‹ A LondresChapitre 17 sur 94 · LA NOUVELLE CHAMBRF, DES COMMUNES · texte numérisé non relu

LA NOUVELLE CHAMBRF, DES COMMUNES

fois plantée sur un morceau ! De gré ou de force, il faut en venir à ce qu'il veut. Or, M. Gladstone veut donner pour couronnement à sa noble carrière politique le règlement de la question irlandaise. Envers et contre tous il y arrivera, tenez-le pour certain, et plus tôt peut-être qu'on ne croit.

Derrière lui, le soutenant toujours de leurs hear et de leurs bravos, nous reconnaissons les professeurs James Stuart et Thorold Rogers, M. John Morley, M. Broadhurst, M. Labouchère, vingt autres encore. Mais les figures nouvelles sont nombreuses aussi, et quelquesunes toutes jeunes.

Voici M. Moulton, quarante ans au plus, une des physionomies les plus distinguées et les plus originales du barreau anglais, homme de science et homme de loi tout à la fois, associé de la Société Royale et du Middle Temple, ancien lauréat de Cambridge, spécial dans toutes les afTaires où les connaissances scientifiques sont requises.

M. Mac-Iver, député de Torquay, qui est arrivé de Madras, il y a quelques années à peine, pour se plonger corps et âme dans la politique anglaise et dans une campagne électorale des plus brillantes, se marquer d'emblée comme un orateur, ce qu'on appelle ici a coming man^ un homme de demain.

M. Buxton, qui a déjà rendu d'éminents services à la cause de l'enseignement, en qualité de président du Conseil des Ecoles de Londres et que les électeurs de Walthamshow ont fort sagement envoyé au Parlement.

M. E. R. Russell, un des journalistes les plus justement estimés de l'Angleterre, bien connu sous le pseu-

A i.ONDurs.

donymes'de Old Hand, dont il signe ses croquis parlementaires, el l'homme le plus influent de Liverpool.

M. Brett Ince, un des maîtres de la parole et l'avocat le plus occupé de la cour de chancellerie.

Sir U. Kay-Schuttleworth, qui avait déjà appartenu au Parlement à làge de vingt-quatre ans, comme représentant de Hastings, et qui revient, à l'âge de quarante et un, comme député de Clilheroe en Lancashire, avec de brillants états de service à la Ligue de réforme municipale, au Conseil des Ecoles de Londres, et surtout au Congres de science sociale.

Puis deux nouveaux venus au monde parlementaire, deux ouvriers, dont la présence seule dans cette Chambre réformée suffirait à en marquer le caractère : M. John Wilson, le mineur deDurham, l'àme de la Miners'' Franchise association, l'orateur résolu qui demanda formellement à -M. Gladstone en 188Î, à la tôte d'une députation de mineurs, de lui donner sans plus tarder la franchise électorale; M. Joseph Arch, le paysan, le fondateur de la National AgricuUiiral Labourevs' Union, le porte-parole des ouvriers agricoles du Royaume-Uni.

Enfin M. Bradlaugh, qui siège au moins provisoirement à la Chambre, après une cinquième élection qui court grand risque d'être annulée, comme les quatre précédentes, et qui a inauguré dès le premier jour une mode nouvelle, en faisant une motion du haut de la galerie (il n'avait pas trouvé de place au parquet) à peu près comme on voit dans nos revues parisiennes le « spectateur » traditionnel prendre la parole aux deuxièmes loges.

Cette question du défaut de places a déjà donné lieu,

Page 1