‹ A Londres, à Lourdes et à Rome en l'an de grâce 1908 [microforme]Chapitre 3 sur 5 · ENS · texte numérisé non relu

ENS

Chacun faisait connaître son pays et son diocèse.

Naturellement quan les au porche de l'é voir passer les uns une foule de curieu

d arrivait le défilé des automobiâtel il y avait pour les attendre et après les autres tous les évêques, X, plusieurs ayant des kodacks ei

prenant au passage des instantanés qui devaient être amusants. Les journaux en reproduisaient un certain nombre. Parmi les faits les plus saillants

du Congrès, je dois

mettre la procession des enfants.

le samedi après-midi. Ils étaient au nombre de vingt mille, accourus Par groupes de toutes les parties de la ville, Ces enfants étaient délégués par les diffé-

rentes écoles cathol

iques et représentaient toutes les

classes, 1] y avait les riches très gentiment mis, très propres ; il y avait les enfants d'ouvriers, moins bien

habillés, cependant

c'était convenable ; hélas! mais

Pourtant, c'était encore impressionnant, il y avait

les Pauvres, plusieurs même nu-pieds, mais qui n'avaient pas pour cela été tenus à l'écart d'une démonstralion d'un Caractère tout à fait Spécial et qui de-

vait soulever l'admi

ration universelle. La procession

SOrganisa à l'arrivée des groupes, débouchant par

toutes les avenues

près des bancs de la Tamise

en venant vers Westminster, Elle se déroule mainte- -nant. Tous ces enfants portent les couleurs pontificales, jaune et blanc. Les petits garçons ont une écharpe, les petites filles une ceinture, Chaque école

8 Sa bannière avec d

es louanges à Notre Seigneur, à la

Sainte-Vierge, au Pape. Plusieurs Corps de musique.

fanfares, partagent Quand la musique

le cortège en autant de sections.

se tait, les enfants chantent des

hymnes. Est-il besoin de dire que le peuple était massé sur tout le Parcours ; que toutes les fenêtres

élaient salués au P&Ssage par d'incescants hurrahs ! et parce que c'était de; enfants, la population était unanime à leur Marquer de la bienveillance, on alla même juqu'à en baiser quelques-uns, Pour les voir

de la main, de la barrette : se penchaient vers les petits qui redoublaient alors leurs cris, piétinaient sur place et il fallait Rour les faire avancer répéter des commandements qu'ils Paraissaient ne pas entendre. Jamais je n'avais vu pareille chose, et je he l'oublierai jamais. Ces enfants représentaient l'Angleterre de demain, et ce sont des enfants catholiques, qui chantent, affirment hautement leur foi, leur. amour, dans ces rues de Londres où il y a si peu de temps les mêmes Chants eussent été brutalement interdits.

ue les iastes, rrahs !

| était n alla s voir

s Carlu pain la ; diselque \ joie e ans es. Satours S acaient s pe- ; sur des dre. l’ouigleues, leur.

à si alede ette onon- An- Dus

+ pu

Chargeait de répandre sur eux.

Toute leur vie ces enfants eux-mêmes se souviendront avec émotion de cette profession solennelle qu'ils viennent de faire de leur foi et de leur dévotion à Jésus-Eucharistique : et l'exemple qu'ils ont donné est certainement une grande leçon et un grand

- ENCOUragement, pour tous ceux quienontété les té

moins, Les enfants entrent dans la cathédrale qui devient bientôt bondée jusqu'au sanctuaire. Ceux qui ne peuvent y pénétrer, sont conduits dans une vaste salle voisine, et le Cardinal] Logue leur adresse à tour de rôle une allocution. A la sortie, ces enfants se groupent de nouveau par institutions autour de leurs bannières respectives, et s'en retournent par toutes les rues, sans crainte, Sans respect humain, contiauant d'être l'objet de l'attention charmée de tous.

Un second fait qu'il importe de mettre en relief, c'est

l'assemblée des hommes, des hommes seuls, à l’Albert Hall le soir du même jour. Déjà nous avions eu au même endroit une séance publique dont j'ai parlé plus haut. Le deuxième jour, vendredi, c'était grande réception. On avait enlevé tous les sièges, puis tous les assistants venaient présenter leurs hommages au Légat, aux Cardinaux, aux Evêques, et c'était ensuite une mêlée générale comme dans un immense salon. On faisait connaissance et on conversait. C'était joli, agréable, mais ce n'était rien de plus. Le samedi Soir ce fut bien autre chose. Je le répète, seulement des hommes, et la salle était archicomble ;: peut-être quinze mille, un grand nombre ne pouvant avoir de sièges. Un plus grand nombre encore n'ayant pu entrer faute de billets, c'est-à-dire faute de place. Et ces hommes c'était toute la hiérarchie

