‹ A mes jeunes amisChapitre 31 sur 40 · IMITÉ DE L*ARABE · texte numérisé non relu

IMITÉ DE L*ARABE

^STAIT jadis. Pour un peu d'or^ Un fou quitta ses amours^ sa patrie.

(De nos jours cette soif ne paraît point tarie ;

J'en connais qu'elle brûle encor. ) Courageux ^ il s'embarque } et, surpris par l'orage , Demi-mort de frayeur , il échappe au naufrage. La fatigue d'abord lui donna le sommeil y Puis enfin l'appétit provoqua son réveil.

Au rivage , où jamais n'aborda l'Espérance ^ Il cherche^ mais en vain ^ quelque fruit savoureux ;

Du sable , un rocher nu , s'offrent seuls à ses yeux : Sur la vague en fureur il voit fuir l'existence. L'ame en deuil , le cœur froid , le corps appesanti , L'œil fixé sur les flots qui mugissent encore y Sentant croître et crier la faim qui le dévore , Dans un morne silence il reste anéanti.

La mer , qui par degrés se calme et se retire , Laisse au pied du rocher les débris du vaisseau ; L'infortuné vers lui lentement les attire^ S'y couche , se résigne , et s'apprête un tombeau. Tout-à-coup il tressaille , il se lève y il s'élance ; Il croit voir un prodige , il se jette à genoux. D'un secours imprévu bénir la Providence , £st de tous les besoins le plus grand , le plus doux !

Puis , en tremblant , ses mains avides Touchent un lin mouillé , rempli de grains humides ; Il presse , il interroge et la forme et le poids ^ Y sent rouler des fruits ,... des noisettes^.», des noix.... <c Des noix! dit-il, des noix! quel trésor plein de charmes!»

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