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LES MŒURS DU THEATRE EN AXGEETERRF

Les mœurs du Théâtre en Angleterre.

Les Mémoires de Caroline Bauer ont dévoilé un coin de la vie théâtrale dans la vertueuse Allemagne. Voici qu'une discussion soulevée à Londres par un auteur dramatique, M. Burnand, nous offre l'occasion de jeter un coup d'œil sur les mœurs du théâtre dans la puritaine Albion,

M. Burnand ne s'était fait connaître jusqu'à ce jour que sous l'aspect d'un écrivain facile et sans grandes visées morales. Il a surtout signé ce qu'on appelle, de ce côté du détroit, des burlesques, c'est-à-dire des farces tenant le milieu entre nos féeries et nos opérettes, et d'ailleurs généralement empruntées à la scène française. Mais il faut apparemment que la peau de tout Angiciis recèle un prêcheur, car voilà subitement M. Burnand transformé en moraliste, et déclarant, sur le ton d'un nouveau Jérémie, qu'il est à peu près impossible à une femme, si elle aborde la profession théâtrale, de ne pas laisser aux buissons du chemin un peu de sa pudeur et de sa modestie. On s'en doutait, dira-l-on, et l'affirmation est de celles qui peuvent passer pour axioma-

tiques. 11 paraît pourtant qu'elle a eu le privilège de troubler dans leur quiétude les « cercles religieux et dramatiques de Londres » [sic).

L'esprit britannique est ainsi fait qu'il n'aime pas a se voir dire en face les vérités les plus banales. Les Anglais savent bien au fond que les mœurs ne valent pas mieux cbcz eux qu'ailleurs. Mais cela ne les empècbe pas de sursauter et de crier à la calomnie s'il arrive qu'on constate francbement la chose.

Les uns se sont donc empressés d'affirmer que M. Burnand exagérait beaucoup le mal. Les autres, allant d'emblée à l'extrême, ont déclaré avec M. Zola que, si telle était la vérité, un directeur de théâtre, spéculant sur la dépravation de ses pensionnaires , devait tout uniment être mis au rang d'un... marchand de chair humaine. Chacun a dit son mot, et finalement M. .lohn Ilollingsnead, directeur du Gaiety-Tlieatre, a résumé la question à son point de vue. Il est juste de dire qu'il l'a fait avec une sincérité tout à fait extraordinaire chez un Anglais, quoiqu'il n'ait pas dit la moitié de ce qu'il aurait pu confesser s'il avait voulu être complet. Mais sou plaidoyer pro domo n'en est pas moins des plus curieux.

«Oui, je sais qu'on appelle mon théâtre Nudity-Theatre, a-t-ilditau reporter qui l'interrogeait. Mais, après tout. si les jupes de mes danseuses sont courtes, est-ce que les corsages des dames du monde sont toujours aussi montants qu'ils pourraient l'être?... Où la beauté féminine s'exhibera-t-elle, si ce n'est sur les planches? Est-ce qu'elle n'a pas droit à la lumière, avec tout ce qui peut charmer le regard?... On trouve nos pièces trop cpicées. Elles le sont singulièrement moins, je le jure, que celles

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