| sociale, depuis Je duc de Norfolk, premier pair d'A fl gleterre, entouré de nobles de tous titres, et le ph 1h modeste ouvrier de la rue ; ji] y avait des lords, de députés, des savants, des artistes, des négociants ; o | était venu de toutes les parties non-seulement d 1 | | Londres, mais de l'Angleterre. Et tous ces homme nn LI animés d'un même sentiment accueillirent à Jeu

fit la prière tous ensemble. On chante un cantique au Sacré-Cœur, tous repètent le refrain. Mgr Bourne | fait alors Connaître que malgré les espérances gardées

dociles sur un geste du maître. Monseigneur lit sa réponse au premier Ministre: Que je ne me soumet- ‘rai jamais... That l’11 should never submit..." Une

cession, on crie. C'en était Presque effrayant, L'Ar. chevêque lève de nouveau la main ; on se tait encore et il continue sa phrase: ‘ aux injonctions d'un

que voulant doriner l'exemple de la soumission aux lois de son Pays... on applaudit Pour signifier qu'on se É soumet à l'Archevêque et à sa Prière, à la deman-

äir d'Ant le plus ords, des ants ; on ment de hommes à leur rolongea ris place ile. On ‘antique Bourne gardées n tardiy aura remeñt se lè:

olère ; mande t tous coliers lit sa umet- ” Une 'énétià pro- L'Arncore d'un mais aux on se nan-

de du représentant de l'autorité civile. Voilà qui donnait la plus “aute expression possible du principe sur lequel est établie la sainte Eglise Catholique, le principe de la subordination hiérarchique et de l'autorité divinement constituée, Peut-il y avoir quelque chose de plus éloquent à ce point de vue que l'attitude mouvante de cette masse de quinze mille hommes, secouée par des émotions violentes mais obéissant au geste, à la voix de leur premier pasteur, et cela avec une docilité et un empressement que seule la foi pouvait inspirer et mantenir dans de pareilles circonstances. Très frappant aussi le fait que parmi les discours prononcés ce soir-là, plusieurs l'ont été par des laïques anglais ou autres qui, à la suite des évêques, venaient devant cet auditoire tout masculin, parler de Notre-Seigneur. de l'Eucharistie, de la Sainte-Vierge, du Pape, avec ung élévation d'idées, uneexactitude doctrinale, une sincérité d'accent qui emportaient, soulevaient les applaudissements, Voilà de nobles caractères et de nobles chrétiens, Cette dernière réunion de l'Albert Hall me paraît avoir été le clcu du Congrès au point de vue de sa portée pratique. Toutefois, le lendemain, dimanche, nous reservait les plus grandes émotions. Le matin, dans toutes les églises et chapelles de Londres, il y avait eu communion générale, A la cathédrale la grand messe a été chantée par le Cardinal Légat. Toute la pompe des cérémonies pontificales se déployait avec la majesté voulue dans le chœur très vaste. Tous les évêques étaient en chappe blanche et avaient la miître toutes les fois qu'ils étaient assis. Le coup d'œil devait être des plus imposants. Inutile d'ajouter que les nefs étaient archicombles, et qu'un-

SRE ARE HS Fmirintaesaureem L

‘très grand nombre n'ayant pu pénétrer dans l'égli - tationnaient aux alentours dans l'espoir de voir qu que chose à l'entrée et la sortie du cortège. Le cha ce jour-là me parut plus beau encore que les fe

de l'Eglise dans ces deux Pays. Au sortir de | messe, grand banquet officiel présidé par le Léga Outre les évêques, il y avait les membres du comit laïque du Congrès, et nombre d'autres personnages

rues de la ville, On ne portera pas le Très-Saint-Sacrement, mais la croix est en tête; ilya peut-être

leurs fidèles 8roupés par paroisses. Ce sont autant de députations. Ils se tiennent autour de grandes Pancartes fixées sur des hampes et Maintenues audessus de la foule. Celle-ri est très cosmopolite et très bigarrée. Beaucoup portent l'insigne de congressiste, une médaille du Saint-Sacrement. Le peuple, Curieux

rs l'église, voir quel.

