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LE PROFESSEUR HUXLEY SUR LE TABAC

eus!... {3Iurmures). Je ^vis un cigare... [Mouvements en sens divers). Je l'allumai... [Tout l'auditoire est suspendu aux lèvres de V orateur),., et je le trouvai délicieux!... ( Vociférations indignées).

De ce jour je fus converti au tabac, et je déclare qu'à mon sens fumer modérément est une pratique confortable et même louable, car les effets en sont excellents. [Confusion générale des adversaires du tabac. — Rires unanimes du côté des fumeurs). Une pipe n'est pas plus dangereuse qu'une tasse de tlié. On peut s'empoisonner à boire du thé vert à l'excès ; on peut se tuer à manger trop de beefsteclis. De même, on peut se rendre malade si Ton fume immodérément. Mais le tabac à dose modérée a une action sédative que je considère comme bienfaisante dans la plupart des cas; il n'est pas douteux qu'il adoucisse les mœurs. ( Triomphe des fumeurs. — Déroute complète de leurs adversaires).

Les progrès du British Muséum.

Londres, 20 avril 1886.

Lundi dernier ont été inaugurées, sous leur nouvel aspect , les galeries de Taile occidentale du British Muséum, précédemment occupées par un musée zoologique qui a été transporté depuis deux ans à South- Kensington. Outre une rare collection d'objets d'arts orientaux, on y voit maintenant figurer les collections ethnographiques du Musée et la fameuse collection préhistorique de feu Christy, léguée à la nation britannique en 1865. L'ensemble forme une des expositions les plus curieuses d'ustensiles et d'objets de tout genre, appartenant à toutes les races humaines, anciennes ou modernes, — la plus complète qu'il y ait présentement au monde. Il suffira de dire, pour en donner une idée, qu'à côté des antiquités grecques et romaines, des bronzes anciens, des monuments étrusques, égyptiens et assyriens, des bijoux grecs, troyens et carthaginois, d'une galerie préhistorique presque sans rivale, — car elle fut formée à une époque où les outils de silex et les os

LES PROGUKS DU BRI l'ISH MUSfcUM 2oq

taillés n'excitaient encore qu'un intérêt limité, — on y trouve l'outillage et les j)roduits des nations de l'Asie, barbares et civilisées, ceux de Java, de Sumatra, de l'Australie et de la Nouvelle-Guinée, de Bornéo, de la Micronésie, de la Nouvelle-Zélande, de la Polynésie, des îles Sandwicb, de l'Afrique, des deux Amériques et des régions arctiques.

Ainsi se manifeste une fois déplus, et sous une forme nouvelle, l'activité que les trustées du British Muséum mettent à développer dans toutes les directions ce magnifique établissement. Quelques années encore d'activité pareille, et, si l'on n'y prend garde, ce Musée, avec sa splendide bibliothèque et ses incomparables collections, sera le plus beau du monde. Un des agents les plus puissants de ce progrès, avec les ressources considérables que les libéralités de l'Etat et des particuliers mettent à sa disposition, est incontestablement dans l'obligation, où sont les divers départements du Musée, de publier tous les ans un rapport qui est imprimé et distribué au Parlement. Chaque chef de service a naturellement à cœur de se signaler par quelque innovation ou quelque perfectionnement tangible, et le résultat de cet effort commun est une organisation de jour en jour plus parfaite. Un coup d'oeil jeté sur le dernier de ces rapports, publié en juillet 1885, pourra donner une idée des résultats acquis.

Le département des Livres constate qu'il s'est enrichi dans Tannée de 31,747 volumes, tous immédiatement marqués et catalogués, et dont 3,376 ont été offerts au Musée, 10,127 y sont entrés par voie de dépôt légal, 1,486 par voie de dépôt international, et 15,833 par voie

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d'achat. Dans ce chiffre sont compris un grand nomhre de livres rares ou précieux.

Le département des Cartes s'est augmenté de 4,599 articles (cartes, atlas, globes célestes ou terrestres, etc.) ; le département des Manuscrits, de 1,491 pièces, et le déparlement spécial des Manuscrits orientaux de 148 autres; le département des Estampes, de 1.994 dessins originaux ou gravures de toutes les écoles; le département des Antiquités orientales, de 1,653 articles; celui des Antiquités grecques et romaines, de 518; le département des Médailles, de 3,554. Le tout sans préjudice du prodigieux travail de classement, de numérotage et d'inscription aux divers catalogues, constamment tenus à jour; sans préjudice aussi d'améliorations de détail incessantes dans toutes les branches du service.

Remarquons à ce propos que la plupart des grandes bibliothèques publiques de l'Europe sont des édifices primitivement destinés à d'autres usages et adaptés après coup à leur destination présente. Tel est notamment le cas pour la Bibliothèque nationale, à Paris, et pour celle du British Muséum, à Londres. Aussi ces deux établissements peuvent-ils être considérés comme des modèles d'incommodité, et ne sont-ils devenus à peu près propres à leur fonction que depuis l'invention par l'italien Panizzi des cours couvertes en fonte et verre pour l'installation des salles de travail. Cette innovation a été un remède provisoire ; elle ne saurait être considérée comme une solution définitive du problème que l'accroissement constant du nombre des volumes et du chiffre des lecteurs impose désormais à l'attention de tous les gouvernements. A'ingt ans à peine après avoir

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