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QUE VOTRE VOLONTE SOIT FAITE SUR LA TERRE COMME AU CIEL

Cette troisième demande est la dernière de celle qui se rapportent à Dieu parce que, si nous en obtenons l'objet, il n'y a plus rien que nous puissions désirer pour lui. Elle est le complément parfait des deux premières ; car pour que Dieu soit glorifié, pour que son règne arrive, il faut nécessairement que sa volonté soit faite, suivant ces paroles du Sauveur lui-même : " Ce n'est pas celui qui me dit seulement : Seigneur, Seigneur, qui entrera dans le royaume des cieux, mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans le ciel. " (Math, vu, 21).

Quoi de plus juste, de plus naturel pour nous de faire la volonté de Dieu ! C'est un devoir pour nous et par conséquent c'est notre intérêt ; car le devoir et Tintérêt ne font qu'un ; si on peut les distinguer, on ne peut les séparer. Qui dit devoir dit la cause du bonheur et qui dit bonheur dit l'effet du devoir.

Dieu a tiré l'homme du néant, il l'a créé pour une fin et il lui a donné les facultés qui lui permettent d'atteindre cette fin. Alors il a dû évidemment régler en même temps l'emploi de ces facultés. Ce règlement est la volonté de Dieu ou la loi qui le gouvernera et lui permettra de travailler à la gloire de son Créateur.

Tous les êtres qui ne sont pas doués d'intelligence travaillent à cette gloire de Dieu et ils y travaillent nécessairement. Rien ne peut arrêter la marche triomphale des étoiles dans le ciel ; rien ne peut empêcher le printemps de mettre la nature en fête ni les oiseaux de chanter dans la feuillée ; tous les êtres inintelligents suivent invariablement la voie qui leur a été tracée, jamais ils ne sortent de l'orbite où ils gravitent.

Il en est autrement de l'homme ; il a reçu la liberté de Dieu qui l'a fait à son image. Au milieu du concert de tous les êtres qui l'acclament et bénissent la cause admirable de leur existence

il peut introduire des notes discordantes, pendant que toutes les créatures disent, selon la parole des Livres Saints : nous voilà, que votre volonté soit faite, lui a la faculté de dire le mot de révolte: non serviam, je ne servirai pas, je vivrai comme je l'entends, je suivrai les penchants de ma nature ; les impossibilités seules m'arrêteront ... Il est sorti de Dieu pour retourner à Dieu ; il a un esprit pour connaître Dieu, un cœur pour l'aimer, une volonté pour le servir. Il doit vivre de Dieu et pour Dieu qui l'a fait semblable à lui-même. Et il peut se détourner de cette fin.

C'est pour cela que Notre Divin Sauveur veut que nous suppliions Dieu dans la sublime prière qu'il nous a enseignée, de nous aider à faire sa sainte volonté. Nous savons que Dieu n'a qu'un désir, c'est notre bonheur ; nous savons que sa tendresse pour nous surpasse tout ce que nous pouvons rêver, que si à ses désirs nous ne mettions pas d'empêchements par nos révoltes et notre indifférence, la terre serait continuellement submergée par les flots de sa bonté. Aussi nous lui demandons de connaître cette volonté et de nous donner la force de l'accomplir.

Saint Thomas nous donne les raisons pour lesquelles Jésus a mis cette invocation dans l'Oraison Dominicale. D'abord, dit-il c'est parce qu'il veut que nous parvenions à la vie éternelle : hœc est voluntas Patris mei qui misit me ut onmis qui videt Filium et crédit in eum habeatfinem œternum. " La volonté de mon Père qui m'a envoyé est que quiconque voit le Fils et croit en Lui ait la vie éternelle. " (Jean, vi, 4).

Ensuite, dit saint Thomas, Dieu veut que nous revenions à cet état, à cette dignité de justice dans lesquels avait été le premier homme. Alors il n'y avait pas de lutte entre l'âme et la chair, entre l'esprit et les sens. Aujourd'hui chacun peut dire avec l'Apôtre : "Je sens dans mes membres une loi qui résiste à la loi de mon esprit. " (Rom vi). " La chair convoite contre l'esprit et l'esprit contre la chair. "(Gai. v). C'est là l'état de perpétuel combat où l'homme est réduit et où souvent son âme succombe et devient la vaincue du péché. En disant à Dieu que votre volonté soit faite, nous lui demandons qu'il fasse que la chair en nous soit soumise à l'esprit et que l'esprit soit soumis à Dieu.