Le chant > les fois Eminenque sorte eterre ot ommuns ir de la le Légat.

u comité onnages

lats, ont nts tout

ion qui ‘

eu d'un peine à n; c'est st une, lonn:ra Catho

la preans les int-Saut-être 1 nomieu de autant randes es au-

t très

ssiste,

irieux

ou pieux, n'est pas seulement dans la rue, il est a toutes les fenêtres: jusque sur le toit des maisons, accoudé même aux cheminées et cela non seulement sur le parcours, mais à distance, dès lors qu'il y avait quelque chance de voir le défilé, Les évêques revêtent le rochet, la mantelette, la calotte et la barrette ; ils sor… tent deux à deux accompagnés de leurs chapelains en surplis par la porte principale du palais ; dès que les premiers sont aperçus, les acclamations commencent ; la joie, l'enthousiasme se communiquent, tel le mouvement de la houle, des premières lignes des spectateurs à celles qui se trouvent en arrière et plus au loin, les cris augmentent, les vivats sont assourdissants, et cependant on voit très bien en regardant ceux qui s'arrachent ainsi le gosier, qu'ils ne veulent que proclamer leur croyan:e et marquer leur attachement à leur religion. Comment rendre ce qui se produit quand le Cardinal Légat, précédé de ses collègues, entouré de sa cour, se montre sous le porche et lève une première fois la main qu'il promène lentement sur les têtes en une première bénédiction. Dès lors nous sommes en pleine e£fervescence. 11 n'y a plus rien de contenu, de mesu- «ré. Il n'y a qu'une chose à faire, c'est de laisser fai.

re, Sauf pour les trois mille hommes de police à ne

pas laisser briser le rempart protecteur qu'ils établis-

sent tout le long du parcours, en se tenant fortement

les uns les autres de leurs mains d'acier, et avec quel-

le peine, à certains moments, surtout aux angles des

rues, Et dire que ces acclamations poussées par peut-

être quatre ou cinq cent mille poitrines échelonnées, massées, superposées, élagées, à perte vue, n'ont pas cessé, pas même diminué un instant, pendant toute la

durée de cette procession d'un nouveau genre. Admettons sans crainte que le spectaclé dans toute sa beauté et sa simplicité, ce n'était pas ceux qui passaient drapés de blanc, de violet ou de rouge, c'élaient ceux qui si haut et si ferme faisaient leur acte -de foi et d'amour. Ce fut au paroxisme quand nous arrivâmes sur la place de l'église en face du grand portail. Imaginez tout ce que vous pourrez, vous ne rendrez pas la centième partie de ce qui se produisit alors et comme impression c'est quelque chose qui se fixe profondément dans l'âme et qui ne peut jamais s'en effacer, Appelez cela explosion violente de sentiments généreux trop longtemps comprimés, et qui enfin trouvent vers le grand jour l'issue impatiemment cherchée et attendue. 11 ne fallait pas seulement écouter et entendre, il fallait regarder et voir, non la foule dans son ensemble, mais chaque fidèle dans ses yeux, sa physionomie, son attitude ; est-ce qu'on pleurait, est-ce qu'on souriait, c'était cerlainement à la fois l'émotion attendrie qui se traduit par les douces larmes et la joie qui éclate sans contrainte. Le Cardinal toujours acclamé et toujours bénissant, pénètre dans l'église ; quelques minutes plus tard, il est au balcon qui orne la facade de la ca-* trédrale. Il est revêtu de la chape, il porte l'oster- Soir avec la Sainte-Hostie, le peuple chante, pas mal avec confusion, le Tantum ergo ; puis, après l'oraison le Cardinal, au milieu d'un silence qui paraît d'autant plus profond qu'il succède aux acclamations plus prolongées, décrit avec l'ostensoir, sur la foule à Ses pieds, sur la multitude qui s'étend au loin, sur la ville toute entière, un triple Signe de Croix: c'est Jésus-Christ bénissant Londres, l'Angleterre, l'Eglise.

On chante le Laudate dominun omnes gentes.... Le Cardinal disparaît derrière les portes du balcon. Le peuple se disperse lentement, très lentement. Le Congrès est clos. Comment résumer le tout en une phrase, chose certaine, c'est que le succès, touchant au prodige, n'avait pas été prévu dans ces proportions ; qu'il eût été impossible d'en préparer les phases avec ce qui les avait marquées au moment même ; je crois qu'il serait impossible de le refaire dans les mêmes détails ; il y a de ces choses qui échappent à tout Programme, que l'organisation la plus minutieuse ne peut déterminer à l'avance : des sentiments qui ne se contrôlent pas par des formules, et c'est ce qui ressort de toute la marche du Congrès Eucharistique de Londres. C'est le triomphe pacifique, mais réel, de la foi. catholique en Angleterre, et c'est le triomphe pacifique et plein d'amour de Jésus Eucharistique sur la terre. Benedictus Dominus Deus Israël. Et pour moi, je bénis le ciel, qui par la pieuse générosité de mes prêtres, m'a permis de prendre une part même active à ces assises s0lennelles qui ont vu la glorification de Notre-Seigneur et permettent d’entrevoir le retour de la noble Albion à la foi de l’ancienne Ile des Saints.

