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CHAPITRE PREMIER

Grandeur du saint sacrifice de la Messe

Quel amour immense, inexprimable Notrc-Seigneur nous a témoigné dans l'institution de la Sainte Eucharistie ! Comment la charité ineffable de l'Homme-Dieu aurait-elle pu se manifester d'une manière plus touchante, plus admirable ?

Avant de se plonger dans cet océan d'amertume qui menait à la mort, le Cœur sacré de Jésus laissa briller de tout son éclat vson amour incompréhensible dans l'institution du sacrifice et du sacrement de l'Eucharistie, comme le soleil se couche dans les feux ardents du crépuscule. Quelques instants avant sa mort, douloureuse et ignominieuse, dans la nuit où il fut livré, il nous laissa dans le sacrement de l'autel le bien le plus grand et le plus vénérable.

Son heure était venue ; il allait quitter ce monde et introduire son humanité sainte dans la clarté et la magnificence qu'il avait près de son Père avant la création du monde. Bon Pasteur, il avait aimé les siens qui étaient sur cette terre, il les aima jusqu'à la fin d'un éternel amour : " Quum dilexisset suos qui erant in mundo, in finem diUxit eos. " Oui, il aima les siens, les apôtres et tous ceux qui devaient croire à sa parole, jusqu'à la fin, non seulement de sa vie, mais jusqu'à la fin des temps ; car il restera sur l'autel aussi longtemps qu'ils seront pèlerins sur la terre étrangère, loin de la patrie céleste où il les précédera pour leur préparer des demeures dans la maison de son Père et de leur Père. Il demeurera sous les voiles eucharistiques, Agneau sacré et pain quotidien des âmes pour les enfants de La Rédemption, jusqu'au jour où le festin sacramentel recevra sa consommation dans le royaume de Dieu ; jusqu'au banquet

des délices éternelles où le Seigneur Lui-même se ceindra pour les servir. Il aima les siens jusqu'à la fin, jusqu'aux limites extrêmes du possible au point de ne pouvoir les aimer davantage.

Pouvait-il en effet nous donner quequel chose de mieux ou de plus que le sacrement de son corps et de son sang, Lui-même avec son humanité et sa divinité, ses richesses immenses, toutes les richesses de son amour ? Le Calvaire ne lui suffisait pas ; il tardait trop à venir. Avant de laisser couler son sang par mille blessures, Il voulait déjà le répandre d'une façon mystique dans le calice ; avant que son corps fût consumé sur la croix comme une hostie d'une agréable odeur, Il le rompit et le distribua à la table de la Cène sous les apparences du pain. Et ce sacrifice non sanglant, selon la volonté suprême du Martre, est le testament de son cœur brûlant d'amour et durera jusqu'à la fin du monde.

Toutes les œuvres du Seigneur sont grandes, disait le Prophète Magna opéra Domini ; toutes sont belles, mais il en est une entre toutes les autres qui est son œuvre par excellence : exquisita in omnes voluntates ejus ; et cette œuvre c'est le sacrifice dont il disait en l'instituant : " Hoc facite in meam commemorationem, faites ceci en mémoire de moi " ; C'est le sacrifice du pain et du vin qu'il laissait aux siens émus et tremblants pour s'en nourrir, en disant : " Accipite et manducate, prenez et mangez ; hoc est corpus meum, ceci est mon corps ; le même qui sera livré pour vous : quod pro vobis tradetur. Ce pain offert et mangé voilà son œuvre merveilleuse entre toutes, le mémorial de toutes ses merveilles.

Ce sacrifice eucharistique que saint Bernard, en sa langue extatique, appelle " le sacrement des sacrements et V amour des amours ", Jésus le voulut perpétuel ; car il dit à ses Apôtres : Ce que je viens de faire, faites-le en mémoire de moi ". " Par là, dit le Concile de Trente, il les ordonna prêtres ; il leur enjoignit à eux et à tous ceux qui leur succéderaient dans les fonctions sacerdotales d'immoler et d'offrir son corps en sacrifice."

