LA. CONCURRENCE ALLEMANDE
Les rapports consulaires n'en disent pas moins : « Notre importation de velours, naguère si importante, a beaucoup baissé depuis qu'on s'est mis à en fabriquer ici, et surtout à raison de la concurrence allemande... L'Allemagne, la Suisse et la Belgique font aujourd'hui la majeure partie des affaires dont nous avions le monopole. » A Trieste, en dépit du bas prix des transports par eau, comparés à celui des transports par terre, « les fers anglais ne peuvent plus tenir le marché contre les fers belges. » En Hongrie, la plupart des articles précédemment importés d'Angleterre sont maintenant ou fabriqués sur place ou importés d'Allemagne. L'importation des tissus et des machines d'Angleterre a considérablement baissé, comme celle des fers et aciers « parce qu'il s'est créé en Allemagne des industries rivales, produisant les mêmes qualités à des prix moindres », mais surtout « parce que le manufacturier anglais ne s'est pas mis en communication directe avec le commerce local, comme son concurrent autrichien et allemand a su le faire » . La plupart des marchandises anglaises qui se vendent encore en Hongrie passent en effet par les mains d'un intermédiaire autrichien, et il n'est pas douteux que les résultats seraient tout différents si le fabricant de Manchester et de Birmingham savait se mettre en rapports directs avec les marchands de la Hongrie et surtout y installer des dépôts.
Tournons-nous vers l'Italie. Ici l'Angleterre tient toujours le premier rang et son importation suit une marche rapidement ascendante. Et pourtant cette importation ne s'est accrue l'an dernier que de 16 0/0, alors que celle de l'Allemagne montre une augmentation de
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102 0/0 et celle de la Belgique de 150 0/0. La concurrence allemande paraît s'appliquer surtout aux articles peu encombrants, ustensiles de ménage, coutellerie, poterie, produits chimiques, instruments de chirurgie, etc. Les motifs assignés à ses succès sont : « une éducation thechnique mieux entendue, une plus grande activité dans l'envoi de voyageurs de commerce parlant couramment la langue italienne, une attention plus sérieuse aux besoins du marché italien, jointe aux plus grandes facilités de livraison et de payement. «
Tous les consuls s'accordent à dire que l'emploi de la langue italienne par les maisons allemandes et l'ignorance habituelle de cette langue chez les négociants anglais sont la grande raison des succès enregistrés par les Allemands en Italie.
Il en est de même ailleurs. En Bulgarie, c'est l'Autriche qui fait tout, « grâce à l'activité de quelques juifs de Vienne, qui passent toutes les semaines chez les marchands pour leur offrir tout ce qu'ils peuvent désirer » , tandis qu'un ordre donné à une maison anglaise doit toujours porter sur des quantités considérables et prend plusieurs mois pour s'exécuter. En Egypte, où le fait de l'occupation britannique aurait dû donner l'avantage aux fabriques anglaises, leur importation a baissé « au profit de l'Allemagne, en ce qui concerne les lainages et les ustensiles de ménage ». Même en Grèce, où l'importation anglaise monte constamment depuis vingt ans et où l'industrie des transports est presque exclusivement en des mains anglaises, le commerce s'adresse de plus en plus à d'autres nations productrices, et pour les lainages, les fers, les poteries, les machines, la verrerie, ce