Sans avoir le caractère d'un Concile, et bien qu'il n'en ait point la portée doctrinale ou disciplinaire, cependant, le Congrès de Londres a vu la plus nombreuse réunion de prélats qu'il y ait jamais eu en dehors de la Ville Eternelle. Il a eu pour effet immédiat la manifestation la plus grandiose de la foi et de l'amour de: peuples catholiques envers la Très Sainte Eucharistie, envers la Sainte Vierge et envers le Souverain Pontife. Et qui donc pourrait aujour-

- Ponts-levis, tours, bastions

d'hui prévoir les conséquences qu'il aura nécessais ment sur l'avenir religieux de la N ‘

&eant pas nos croyanc émotion être les témoins de ble.

J'ai déjà mentionn active, que de conc nobles et influents, ; ) la marche du Congrès Eucharisti ner à ces solennité sorte de couron:

tous les prélats et un certain nom.

nnes, à une réception dans son , Situé à une douzaine de lieues de endu que le noble lord fit les choses grandement. Deux trains mis gracieusement à la disposition des exCursionnistes les. amenait vers deux heures au village d'Arundel où des voitures les

attendaient Pour les transporter au château. Celui-ci est un des plus beaux de |’

vient aussitôt après le

Restauré à diverses reprises, il garde encore tout le Caractère des forteresses des tem

Mais le parc qui |’ est tout riant.

chesse en tenue

C'est là que nous accueille la dutrès simple, et assistée de deux ou

écessaire-

Angleter.

inspirée, mué proit ce qui ur ceux ns vont e partaprofonde mémora-

part très ; laïques ion et à

lut don- Ë

couronin nomns son eues de les choment à it vers res les celui-ci | en qu'il indsor.

tout le , avec Il est adelle.

accède | a duux ou

trois dames, Chacun est présenté à son tour, puis. on se répand dans les allées par petits groupes, jusqu'à ce que tout le monde soit arrivé. Au milieu du parc est une estrade, avec tapis et fauteuils pour le Cardinal Légat et ses collègues. Tout près de l'estrade sont rangés en demi-cercle les enfants des écoles catholiques D'Arundel, venus pour présenter leurs hommages au représentant du Pape et recevoir sa bénédietion. Avec eux: sont des religieuses, leurs institutrices ; des £vurs de Charité, avec lesquelles j'aperçois trois ou quatre tourières Clarisses, Je vais leur parler : elles appartiennent à la même famille que nos sœurs de Valleyfield. La maison de Lourdes et la nôtre leur sont connues en sorte que nous avons quelque plaisir à en parler. Arrive enfin le Légat avec le duc dans une voiture superbe, deux cochers et deux valets de pied ; six chevaux et six piqueurs à cheval. Un bataillon du régiment du duc présente les armes, Le Cardinal ayant salué la duchesse est conduit, sur l'estrade. Les enfants battent des mains, s'approchent timidement ; le duc pour leur donner l'exemple s'agenouille sur l'herbe à leur tête et demande pour tous la bénédiction que le Car-

. dinal donne en la forme solennelle. Quel sujet pour

un peintre ! Il y a plus de huit cents personnes. Avec les cent prélats, il y a là la fine fleur de l'Angleterre Catholique : elle est à genoux avec son chef reconnu le premier pair du Royaume, elle est à genoux avec l'espoir de l'avenir dans ces petits enfants si réjouis et si charmants. Nous sommes ensuite introduits à l'intérieur du Château, dont nous visitons d'abord la chapelle tout à fait héraldique, puis à Chaque étagede vastes salles où sont de véritables musées où les.

vitaient les convives à un lunch, où rien ne manquait, je vous prie de le croire, Pendant que deux fanfares Militaires achevaient de donner le cachet princier à cette réception. | Au coucher du soleil les visiteurs partent par groupes pour la gare d'où ils retournent à Londres. Pour M. Marleau et Moi, nous devions aller à la Chartreuse de Parckminster. C'est une longue distance à par- Courir ; la duche:se de Norfolk veut bien mettre à notre disposition sa superbe voiture automobile, Nous en sommes très honorés, M. L.-E. Fooks vient avec nous ; NOUS avons aussi un archevêque d'Australie, Mgr Delaney. Deux heures d'une Course vertigineuse par des routes très belles * COMme c'est la nuit nous ne voyons rien du PaySage qui parait-i] est enchanteur.

de bonne heure, nous Célébrons I: messe dans une Chapelle dont les murs sont recouverts de fresques retraçant le martyr des Chartreux de Londres sous

res préécieuses artistidélicate ureaux rie néimbres tes, de nts innquait, fanfarincier

grou- Pour rtreuà Parà nous en 1OUS ; r Deir des s ne teur. } par eçoiet à » et vette tin, une ques ous

Cromwell, Ils subirent les plus affreux tourments, et la mort en haine de Ja Sainte-Eucharistie.