Pour cela nous devons observer les commandements de Dieu ;

qui veut la fin veut les moyens. Le médecin qui veut rendre la santé au malade veut les remèdes qui peuvent le guérir et le malade doit les vouloir également. Or Dieu qui veut que nous ayons la vie éternelle sait que nous ne pouvons y parvenir qu'en observant ses commandements qui ont pour but de nous y conduire ; Dieu veut que nous les observions. C'est ce que disait Jésus au jeune homme qui lui demandait ce qu'il devait faire pour obtenir la vie éternelle : " Si tu veux parvenir à la vie éternelle, observe les commandements." (Math, xix, 17). Et c'est pour avoir la force de les observer que nous demandons la grâce de Dieu qui fortifie nos efforts.

Dieu avait parlé ; il avait donné ses commandements aux ancêtres par la bouche de ses Prophètes ; il a voulu parler aux des-< cendants par la bouche de son Divin Fils. " Je ne suis pas venu, dit Notre Divin Sauveur pour détruire la loi, je suis venu pour la rendre complète. (Math, v, 17). Aussi, montant au haut d'une montagne pour être entendu de tout l'univers, il a promulgué toutes les Béatitudes qui donneront aux âmes le ciel sur la terre en attendant le ciel même et il a passé en revue le Décalogue pour ajouter l'esprit à la lettre de ses commandements.

Ce n'est pas tout, il a joint l'exemple à la parole. Sous chacun de ses pas s'est élevé un parfum de vertu, tantôt le parfum de l'humilité, tantôt celui de la pauvreté, tantôt celui de la chasteté, ou plutôt ceux qui le suivront seront ravis sans cesse par l'attrait de toute sa perfection. Aussi sur le point de mourir sur le calvaire, promenant attentivement ses regards sur les deux Testaments et \oyant qu'il a donné au premier tout complément, et au second toute plénitude, il s'est écrié joyeux : "Tout est fait".

L'Eglise, épouse de Jésus-Christ, a hérité de son enseignement. En son nom, elle prêche à tout homme qui vient à elle ou à qui elle va, le devoir qui est le chemin du salut. Jésus-Christ lui a dit : "Qui vous écoute, M'écoute ; apprenez à tous à observer ce que j'ai commandé." L'Eglise parle, c'est donc Dieu qui parle et il faut odéir.

C'est surtout lorsque nous éprouvons plus de peine à observer les commandements de Dieu et de l'Eglise, c'est surtout lorsque

nous sommes tentés, c'est surtout lorsque la nature révoltée voudrait nous entraîner dans des égarements regrettables, c'est alors surtout que nous avons plus besoin que jamais de répéter à Dieu cette demande du Pater : que votre volonté se fasse. Oui, ô mon Dieu, faites que je n'oublie pas les ordres de votre volonté souveraine pour obéir à la voix du monde, à la voix des passions, à la voix de mes sens révoltés, à la voix du péché, et que je me souvienne toujours, au contraire, de ce que vous demandez de ce que votre volonté attend de ma soumission et de mon obéissance. Que votre volonté soit faite dans tous ces événements que votre sagesse a décrétés de toute éternité et auxquels je me soumets avec amour ; que votre volonté soit faite dans ces actions laissées à mon libre arbitre et que je veux accomplir pour votre plus grande satisfaction, pour votre honneur et pour votre gloire comme aussi pour mon intérêt personnel et pour ma sanctification.

Quelle belle prière le pieux Ferdinand II avait composée ! Il disait : " Seigneur, si votre gloire et mon salut demandent que je vienne plus grand, plus puissant que je suis, élevez-moi ; je vous glorifierai. Si votre gloire et mon salut demandent que je sois maintenu dans l'état où je suis, je vous prie de m'y conserver et je vous glorifierai. Mais si les humiliations doivent contribuer à votre louange et à mon bien, humiliez-moi et je vous glorifierai."

