‹ À mes prêtresChapitre 18 sur 62 · doit être persévérant · texte numérisé non relu

doit être persévérant

Le prêtre ne doit jamais se décourager à la vue des contrariétés qu'il éprouve, des résistances qu'on lui oppose. Son zèle doit être persévérant et les difficultés ne doivent ni l'ébranler ni l'abattre. Le zèle étant un effort, une lutte contre tout ce qui s'oppose au bien, il ne peut manquer de rencontrer à chaque instant des obstacles " Il n'aurait pas de mérite, remarque très bien Massillon, s'il ne trouvait pas des contradictions et des épreuves."

Comme ce caractère de persévérance dans le zèle paraît dans tous les Apôtres ! Rappelez-vous, par exemple, saint François

de Sales dans cette admirable mission du Chablais qui devait aboutir à la conversion de tant d'hérétiques. Il y est aux prises avec mille difficultés ; on lui oppose la force d'inertie ; on se ligue pour ne pas assister à ses prédications. Evidemment le démon et ses supports voudraient lui faire perdre toute espérance de réussir et l'obliger à se retirer. Que va-t-il faire ? Se décourager ? Non, au contraire, il écrit à un de ses amis : " nous sommes absolument résolus de travailler sans relâche à cette œuvre, de ne pas laisser une pierre à remuer, de supplier, de reprendre, avec toute la patience et la science que Dieu voudra bien nous donner. " On sait de quel merveilleux succès fut couronnée cette héroïque persévérance.

Terrible épreuve que celle de l'insuccès ! Faire tous ses efforts, prier, se sanctifier, ne pas aboutir ! Quelle âme peut y résister ! Le découragement vient ; le découragement parfois précède même l'effort, en face des insuccès des autres !

Rappelons-nous que Dieu ne nous ordonne pas de vaincre mais de combattre ; que notre travail infructueux, vivifié par des intentions surnaturelles, est souvent plus méritoire qu'une merveilleuse fécondité ; que l'insuccès nous gardant dans l'humilité nous est personnellement meilleur ; que le succès dont nous ne jouissons pas peut exister réellement et qu'il sera la récompense de ceux qui viendront après nous ; qu'en vertu de la communion des Saints, nos travaux apostoliques sont féconds ; ils enfantent des âmes à Jésus-Christ. Nous ne les connaîtrons peut-être pas sur la terre, mais, dans l'éternité, elles nous feront cortège. Souvenons-nous que la grande mission de l'homme sur la terre, et à fortiori du prêtre, est de glorifier Dieu. Quand Dieu est-il plus glorifié que par l'amour d'un prêtre travaillant uniquement pour lui, sans espoir de succès ? Souvenons-nous que les grandes victoires s'obtiennent souvent au prix de défaites partielles ; il faut des sacrifices pour assurer le triomphe de la patrie ; dans la grande lutte du ciel et de l'enfer, la victoire est assurée pour Dieu, mais il peut y avoir des défaites partielles qui contribueront au triomphe final.

Abandonnons donc entre les mains de Dieu tous nos mérites et laissons-lui le soin de couronner nos entreprises comme il le

veut. Que nous importe le triomphe immédiat ou la réussite personnelle. ?I1 faut voir grand dans l'ordre surnaturel et tout placer dans la perspective éternelle. Le mieux toujours est de nous dépenser non pas en vue de notre propre gloire, mais exclusivement dans le but de collaborer avec Jésus à l'œuvre du salut du monde.

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