L'atmosphère du Congrès n'est donc pas encore dissipée, pour nous qui tout en revivant ce: souvenirs Causons avec les Pères de: merveilles du Congrès. Nous visitons la Chartreuse. Elle est la plus grande de toutes, et construite pour défier le travail des années et des siècles. Si l'apparence générale est grandiose, il faut ajouter que les cellules des moines sont bien humbles, que tout y est pauvre et réduit au simple nécessaire.

:. reste c'est l'ameublement ordinaire des mâisonneties que l'on retrouve dans tous les couvents du méme Ordre. La bibliothèque est considérable. C'est le principal reconfort des religieux qui en dehors de leur petite résidence isolée ne connaissent guère que l'église et la bibliothèque. Les religieux ont défilé devant nous et se sônt arrêtés pour recevoir notre bénédiction ; je leur ai dit quelques mots me recommandant à leurs prières avec tout mon diocèse et toutes nos œuvres.

I1 y a là des vieillards tout courbés, des hommes murs, à la physionomie calme et énergique, des jeunes hommes qui ont dû pour suivre leur vocation, faire des sacrifices qu'ils ont à renouveler chaque jour. Mais ce qu'ils goûtent de joies indicibles dans cette solitude où ils sont seuls avec eux-mêmes et avec Dieu, loin de tous les bruits du monde, ne connaissant plus rien de ses tristesses, de ses misères, de ses désillusions souvent si cruelles ! Priez pour nous, mes -très chers Pères ; faites nous bénéficier de vos quotidiennes immolations et de vos mérites qui doivent être si abondants. Nous prenons congé des di-

ARR oc

EE er nan, PABRESRELLE R AR Sprssreags svt

se

leur et le plus reconnaissant souvenir.

Avant de laisser l'Angleterre, nous décidons de fai une visite à Oxford, un pèlerinage à Canterb

nes” Anglaise. En effet, Partagés dans deux auto. mobiles, après avoi

quatre-vingt mill

midi, et le déjeûner pris à l'hôtel, nou retard frapper à la porte du Professeur, qui était pré-

Paré à nous recevoir à sa table. Il nous 8&ourmande un peu de ce que nous n'étions pas

s allons sans

c'est une vingtaine d'institutions nomes, dans lesquelles se donnen

105 COMpPa-

elle nous gracieuse.

st le meil-

s de faire Canterbuht. Oxion. Un ses titres ministraité, avait rpool, et "ylie, lui avaient le meill“ Athè- IX autoires les ue, par raverse ford à S Sans it prémande idre le te des ersité, autou gré

ET

des directeurs, toutes affiliées à un bureau central, aui donne les diplômes après examen. Chaque maison jouit donc d'une vraie indépendance, en ce qui regarde son organisation et son enseignement. Mais chaque élève pour être gradué doit justifier de sa science, après avoir régulièrement suivi les cours et subi les examens prescrits. Les collèges, pour l'intérieur £e ressemblent tous, sauf que les constructions plus modernes sont un peu mieux aménagées. La différence est surtout dans l'architecture, la disposition des salles, la chapelle, les musées et les bibliothèques qui ne sont pas partout également riches ; de même pour les terrains qui les entourent ; Ce qui nous a très particulièrement intéressé, c'est la lignée historique des portraits des professeurs, des recteurs les plus célèbres, et qui remontent pour un grand nombre an temps où l'Université était catholique, comme

d'ailleurs l'était toute l'Angleterre avant la fameuse réforme. Le portrait de Newman se voit en beaucoup d'endroits, de même que la série complète des œuvres de l'illustre converti qui, devenu catholique, a été l’une des gloires les plus solides et les plus brillantes de toute l'Angleterre, protestante aussi

bien que catholique. Au reste, par la conversation

même de notre aimable cicerone, nous avons compris que la population universitaire d'Oxiord devenait de plus en plus sympathique à l'égard de l'Eglise Romaine et que les vieux préjugés disparais

sent graduellement. Le fait est que l'on nous a par-

tout témoigné beaucoup d'égard, et que pour visiter : les bibliothèques, particulièrement. on s’est montré, on ne peut plus empressé à nous être agréable ; c'est de bon augure, surtout si j'ajoute que plus

d'une fois l'on m'a questionné avec un intérêt m

Le lendemain nous nous rendons Par chemin « fer à Canterbury. Ici la scène change, mais n'e &uère moins intéressante, ou plutôt nous y trouvor un attrait d'autant plus gr-nd qu'il s'agit d'un vre pèlerinage dans un endroit sanctifié Par l'apostola et le martyre, et où Cependant, il nous est interdi

