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LA FEMME ET LES HAUTES ETUDES

a écrit : « Presque toujours, dans les classes riches, l'intelligence des filles est cultivée aux dépens de leur vigueur physique, parce qu'il leur faut plus de temps et d'efforts pour arriver aux mêmes résultats. » Le docteur Glarke, des États-Unis, est si effrayé des effets qu'une haute culture produit en son pays sur la condition physique des femmes, qu'il en vient à se demander si avant cinquante ans les Américains ne seront pas réduits, pour ne pas disparaître de la face du giohe, à venir prendre femme en Europe. Le docteur Hertel, médecin danois, a constaté dans les écoles supérieures de son pays que 29 0/0 des garçons, 41 0/0 des filles sont dans un état de santé précaire, dû à l'excès de travail; l'anémie, la scrofule et les maux de tête sévissent tout spécialement. Le professeur Bystroff a fait à Saint - Pétershourg des constatations analogues.

De ces faits et d'un grand nombre d'autres du même genre le docteur Withers-Moore croit pouvoir conclure que le travail excessif imposé par les concours et les examens de l'enseignement supérieur, dangereux pour l'espèce chez les garçons, l'est infiniment plus chez les filles. Il croit que les fatigues de cet ordre, répétées sur plusieurs générations successives, finiraient par rendre la femme absolument impropre à sa fonction de mère. Au total, il admet que tout en donnant aux filles une éducation suffisante il faut viser à faire d'elles d'aimables compagnes, et non point des rivales de l'homme.

Le rapport de M. Matthew Arnold sur les écoles françaises.

M. Matthew Arnold est incontestablement un des deux ou trois hommes les plus compétents du globe en matière d'éducation. Il a fait des questions pédagogiques, non seulement en son pays, mais à l'étranger, l'étude presque exclusive de sa vie. Il est allé à plusieurs reprises les étudier sur place en Allemagne, en France e' ailleurs. On peut dire de lui que c'est une sorte d'inspecteur général des études dans tous les pays civilisés. Chargé par le gouvernement anglais d'examiner l'état présent de l'enseignement primaire, spécialement au point de vue de la gratuité, en France, en Allemagne et en Suisse , il vient de publier son rapport, qu'il faut considérer à tous égards comme un document de la plus haute importance.

On sait qu'en Grande-Bretagne l'instruction primaire, tout en étant presque partout obligatoire, n'est pas encore gratuite. La rétribution scolaire est, à la vérité, des plus réduites et ne dépasse guère quarante à cinquante centimes par semaine. Mais l'impossibilité absolue où se trouvent un grand nombre de. familles d'acquitter même une taxe aussi faible devient une source constante de tiraillements et d'embarras. Le gouvernement britannique se préoccupe naturellement beaucoup de cette question, et c'est spécialement pour étudier les origines et le fonctionnement de la gratuité dans les écoles du continent que M. Matthew Arnold y a été délégué.

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