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(( Je viens de recevoir l'avis par un ollicier du 5*"" ., <( que son régiment a ordre de fraterniser avec les (( bourgois , de leur donner même leurs armes pour <( ensuite les immoler en se mêlant au milieu d'eux. « Méfiez-vous de ceux qui conseillent de fraterniser « avec eux. Je prends une plume étrangère pour vous (( écrire , soiifrant trop de ma blessure. »
Palme ou Calme.
Je ne partageai pas ces craintes à l'égard d'un brave régiment qui avait refusé de tirer sur le peuple , et dans lequel je connaissais des officiers. Si j'envoyai à la caserne Poissonnière , ce fut plutôt par un surcroît de prudence que me dictait le devoir, que par suite d'un injurieux soupçon.
On m'apporta dans ce moment une affiche , en me priant de la lire à haute voix à mes hommes. Elle avait pour titre : Plus de Bourbons ! J'ai toujours regretté de ne l'avoir pas conservée à cause de la vigueur des pensées qui y étaient exprimées en quelques lignes avec un vif éclat de style. Je crus voir un Étudiant dans la personne qui me la remettait. Les instans étaient trop précieux pour que je pusse contenter son désir, nous allions être attaqués du côté de la rue Feydeau. C'est là qu'une pièce de canon fut amenée. Je devais gaîment la recevoir, nous avions fait connaissance avec elle dans la rue Saint-Honoré, où la Garde Royale nous servait chaud. Sur son afl\it , je fis prendre , au crayon , les noms et les adresses des citoyens qui l'accompagnaient. J'ai cette note, écrite
( '7 ) à la hâte et dans un moment d'autres préoccupations. Elle ne cite que MM. Benoit , Conaissant , Lavallëe , Pierre Lajon, Lussan , Delacroix , Henrion de la maison OppermaUn et Victor Declian. On a , plus à l'aise, développé les détails de ce fait d'armes. Je devais remarquer le nom de cette pièce : elle s'appelait le. Joueur. Tout le monde me la vit braquer sur le point d'où je m'attendais à recevoir les assaillans. J'invoque ici le témoignage général , parce que mon action fut accompagnée d'applaudissemens partis de toutes les fenêtres de la place. Il se trouvait là des gens de lettres, des artistes , qui vinrent me serrer la main , et dont quelques-uns sont aujourd'hui décorés de Juillet. Ils se nommeront, si bon leur semble , je n'ai pas mission de les prévenir.
Un second billet me fut remis , en voici la teneur :