au pattes, et le président Santa-Anna lui-même aurait quitté son fauteuil de dictateur plutôt que de manquer à un spectacle aussi entraînant,

Chaque dimanche, il y a combat de taureaux au Paseo de Bucareli, et jamais je ne me rappelle avoir entendu pareils cris de joie, et avoir oui de plus frénétiques applaudissements, que le jour où je vis la victime ne se faire tuer qu'après avoir éventré deux chevaux, tué raide un toréador, cassé le bras à un des picadores et désarçonné trois cavaliers qui caracolaïent dans l'arène.

Mais je n'ai pas tout dit.

— “Sur le vaste territoire mexicain on aperçoit de distance en distance, écrit

us inof-

qs font s mains and ces se dé- : de fer résident tté son le mannt,

1bat de jamais pereils frénétir où je u’après é raide 8 picars qui

M. de Barrès, au bord des routes et des sentiers, de petites fermes mal cultivées, mal tenues, abandonnées à la bonne ou à la mauvaise chance des saisons. Çà et là, un champ de maïs, une prairie aride dans les temps de sécheresse, touffue de Mauvaises herbes à l’époque des pluies, quelques bœufs broussaillant autour des haies et regardant d’un œil morne passer les voyageurs, Si vous pénétrez dans cette demeure, vous vous sentirez glacé par le vide et l'aspect sordide du lieu :

de meubles point ; une ou deux nattes sur les briques, quelques escabeaux graisseux; sur le mur de Ja salle un trophée énorme de plats de toutes couleurs, de jarres et de petits pots de formes grotesques, modelés en Chiens, en Canards, en tarasques ; en face une image de la Vierge sous Verre; mais si vous pénétrez dans l'appartement intime, vous découvrirez des selles plaquées d'argent, des harnais, des éperons, des armes, deux ou trois Zarapes de prix, une guitare, et Presque toujours une belle fille affairée à la besogne du ménage et au soin des

enfants. C’est la femme, ou le plus souvent encore la maîtresse de l’homme de l'endroit. Mais le secret de cette mystérieuse existence est dans l’arrière-cour ; deux ou trois chevaux dressés à toute la voltige des grandes routes, irréprochablement bouchonnés, attendent l'heure au repas ou de l'expédition. 1l est évident que le propriétaire de cetté ferme ne compte pas sur le revenu des champs et qu'il a d’autres ressources que celle: de l’agriculture.

-: iermier-là est presque toujours un voleur de grand chemin, joueur de cogs et de monté, d’ailleurs fréquentant à ses époques de loisir les courses de taureaux, les foires et les fandangas.

“Dans presque tous les villages du plateau mexicain, on voit chevaucher sur la grande place des cavaliers brodés sur toutes les coutures du pantalon à grelots et de la veste de cuir, le sabre croisé sous les courroies de la selle et le lazo en croupe. Ils vont d’une traverse à l’autre, s'enquièrent des arrivages et des départs,

lus soumme de

> mystére-Cour ; toute la sprochal'heure évident rme ne amps et elle” de

ours un de cogs it à ses ureaux,

ges du her sur dés sur grelots sé sous lazo en l’autre, léparts,

interrogent les Venants d'un air protecteur, s’informent du mouvement des grandes routes, des colis acheminés,

l'état des barnancas—ravins qui se trans.

forment en torrents lors de la saison des pluies—tont cela très-naturellement Comme à la Bourse, Ces centaures-là Sont des chevaliers de la nuit ; ce soir,

ils seront des brigands, demain on en fera des généraux.

“Un de ces généraux au service de l'état de Guanajuato, devait simplement dix-neuf morts avant son entrée en cam- Pagne. Il s’en défendait légèrement et en tirait une certaine gloire, comme Lauzun qui souriait en avouant que ce n'étaient pas six millions de francs, mais cinq millions seylement qu'il devait à ses fournisseurs de Paris, ”

Aussi de 1585 à 1864, le Mexique a

VU passer sur son sol tourmenté soi.

xXante-et-trois vice-rois, deu treize dictateurs, trente-et- Toutes les nuances possibl se fixer un instant, pour d

X empereurs, un présidents !

es Sont venues isparaître aus.

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