LA NOUVELLE CHAMBRE DES COMMUNES
d'ailleurs, à une réclamation directe : un membre obscur, mais qui mérite de sortir de son obscurité, ne fiit-ce que pour cette explosion de bon sens, a demandé que la Cbambre des Communes se décidât enfin à aA'oir un fauteuil pour cbacun de ses membres, au lieu de n'offrir que deux cents places à six cent cinquante-deux députés, ce qui oblige les retardataires à assister à la séance en simples amateurs. Mais je me trompe fort, ou la constitution du Royaume-Uni sera changée du tout au tout avant qu'il soit fait droit à cette sage revendication. Les Anglais se décident parfois à changer le fond des choses : la forme, jamais.
Sur les cross benches (bancs en travers), le bataillon des parnellistes est compact et serré. Il faut les voir là, tous ensemble, pour comprendre le poids de ce parti de 8G hommes résolus à marcher la main dans la main et à voter en corps sur le mot d'ordre de leur chef. Ce chef, M. Parnell, est à son poste, prêt à se jeter à droite ou à gauche, sans hésitation, selon que l'indiquera l'aiguille aimantée de l'intérêt irlandais. Or, au point de vue des opinions, la Chambre nouvelle se compose de 333 libéraux, 251 conservateurs et 86 Home Rulers ou partisans del'autonomie irlandaise : ce qui donne 82 voix de majorité aux libéraux contre les conservateurs, mais les met en minorité de 4 voix en cas de coalition des parnellistes et des conservateurs. A côté de M. Parnell, M. Justin Mac-Carthy, historien et romancier; M. Sullivan, M. Timothy Healy, familièrement connu sous le petit nom de « Tim » , et l'homme le plus avisé, le plus spirituel du parti; M. O'Kelly, le journaliste irlandais aux aventures épiques ; et toute une légion de jeunes
hommes barbus et chevelus, où le type du politicien de profession, de ce que les Américains appellent un carpet-bagger (homme au sac de voyage) prédomine visiblement.
A la droite du speaker, derrière sir Micha^Vl Hicks- Béach, M. Smith, lord Randelph Churchill et les autres ministres, plusieurs physionomies familières, sur les bancs conservateurs : lord John Manners, M. Henry Chaplin, M. E. Stanhope, M. Balfour, lord George Hamilton, M. Ashméad-Barltett ; et aussi des figures nouvelles. Le lieutenant-général sir Ed. B. Hamley, l'auteur de la Bataille de Dorking, qui, récemment encore, menait dans le Blackicood Magazine, la plume à la main, une vive campagne contre lord "Wolseley.
Lord Charles Bei-esford, second fils du marquis de Waterford. bien connu pour son rôle à Alexandrie, après le bombardement, et pour sa lirillante conduite à Abou- Klea. C'est un « conservateur indépendant, » qui a déjà siégé au Parlement de 1872 à 1880, et qui s'est déclaré pour l'ouverture des musées le dimanche, — modeste réforme qui a droit à toutes nos sympathies.
Enfin, M. Howard Vincent, le Macé de l'Angleterre, directeur des Criminal Investigations de 1878 à 1884, enrichi par son mariage avec Théritière d'une gros-o for'une, et revenu tory d'un voyage autour du moii'l'. après être parti libéral.
Au point de vue des opinions générales, la Chambre nouvelle, on l'a dit plus haut, se divise en 333 libéraux, 251 conservateurs et 86 parnellistes. Mais la majorité libérale est partagée sur divers points fondamentaux. C'est ainsi qu'on évalue présentement à 80 le chiffre