‹ A mes jeunes amisChapitre 4 sur 40 · QUI NE SOTST PLUS · texte numérisé non relu

QUI NE SOTST PLUS

Bien plus heureux que nous, toiu n'aTei fait que tremper tm lèrres dim* cette eoope d'amertume qu'il nout faut épuiser.

H. CiiiMifcaF , MûnUtr» pnttttoMt.

ous ! à peine entrevus au terrestre séjour^ Beaux enfans ! voyageurs d'un jour^ Quand les astres sont purs^ dans leurs tremblantes flammes Voit-on flotter vos jeunes âmes?

Vous qui passez comme les fleurs ,

Qui ne semblez toucher la terre

Que pour vous envoler tout baignés de nos pleurs,

Enfans , rëvéles-nous le triste et doux mystère D'une apparition qui &it rêver le ciel^ Et de votre départ si prompt et si cruel.

Eh! comment voyons-nous nos plus pures délices

Se changer en amers calices

Pleins d'inépuisables regrets ?

De ces sources de pleurs contez-nous les secrets. Fleurs des tendres amours ! ne laissez-vous de traces Que vos chastes baisers ^ que vos tranquilles grâces ^ Vos larmes sans remords^ vos voix d'anges mortels^ Qui font des cœurs aimans vos douloureux autels?

Sous une forme périssable , N'étes-vous pas des cieux les jeunes messagers ?

Et vos sourires passagers Portent-ils de la foi l'empreinte ineffaçable?

Yenez-vous en courant dire : « Préparez-vous ! « Bientôt vous quitterez ce que l'on croit la vie; « Celle qui vous attend seule est digne d'envie :

« Oh! venez dans le ciel la goàter avec nous!

« Ne craignez pas^ venez I Dieu règne sans colère ;

c De nos destins charmanavous aurez la moitié.

« Celui qui pleure , hélas ! ne peut plus lui déplaire ,

« Le méchant même a part dans sa' pitié.

« Sous sa main qu'il étend toute plaie est fermée ; « Qui se jette en son sein ne craint plus l'abandon ^ « Et le silloA cuisant d'une larme enflammée « S'ef&ce au souffle du pardon.

« Embrassez-nous ! Dieu nous rappelle :

« Nous allons devant vous ; mères ^ ne pleurez pas ! (c Car vous aurez un jour une joie immortelle ^ « Et vos petits enfans souriront dans vos bras. »

Ainsi vous nous quittez'^ innocentes coFombes , Et sur nos toits d'exil vous planez un moment^ Pour écouter peut-être avec étonnement Les cris que nous jetons à Pentour de vos tombes. Ah ! du moins emportez au sein de notre Dieu Les sanglots dont la terre escorte votre adieu.

Allez du moins lui dire : « Il est toujours des mères, « Des femmes pour aimer^ pour attendre et soufSrir ; (( Pour acheter long-temps^ par des peines amferes ,

« Le bonheur de mouiûr ! >»

Ah ! dites-lui : a Toiijours les hommes sont à platndi^e^ « En vous nommant, Sei|;neur , ils ne s'entendent pas : « Plus faibles qoe l'enfant dont vous guidez les pas,

« On ne leur appri&nd qu'à vous craindre.

« £t nous avons tremblé de demeurer long-temps , (( De nous perdre sans vous dans leurs sombres vallées^ « Et nous avons quitté nos mères désolées :

<( Dieu ! versez quelque espoir dans leurs cœurs palpitau s, « Elles pleurent encore] » Il est trop véritable : De vos berceaux déserts le vide épouvantable Les fait long-temps movurir^ et crier à genoux : « Nous voulons nos enfans l Nos enfans sont à nous î »

Mais Dieu pose sa main sur leurs yeux pleins de larmes; Il éclaire, il console , il montre l'avenir ^ L'avenir dévoilé resplendit de vos charmes ,

Et l'espoir, goutte à goutte, endort le souvenir. La promesse qui les enchaote Les suit jusque dans leur sommeil; El cette parole touchante Les soutient encore au réveil :

« Laissez venir à moi ces jeunes créatures , •I Et jevouslesrendrai;mères,nepleurezpas !

« Priez ! Dieu vous rendra vos amours les plu» ] « Et vos petits enfàns souriront dans vos bras. »

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