Madame Elizabeth dans sa prison d'où elle ne devait sortir que pour aller à l'échafaud, répétait chaque jour cette prière : " Que m'arrivera-t-il aujourd'hui, ô mon Dieu, je n'en sais rien. Tout ce que je sais c'est, qu'il ne m'arrivera rien que vous n'ayez prévu, réglé et ordonné de toute éternité. Cela me suffit, ô mon Dieu, cela me suffit. J'adore vos desseins éternels et impénétrables et je m'y soumets de tout mon cœur pour l'amour de vous; je veux tout, j'accepte tout, je vous fais un sacrifice de tout et j'unis ce sacrifice à celui de Jésus-Christ, mon Divin Sauveur. Je vous demande en son nom et par ses mérites infinis, la patience dans mes peines et la parfaite soumission qui vous est due pour tout ce que vous voulez ou permettez. "

On voit par cette prière où est la source de la soumission par-

faite à la volonté de Dieu. Elle est clans la persuasion ou plutôt la conviction profonde que Dieu peut tout ce qui est pour notre bien, qu'il sait tout ce qui nous convient le mieux, qu'il nous aime tant qu'il veut toujours ce qui nous est le plus utile. Avec cette conviction, nous sommes sûrs que tout ce qui nous arrive, étant voulu de Dieu, ne peut être que pour notre bien, même quand nous ne comprenons pas comment cela y contribue : " Diligentibus Deu?n, omnia cooperantur in bonum, tout tourne au bien de ceux qui aiment Dieu, "

Notre-Seigneur dit un jour à sainte Catherine de Sienne: " Croyez, ma fille, que Dieu peut, connaît et veut tout ce qui est votre bien beaucoup plus que vous et que, par conséquent, l'adversité et la prospérité sont réglées et dirigées pour votre bien avec beaucoup plus de sollicitude qu'un père et qu'une mère n'en mettent à procurer le bonheur de leur fils uniquement aimé. "

Tous les saints nous enseignent que nous devons avoir plus de confiance en Dieu que si notre sort était entre les mains de notre meilleur ami, en supposant que cet ami aurait la toute puissance pour veiller sur nous et nous préserver. " Le ciel et la terre, dit Louis de Blois, périraient plutôt que Dieu n'abandonnât une âme toute résignée et qui a mis son entière confiance en lui. Quelles que soient les fautes, les tentations, les angoisses de cette âme ; quelles que soient ses douleurs, ses persécutions, ses nécessités, pourvu qu'elle se livre entièrement et en toute sécurité à la paternelle providence de Dieu, croyant avec une ferme foi que le Seignem* a l'intelligence, le pouvoir et la volonté de la secourir, cette âme blesse le cœur de Dieu et force le ciel à lui être favorable. Il est absolument impossible que cette âme soit abandonnée de Dieu alors que tout, même le ciel, semblerait vivement irrité contre elle.

Que cette vérité est bien de nature à nous consoler sur cette terre appelée avec tant de raison la vallée de larmes. Des larmes, il y en a dans tous les yeux : ici les larmes de la misère chez celui qui gagne péniblement son pain à la sueur de son front. Là, les larmes de la maladie aux prises avec d'indicibles souffrances. Plus loin les larmes du deuil qui pleure son époux, un fils, un ami enlevé par la mort. Ailleurs les larmes de l'amour-propre froissé.

de l'ambition meurtrie, de la conscience coupable qui gémit de ses fautes, les expie et recommence chaque jour le rude travail de sa sanctification . " Omne caput languidum et omne cor mceren-s, " dit l'Ecriture Sainte. Oui, il y a des larmes dans tous les cœurs.

Malgré le naturel désir qui nous tourmente, malgré l'irrésistible besoin que nous éprouvons d'être heureux, tous, nous souffrons. Il n'y a pas de vie humaine qui ne soit éprouvée ici-bas par quelque misère, maladie, infirmité, humiliation, déception, inquiétude, tristesse.

Mais nous devons croire, confesser qu'une volonté souveraine, intelligente, sage et bienveillante, préside à toutes les épreuves de notre vie.

Nous devons nous rappeler les fautes que nous avons commises et qui demandent des expiations. L'épreuve purifie ceux qui s'y abandonnent comme le creuset purifie l'or confié à ses flammes. Et c'est pour diminuer les peines que nous aurions à subir dans un autre monde que Dieu nous éprouve. L'épreuve acceptée est un avoir de déduction de notre dette du purgatoire.

