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LA RÉFORME DU COSTUME

diamants; un seul de ses domaines lui rapporte un million de francs par trimestre.

Questionné sur le problème irlandais, M. Lowell le croit insoluble; il estime que la séparation est une utopie, parce que « l'Irlande exporte une valeur de 20 millions de dollars, dont 19 millions vont en Angleterre. » De l'art anglais contemporain il a la plus mauvaise opinion ; l'Académie royale est expirante, dit-il, sans vitalité, sans but et sans imagination; l'École anglaise ne produit aujourd'hui que des œuvres ternes et sans valeur ; l'avenir est à la jeune Ecole américaine, fille de l'Ecole française .

La réforme du costume.

On sait qu'il s'est formé en Angleterre une association pour la réforme du costume, the Rationaldress Association. Les promoteurs de ce mouvement ont pour dada spécial une idée qui peut paraître juste en soi, celle de rendre le costume humain plus commode, plus hygiénique et plus gracieux qu'il ne l'est de nos jours. Mais leurs efforts n'ont encore abouti qu'à proposer pour les hommes des accoutrements variés qui sentent tous plus ou moins l'opéra comique, et pour les femmes une sorte de pantalon plissé, qualifié de jupe divisée [divided skirt), et surmonté d'une veste lâche qui n'a rien de galant.

Ces propositions fantaisistes n'ont obtenu jusqu'ici qu'un succès de fou rire. Mais le zèle de l'association ne se refroidit pas pour si peu, et elle vient de tenir à Londres, dans Westminter Town Hall, un grand meeting de dames, en vue de propager sa doctrine.

23o A LONDRES.

Un des membres féminins du bureau a d'abord xjris la parole pour exposer les principes généraux de l'école. Elle a tonné contre le corset, allégué que les dames d'aujourd'hui se croient (à tort) obligées d'exhiber une taille de 18 pouces, alors que la Vénus de Médicis s'en est permis au moins 26; entin, elle a conclu par une apologie enthousiaste du divided skirt, ou pantalon plissé, et de la veste lâche.

Sur quoi la vicomtesse Harberton a pris à son tour la parole et affirmé que la bonne cause (celle du pantalon plissé) fait tous les jours des progrès, quoi qu'on eç puisse dire. Il faut croire que ses adeptes le portent à domicile, car jusqu'ici on ne l'a pas encore vu paraître en public, même dans les rues de Londres, qui connaissent pourtant toutes les audaces, en fait de toilette féminine.

L'heure des ordres du jour est arrivée. Mistress Oscar Wilde en a proposé un qui pourra paraître tiède : il exprime simplement l'opinion « qu'une réforme est nécessaire pour rendre le costume féminin à la fois plus confortable et plus gracieux ». Appuyé par mistress Fenwick Miller, cet ordre du jour à l'eau de rose a été volé par l'assemblée. Enfin, la petite fête s'est terminée par un spectacle qui ne devait pas manquer de pittoresque', et que les journaux anglais décrivent comme suit :

Mistress Pfeiffer, mistress Taylor, miss Taylor, miss Rolland et plusieurs autres darnes^ vêtues du costume recommandé par l' Association, se promènent sur Vestrade.

C'est-à-dire, en français, que ces dames s'exhibent en pantalon.

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