très correct et très bienveillant, l'histoire des temps glorieux de l'Eglise en Angleterre. Voici les ruines

térêt °

8 RE voqués, surtout St-Anselme, St-Bède, St-Thomas nt terminé MPeckett. Tous les détails du martyre de l'illustre e très ins- ivêque nous sont racontés et expliqués sur place

t cela par un ministre protestant qui d'enthousias-

ayant e ; 1. , ré .t <a e, nous faisait ce récit émouvant. C'est ici que s'est un goûter Renu, il y a quelques jours à peine ce congrès pan-

anglican que le Congrès Eucharistique devait si vite éléguer dans l'ombre. Notre voyage à Canterbury ‘omplétait ce que nous voulions voir en Angleterre, estminster Abbey, la tour de Londres, l'église de l'Oratoire, celle de Newman, le British Museum

renons la enchantés

ïemin de ais n'est

trouvons avaient été déjà visités en détail. | l'un vrai I ne restait qu'à exprimer notre vive gratiipostolat Btude aux saintes religieuses qui nous avaient accor

dé l'hospitalité, puis ayant bouclé nos malles, à prendre le chemin de fer qui devait çgn une demi-journée nous conduire à Portsmot ‘h. Là, nous trouvions

interdit de nous-

Se un bateau qui nous traversait à l'ile de Wight. Une | ruines heure de voiture et nous voici au Moriastère de IL ya Quarr Abbey. C'est celui des Bénédictins de Solesilleurs me. Fuyant la France inhospitalière, ils avaient de d'abord oceupé en location un château situé à l'auassises tre extrémité de l'ile. Puis la Providence aidant de fu- Mils ont acheté un très beau terrain tout à fait sur le 3 nous bord de la mer : utilisant un palais déjà construit sur À nous le point le plus pittoresque, ils l'ont agrandi, transgothi. formé ; c'est maintenant un couvent avec toutes ses dde. exigences. Les religieux sont à compléter leur ins-

tallation, ce qui ne les empêche point de nous ac. cord r le plus charmant accueil : nous passerons au mili.u d'eux toute la journée du dimanche afin de jouir de la beauté des offices célébrés avec le plus pur chant Grégorien dont c'est ici la terre classique

1Servé

tout re re- : sont

NN —- Par excellence, Aussi bien Dom Mocquereau, le ma donne sur ce sujet qui lui tier lant à cœur et qu'il possède si Parfaitement, deu ou trois entretiens des plus intéressants.

ET ee

ARTE natal cars TE

ses propre confrères : ce qui nous aide beaucoup à &oûter le chant des moines aux diverses

+ Oui, c'est beau de voir ces

uel le plus élevé. Serait-il autant d'esprits aussi cultiavec autant d'harmonie et trouvant dans cette vie Commune de l'idéal toujours cherché, plus de bonheur même au milieu des sacrifices inévitables de chaque jour.

Oh! j'admire les Benedictins! et ie tro ceux qui leur ressemblent le plus,

vés travaillant ensemble

nn TURN

uve que

du monastère, a épuisé pour nous lout ce que peut inspirer l'hospitalité religieuse la plus cordiale, Nous le remercions de toute

, le matlui tient nt, deux Il nous inuscrits propres Jus aide diverses voir ces e, à la e et si e et si familet pasue et

erait-il

| culti-

nie et

ujours

ès sa-

2 que endis dar la vie à n re- 2unes de la c un mes.

pour euse oute

notre âme, emportant de cette visite au monastère des exilés de Solesmes un souvenir attendri et édifié au possible, Nous arrêtons à celui des Bénédictines situé à deux pas. Ces religieuses sont aussi ve. nues de Solemes, et par suite des mêmes circonstances. Elles aussi s'adonnent à la prière liturgique, et le chant Grégorien est dans leur couvent poussé à une perfèction que rend plus sensible encore la voix féminine. Ayant assisté aux vêpres, nous voyons toute la communauté réunie au grand parloir. Au nombre des Sœurs, et parmi les plus humbles, si lant est qu'il y ait entre elles quelque différence, nous voyons la duche:se de Bragance et sa petite fille. Plusieurs autres nobles dames sont venues ici chercher dans une vocation sublime, le calme et le bonheur.