Nous nous appelons chrétiens parce que nous sommes du Christ qui nous a enfantés à une vie nouvelle et veut nous conduire à la conquête de son royaume éternel. Nous n'y arriverons que par le chemin qu'il nous a tracé, chemin de l'épreuve et de la douleur. " Il était nécessaire que le Christ souffrît et entrât ainsi dans la gloire ; nous l'y suivrons, mais à la condition que nous souffrirons avec lui. " Oportuit Christwn pati et ita intrare in gloriam suam. Sic compatvmur et conglorificemur. "

Par delà les horizons de la douleur, nous devons apercevoir la récompense, le ciel, la gloire, et l'épreuve est la monnaie divine qui paie cette gloire. Plus grande est l'épreuve, plus grande sera la gloire. " Momentaneum et levé tribulationis nostrœ supra modum in sublimitate œternum gloriœ pondus operatur in nobis. C'est quelque chose de bien court et de bien léger notre tribulation en regard du poids sublime d'éternelle gloire qu'elle opère en nous.

Quel bon conseil donnait saint François de Sales aux personnes affligées : " 1) Adorez, disait-il, mille et mille fois le décret de la Divine Providence Jetez-vous sans cesse dans les bras de Dieu et dans son cœur, lui disant : Amen, ainsi soit-il ; 2) Unissez

chaque instant votre croix à la croix de Jésus-Christ, pensant que la vôtre comparée à la sienne est bien petite et bien légère. 3) Prosternez-vous devant Dieu, lui disant avec simplicité : Oui, Seigneur, si vous le voulez, je le veux et si vous ne le voulez pas, je ne le veux pas. 4) Faites beaucoup d'actes envers la Très Sainte Vierge et les Saints en qui vous avez plus de confiance, usant dans ces oraisons jaculatoires de paroles d'amour. 5) Imaginez-vous que ] 'aimable Enfant Jésus est assis sur votre cœur et qu'il s'y repose pour vous consoler. 6) Prenez à la main votre crucifix, l'image de votre Sauveur attaché à la croix ; baisez avec beaucoup de respect cette image ; levez encore les yeux au ciel et placez le crucifix sur votre poitrine afin que ce Dieu consolateur reçoive vos soupirs.

Qu'elle fut admirable la résignation du grand Monarque saint Louis à la mort de sa tendre mère ! Son premier mouvement fut de verser un torrent de larmes ; mais, revenu bientôt à luimême , il se prosterna devant l'arbitre souverain de la vie et de la mort, en disant: "Je vous rends grâce, ô mon Dieu de m'avoir conservé jusqu'ici une mère si digne de mon affection. C'était un présent de votre miséricorde ; vous le reprenez comme votre bien ; je n'ai point à m'en plaindre. Il est vrai que je l'aimais tendrement ; mais puisqu'il vous plaît de me l'ôter, que votre saint nom soit béni dans tous les siècles. "

Un bon serviteur de Dieu était vivement affligé de ce qu'on l'avait horriblement calomnié et de ce que par suite de ces calomnies, tout le monde le méprisait et le persécutait. L'âme remplie d'amertume, il s'adressa à Notre-Seigneur et lui dit : " O mon Sauveur, jusques à quand permettrez- vous que je sois ainsi traité ? Vous savez bien que je ne suis pas coupable de ce qu'on m'accuse." Il lui sembla alors voir Jésus-Christ tout couvert de plaies et l'entendre lui adresser ces paroles: " Et moi, pour quelle faute ai-je donc été ainsi traitée ?" A cette vue, en entendant ces paroles, il commença à regarder comme son bonheur d'être calomnié, persécuté, méprisé, et disait qu'il ne changerait pas son état contre celui de tous les rois de l'univers.

Quand nous serons visités par l'épreuve, quand nous sentirons les atteintes de l'adversité, au lieu de murmurer et de nous plain-

çke, disons donc comme les saints, dans un sentiment de résignation et de soumission à la volonté divine : que votre sainte volonté se fasse, ô mon Dieu.

Et en jetant ce cri à la voûte des cieux, ce n'est pas pour nous seuls que nous le poussons, c'est pour tous les chrétiens en général, c'est pour tous nos frères indistinctement. Car ce que nous devons désirer du fond du cœur, c'est que tous les hommes, sans exception, se soumettent à la sainte volonté de Dieu et qu'ils comprennent que leur bien consiste essentiellement à n'avoir d'autre volonté que la sienne, " non mea volunlas, sed tua fiai. " (Saint Luc, xxn, 42).

