‹ à mes prêtres [microforme] (volume 2)Chapitre 8 sur 23 · Presbytère · texte numérisé non relu

Presbytère

Près de l’église, près du cimetière, appuyée sur la maison de Dieu et la poussière des tombeaux, s’élève la maison du prètre, le presbytère. C’est bien là la place du prêtre. Il est près de l’église où réside le Dieu trois fois saint ; il faut qu’il Lui parle souvent ; il a à Lui demander des grâces, des faveurs et des bénédictions, à implorer son assistance pour le juste et sa miséricorde pour le pécheur ;: son cœur touche presque le cœur de Jésus et de ce cœur divin s’exhalent de continuelles émana-

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tions, des flammes de charité qui vont à son cœur pour se répandre ensuite sur toutes les infortunes de la terre, pour guérir bien des plaies, adoucir bien des peines et sécher bien des larmes.

Faites de votre maison presbytériale comme une sorte de sanctuaire pour une vie austère de prière et d'étude. Le bon prêtre aime en effet deux sanctuaires : l'église où il trouve Jésus-Christ, et sa chambre où, dans le silence, il goûte de douces consolations.

Il est près du cimetière afin d’intercéder pour les âmes des morts, afin de veiller sur leurs cendres, jusqu’au jour de la résurrection.

Pour l’ameublement, guidez-vous d’abord sur ce que vous permettent vos ressources financières mais surtout d’après ce qu’exigent les convenances sociales de votre état, du temps et de votre paroisse. Evitez tout ce qui serait opposé à l'esprit de pauvreté ecclésiastique, c’est-à-dire, tout ce qui ressentirait la recherche et la mondanité. Veillez surtout à ce que dans votre presbytère il y ait de l’ordre et de la propreté. Que dans chaque pièce il y ait un objet de dévotion ; qu'il y ait dans votre chambre un crucifix bien en vue, quelques tableaux pieux, un bénitier toujours garni et bien propre, en un mot, que votre chambre soit comme un oratoire où vous puissiez vous recueillir dans le silence et pratiquer sans autre témoin que votre bon ange, les dévotions que le Saint-Esprit vous suggère et qui sont davantage de votre goût.

Vous ne vous déciderez à recevoir à demeure sous votre toit quelques personnes de votre parenté qu'après avoir mûrement réfléchi devant Dieu et vous être assurés que leur présence ne nuira ni à la bonne édification des fidèles, ni à l'indépendance du ministère sacerdotal, ni au libre accès des paroissiens et des pauvres, ni aux habitudes de bon accueil et de cordiale hospitalité qui doivent régner dans un presbytère. Puis vous exigerez qu’elles donnent toujours le bon exemple, qu’elles observent la plus sévère discrétion, qu’elles ne se mèlent jamais des affaires

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de la paroisse et qu’elles ne soient pas une occasion pour les femmes étrangères de fréquenter la maison presbytérale.

Vous ne pouvez accepter à votre service, sans une permission spéciale de l’évêque, que des personnes réalisant les conditions fixées par le droit. A leur égard vous accomplirez charitablement tous les devoirs a’un maître chrétien : vous les maintiendrez à la place qui leur convient ; vous ne les admettrez ni à votre table, ni dans votre intimité et vous n’autoriserez jamais de leur part un ton de familiarité déplacé : vous ne vous prêterez pas À écouter leurs informations et leurs appréciations sur les personnes ou les choses locales et vous veillerez à ce qu’elles n'exercent ni sur elles si sur les affaires de la paroisse une influence dont l'effet inévitable serait l’amoindrissement de votre dignité personnelle et de votre autorité pastorale. Que la ser zante soit vraiment une servante et non une gouvernante.

Des relations du prêtre 1.— Avec ses confrères :

Les prêtres de chaque diocèse formant une véritable famille sous la paternité spirituelle de l’évêque, auront soin de maintenir entre eux cette charité et cette union que Notre-Seigneur leur a recommandées avec une si touchante insistance et dont il a voulu faire le signe distinctif de ses véritables disciples : In hoc cognoscent omnes quia discipuli mei estis, si dilectionem habueritis ad invicem.

Vous ne vous contenterez donc pas d'éviter dans vos jugements, dans vos paroles, dans vos procédés, tout ce qui serait contraire à la justice, à la bienveillance à l’égard de vos confrères, tout ce qui pourrait les desserv:r et les contrister ; mais vous saisirez avec bonheur les occasions de leur témoigner l’estime, le respect et l’affestion que vous leur portez ; vous supporterez avec charité ieurs défauts, leurs imperfections et leurs

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infirmités, ce qui peut choquer ou froisser dans leur caractère et leur manière d'agir, dans les idées et les sentiments qu'ils manifestent ; vous serez indulgents à pardonner les torts dont ils seraient coupables ; vous vous associerez de cœur à leur ministère ; vous prendrez une part sympathique à leurs consolations ou tristesses ; vous leur prêterez au besoin un concours empressé et dévoué.

Vous préférerez la société de vos confrères à toutes les autres; vous les visiterez, les recevrez avec les sentiments d’une fraternité franche et généreuse. Dans ces visites et ces réunions vous trouverez le meilleur préservatif contre les ennuis et les dangers de l'isolement, le meilleur soutien de l'esprit sacerdotal, à condition que vous ayez soin de ne pas trop les multiplier, que vous ayez en vue non seulement de vous procurer un agréable et légitime délassement mais aussi de resserrer les liens de la charité, de vous aider mutuellement et de vous stimuler à la piété, à l’étude et la pratique du zèle. Vous éviterez dans ces réunions un laisser-aller excessif de tenue et de langage ; vous éviterez surtout ce détestable esprit de contradiction qui trouve à redire à tout ce que les autres font ou ne font pas. Si vous pouviez toujours épargner aux fidèles le spectacle mal édifiant de la division entre les prêtres qui ont pour mission de prêcher et de procurer la paix ! Quelqu'un demandait un jour comment on pouvait s'abstenir de juger défavorablement le prochain et de ne rien dire du mal. “ Ayez toujours deux portraits sous vos yeux, lui fut-il répondu, le vôtre et celui du prochain. ” Ah! si vous considériez attentivement votre portrait, vous ne seriez pas enclins à critiquer celui des autres.

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