De l'île de Vight à Southampton, quatre heure: de traversée, si un bateau plutôt étroit et peu confortable, Comne le temps est beau, bien qu'un peu froid, nous ne sommes pas trop mal. A sept heures,

| nous débarquons et frappons à la porte d'un asile

de vieillards, tenu par des religieuses françaises, qui nous reçoivent très aimablement. Elles viennent d'Angers et tiennent leur fondation de Mgr Freppel. Elles ont le costume le plus curieux que j'aie vu encore, et pour.ant Dieu sait s'il y en a une variété, surtout en France. Voici, elles ont une robe blanche sur laquelle est une pèlerine ou un camail rouge vif, sur la tête une sorte de coiffe sur un bandeau blanc ; èt pour compléter le tout une chaîne d'or avec une croix pectorale absolument semblable à celle que nous portons ; puis bien entendu l'anneau au doigt. On les appelle les “ Sœurs Cardinales,” et

le nom est bien trouvé. En réalité ce sont des sœurs de charité, et ciles sont très charitablés, Nous par- Courons la maison admirablement tenue, dans la. quelle sont hébergés et soignés plusieurs vieux prétres anglais : nous voyons la communauté assez nom. breuse, Nous acceptons un bon diner : et en route Pour la France sur le Steamer qui lèvera ses ancres à minuit,

Je m'arrête là pour aujourd'hui. Une prochaine lettre vous conduira à travers la France jusqu'à Lourdes où nous verrons quelque chose des touchantes et grandioses démonstrations de piété qui ont eu lieu à l'occasion. du cinquantenaire des apparitions de la Sainte Vierge à la petite Bernadette.

En attendant je vous transmets les Bénédictions dont Notre Saint Père le Pape m'a dans deux entre-

-vues privées, chargé pour vous-même et pour tous

fidèles confiés à vos soins, et je vous prie de me croire toujours.

Mes Chers Collaborateurs,

Votre tout dévoué en N.S.,

+ JOSEPH-MÉDARD, Evêque de Valleyfeld.

sœurs Is parns la.

X prénomroute cres à

haine Lourtes et lieu à de la

ctions entreus ‘C: croire

Evêché de Valleyfeld, { décembre 1908.

Mes Cuers COLLABORATEURS,

Vous le voyez, notre séjour en Angleterre avait été des plus heureux, et nous emportions du Congrès Eu- Charistique de Londres des impressions profondes qui ne s'effaceront jamais. Je vous ai fait de tout cela un récit trop succinct malheureusement, et j'ai dû laisser de côté une foule de détails qui certainement vous eussent intéressés. Je ne vous ai point parlé de la température, et cependant c'est un fait que le soleil

radieux qui n'a Pas cessé de briller sans même l'or bre du brouillard habituel] qui eût véritableme gâté les démonstrations Populaires, a étonné et € même temps réjoui tout le monde. 1] est vrai que d puis plusieurs semaines, à la demande de Monse &neur Bourne, on priait dans toutes les églises pot obtenir ce temps favorable que le bon Dieu a accorc au-delà de toute prévision. Je n'ai rien dit non plu de ce trait si touchant des catholiques de France qu par l'initiative d'un sénateur, M. Jénouvrier, avaier expédié à Londres une quantité très considérable d fleurs dont on devait Orner la cathédrale, et jonche les rues voisines Pour le passage de la procession. Ce fleurs, envoyées dans de telles circonstances, avaien un langage d'une éloquence émouvante, et tous les ca tholiques anglais y Ont été très sensibles. Voic quelque chose de mieux encore. Durant tout le Congrès, outre les dévotions multiples accom:plies par les catholiques dans leurs paroisses respectives, les confessions et communions étant excessivement nombreuses, le Très Saint Sacrement a été, par ordre de l'archevêque, et d'une façon

dont l'intention cou-

apporté Stensoir

Notre-Dame de Hal, dans le Brabant S'était rendu en pèlerinage.

avec soin, et quelques jours avant l'ouverture du

ème l'omablement né et en i que de- Monseiises pour L accordé non plus ince qui, , avaient rable de joncher ion. Ces avaient Is les ca- Voici tout le accomaroisses S étant Sacree façon n çCoulement rre ei r, l'os- \pporté tensoir rt par ire de