Et il ne suffit pas d'accomplir la volonté de Dieu, il faut l'accomplir avec toute la perfection possible, il faut l'accomplir sur cette terre comme on l'accomplira dans le ciel: "Que votre volonté se fasse sur la terre comme au ciel. " Or nous savons comment les Anges accomplissent la volonté de Dieu dans le ciel.

Ils l'accomplissent avec promptitude, c'est-à-dire, sans le moindre délai, sans le moindre retard, sans faire aucune observation, sans vouloir examiner les raisons qu'il a de les commander. Ils se tiennent debout devant le trône de Dieu et ils se précipitent à l'accomplissement des ordres qui leur sont donnés. " En même temps qu'ils entendent sa voix, dit David, ils font ce qu'elle leur commande". Ad audiendam vocum sermonis ejus". (Ps. 102). Ils ne raisonnent pas, ils exécutent ; ils ne délibèrent pas, ils agissent. C'est pour cela qu'on représente les anges avec des ailes bien qu'ils n'en aient pas, pour signifier l'empressement de leur obéissance. Voilà comment nous devons nousmêmes faire la volonté de Dieu, sans hésiter, sans balancer, sans attendre un seul moment, sans faire aucune observation, sans vouloir examiner les raisons qu'il a de nous commander.

Ils l'accomplissent avec amour et allégresse. Ce n'est pas la crainte des châtiments de Dieu qui les y détermine, puisqu'ils sont assurés de rester toujours dans la gloire, c'est uniquement le désir de lui plaire. Ce désir doit dominer en nous et être notre unique motif d'accomplir la volonté divine ; nous devons l'ac-

complir uniquement pour lui plaire et dans la vue de lui être agréable. L'accomplissement de la volonté divine qui procéderait exclusivement de la crainte ne saurait plaire à Dieu. Il n'aime pas qu'on le serve avec trop de crainte ; il chérit au contraire celui qui fait joyeusement et courageusement sa volonté, suivant ce que dit saint Paul : "H Harem datorem diligit Deus. " (II Cor. 9-7).

Ils l'accomplissent avec persévérance et fidélité. Jamais ils ne se lassent, jamais leur ardeur ne se dément ni se refroidit, elle est toujours aussi vive, aussi entière. C'est encore ainsi que nous devons accomplir la volonté de Dieu puisque, " celui-là seul sera sauvé qui sera généreux et persévérera jusqu'à la fin. "

Que notre volonté soit comme celle des Anges, un Amen vivant, empressé, total, généreux à la volonté de Dieu, sicut in cœlo et in terra. Et les fruits de cet Amen, les Anges eux-mêmes nous l'ont indiqué, c'est la paix : "Et in terra pax hominibus bonœ voluntatis, paix aux hommes de bonne volonté. "

Prenons donc la généreuse résolution de témoigner à Dieu notre amour en nous appliquant toujours à faire sa sainte volonté. Semblables à ces fleurs qui évolvent sur leurs tiges et tournent leur corole vers le soleil pour recevoir sa lumière et ses baisers, suivons le mouvement du soleil divin ; tournons-nous sans cesse vers lui pour savoir ce qu'il désire et faisons-le. Ne lui refusons rien ; consentons à tous les actes généreux, à tous les sacrifices et prouvons-lui que nous l'aimons mieux que des serviteurs qui n'obéissent qu'aux ordres de leur maître. Nous lui serons agréables ; nous vivrons saintement ; nous pratiquerons cette perfection que Jésus-Christ demande de nous par ces paroles: " Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait ". Cette pratique de l'accomplissement de la volonté de Dieu embrasse en effet tout ce qui est nécessaire au salut.

Disons donc à notre Père qui est aux cieux : ce que vous faites est bien fait. Faites qu'en tous temps, en tous lieux et pour toutes choses, nous accomplissions votre sainte volonté. Que nos pensées, nos sentiments, nos actions, s'y montrent continuellement fidèles. Qu'en chacune de nos actions, vous voyez réalisé ce que vous attendez de nous. Que toutes nos

journées vous apparaissent, par notre soumission parfaite à vos ordres, avec la splendeur du firmament lorsque sa sérénité n'est altérée par aucun nuage. Que nous fassions votre volonté, notre Père, comme elle est faite au ciel, avec le même zèle, avec le même empressement et le même amour.

C'est là le désir de cœurs qui vous aiment et qui veulent vous témoigner cet amour par des actes.

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