LE TRIPLE AZUR DE LA VAGUE DE L'URNE ET DE L'ANGE
Des rives de Syrie aux rives de Sorrente La Mer dans son azur reçoit la perle et Vor, Et son chant éternel, âme du vieux décor, Est Vhymne du passé que la gloire tourmente.
O Mer de nos aïeux, paisible et diligente/ Chacun de tes beaux noms brille comme un trésor; Les ombres des Héros te fréquentent encor, Et sur la mort des Dieux ta plainte se lamente.
On voit étinceler un peuple enseveli
A travers le linceul mouvant où tu le gardes;
Ta tombe est le berceau du Temps que tu regardes;
Dans tes flots voyageurs seul naufrage loubli; Et Von entend toujours, du promontoire à Vile, La voix de Lamartine et la voix de Virgile!
Sur son trône invisible au zénith, règne VUrne, Plus légère qu'une aile et plus pleine qu'un cœur; Scellée, elle contient la cendre ou la liqueur, Et rage n'y fait pas son travail taciturne.
Comme Vanneau flottant qui protège Saturne, Les Anges autour d'elle établissent leur chœur; Mais on voit ruisseler sa magique lueur Sur les nuages lourds et dans l'ombre nocturne.
De cristal ou d'airain, d'argent, de marbre ou d'or,
On ignore ici-bas sa divine matière;
Ses flancs durs et polis sont vierges de poussière;
L'aigle en vain pour l'atteindre épuise son essor;
Seul l'Esprit du Poète y vole pour y prendre
Un feu toujours brûlant sous l'immortelle cendre!