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Congrès, M. le chanoine Michiels, re teur de l'église: de Notre-Dame de Hal, eut cette heurruse idée d'e àporter avec lui l'ostensoir, de le prêter à l'archnevê:;ue de Westminster afin que la Sainte Eucharistie fût ex. posée publiquement dans une monstrance qui servit comme de lien entre l'époque actuelle et le temps où toute l'Angleterre était catholique avec son souverain. Dans des événements comme le Congrès le Londres, ce sont les rapprochements d'idées ou de faits qui en sont souvent la partie la plus impressionnante. La présence et la participation effective du prince Maximilien de Saxe, qui exerce le ministère d’un humble prêtre dans le pays gouverné par son auguste frère, n'est certes pas une chose banale. Elle nous revenait en mémoire au couvent de Sainte-Cécile, dans l’île de Wight, où, je vous l'ai déjà dit, nous avons eu l'honneur de voir la Duchesse de Brâgance et sa nièce, non pas sa fille, la princesse Agnès de Loënstein. Le père de celle-ci, l’ancien prince-régnant Charles de Loënstein-Wertheim, est lui-même descendu de son trône pour se faire religieux dans l'ordre de Saint-Dominique. Le 19 décembre de cette année il a été ordonné prêtre sous le nom de Père Raymond, par le Cardinai Fisher, archevêque de Cologne. Le jour de Noël il célébrait la sainte messe dans la chapelle de son ancien palais de Henbach, en Franconie, et le dimanche suivant, avec l'autorisation de ses supérieurs, il s'est rendu dans l'île de Wight, au couvent de Sainte- Cécile. I1 y a célébré la messe et donné la communion à sa sœur et à sa fille ainsi qu'aux autres religieuses bénédictines, leurs compagnes. C'est là un événement digne d'être signalé et qui ajoute à nos yeux du prix à la visite que nous avons faite

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nous-mêmes au couvent de Sainte-Cécile, où n avons eu l'avantage de voir ces princesses roya Sous le costume d'humbles filles de Saint-Benoit. Nous débarquions au Hâvre, le mardi, 22 septe bre, et prenions le premier train pour Rou Dans cette ville à laquelle se rattachent Premières origines de notre histoire religieu et qui par ailleurs rappelle si .douloureu ment le souvenir de l'illustre Jeanne d'Arc, nous : rêtons une demi-journée afin de visiter quelques-un des principales églises: la Cathédrale, St Ouen, Maclou sont de Superbes monuments du Style got] que et que rendent très intéressants les sculpt res des portiques, les vitraux peints, les autels de ma bre, les tombeaux historiques, les statues, les sta les. L'évêché désert et le grand séminaire fermé not donnent, dès cette première journée en France, ur idée des désastres Matériels causés dans l'ordre rel gieux par les lois de spoliation. Avant de reprendi le chemin de fer, je rencontre l'évêque de Sain Flour, Monseigneur Lecœur, avec qui je fais u bout de Conversation. Le soir, nous étions à Pari où nous devions Passer une bonne quinzaine pou permettre à mes COMpagnons de connaître, au moin dans son aspect religieux, la capitale de la vieille Fran ce. Je ne retiens Pour l'instant que nos pèlerinages à Montmartre, où nous sommes allés prier le Sacré Cœur dans son Sanctuaire national, à Notre-Dame des Victoires où fleurit toujours avec le même con- Cours de peuple et aussi avec la même miséricordieu se action de Ja Sainte-Vierge, l'archiconfrérie qu saint et immaculé cœur de Marie établie naguère dans cette église par M. Desgenettes, et qui par ses

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ramifications couvre aujourd'hui le monde entier. Toutes nos paroisses y Sont affiliées depuis quinze ans.

Au couvent des Carmes, dans le jardin, nous allons nous agenouiller au pied de la statue de la Ste-Vierge près de laquelle furent massacrés, le 2 septembre 1792, un grand nombre de prêtres qui avaient refusé de prêter serment à la constitution civile du clergé. Le nombre des victimes parmi lesquelles on compte trois évêques, et un chanoine appartenant au chapitre de la cathédrale de Québec, est estimé à deux cent vingt. L'autorité archiépiscopale de Paris instruit actuellement le procès de leur béatification.

Plusieurs d’entre vous se souviennent de l'amiral Cavelier de Cuverville qui est venu à Montréal pour la seconde fois au mois d'août 1891. Monseigneur Fabre qui savait la foi profonde et la piété franche de l'intrépide marin, l'avait invité au grand séminaire où le clergé était alors en retraite pastorale. L'amira] fit à tous les prêtres réunis dans la grande salle du collège un discours que j'ai fidèlement conservé et dont je vous cite les dernières phrases:

“Je veux vous faire une confidence ; la dévotion “qui m'est chère entre toutes, c'est la dévotion au “ Sacré-Cœur de Jésus ; à elle je dois tous les succès “ de ma carrière. Une image du Sacré-Cœur est fixée “à l'avant de la Naïade, une autre est dans ma cabi- “ ne constamment sous mes yeux ; je tiens un journal “fidèle de tout ce qui m'arrive, et j'ai constaté que “les événements les plus heureux étaient arrivés le “vendredi, jour du Sacré-Cœur ; ce journal je l'envoie “ régulièrement à Montmartre, et c'est aussi dans ce “sanctuaire du Sacré-Cœur que j'ai fait déposer en

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