La victime de l'autel, c'est la victime de la première messe de la Cène, la victime du grand drame du Calvaire ; l'offrande de la sainte messe, c'est le corps qui a été livré pour nous, c'est

le sang de la nouvelle alliance qui a été répandu pour nous ; c'est le corps et le sang de Jésus-Christ, c'est sa très sainte humanité, non pas dans la gloire dont elle rayonne au ciel, devant laquelle tremblent les anges, mais à l'état de victime, versant actuellement son sang pour nous bien que d'une manière non douloureuse, condamnée à la prison des espèces sacramentelles, à l'immobilité la plus absolue.

La sainte messe est l'acte religieux le plus digne et le plus parfait ; il procure au Très Haut un hommage et un honneur tels que des milliers de mondes créés ne pourraient le lui fournir.

Le sacrifice eucharistique est de sa nature l'hymne le plus magnifique que l'on puisse chanter à la goire de Dieu ; il est le résumé de tout le service divin, l'accomplissement de tous les devoirs religieux ; il est l'adoration la plus haute, l'action de grâces la meilleure, l'expiation la plus efficace, la supplication la plus puissante.

Et comme notre culte serait défectueux, si nous n'avions pas le sacrifice de l'autel par lequel le nom du Seigneur est grand et glorifié parmi tous les peuples ! Cette action seule l'emporte infiniment en dignité et en efficacité sur toutes les prières de l'Eglise et des fidèles. Jésus-Christ s'immole par nos mains sur l'autel et nous devenons un avec lui. Par là nos hommages, nos actions de grâces, nos prières et nos expiations acquièrent aux yeux de Dieu toute leur valeur et lui sont agréables. Le lierre abandonné à lui-même ramperait à terre et s'étiolerait misérablement ; appuyé sur un arbre fort, il s'y cramponne et s'élève avec son soutien. De môme notre culte resterait sans force et imparfait, il s'élèverait à peine au dessus de la poussière de la terre, si, par son union au culte de Jésus-Christ dans son saciifice, il ne montait jusqu'à Dieu comme l'odeur d'un parfum délicieux.

Père céleste, lui disons-nous par cette oblation, nous vous devons une adoration infinie à cause de votre majesté infinie, une reconnaissance infinie à cause de vos bienfaits sans nombre, une expiation infinie à cause de nos fautes si multipliées, nos prières les plus humbles à cause de nos besoins et de nos dangers sans cesse renaissants ; mais comme le tribut que nous vous

offrons est misérable et comme nous sommes indignes de paraître devant vous ! Cependant nous nous unissons à Jésus-Christ dans le sacrifice qui vous est offert et qui est infiniment agréable à votre cœur et nous vous supplions de daigner agréer, à cause de Lui, nos hommages si défectueux, avec tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons.

Ne nous est-il pas souvent arrivé, au souvenir des innombrables bienfaits de Dieu, de nous sentir connue écrasés par l'impuissance où nous étions de lui en témoigner notre reconnaissance ? Quel est celui d'entre nous qui n'ait pensé : " le merci d'une pauvre créature telle que moi, qu'est-ce que cela pour reconnaître ces grâces qui se succèdent dans mon existence, semblables aux anneaux d'une chaîne ininterrompue ! Je serais si heureux de pouvoir payer cette dette immense ! Je respirerais plus à l'aise me semble-t-il si je pouvais m'acquitter de ce devoir de justice et si j'avais l'assurance qu'aux regards de Dieu, je ne suis pas un ingrat. "

Nous pouvons nous rassurer. Le moyen de nous acquitter de cette dette, nous le tenons entre les mains. Offrons à la sainte messe Jésus à son Père et nous aurons le droit de nous estimer quittes à l'égard de Dieu. " Ce sacrifice, disait Bourdaloue, égale et même surpasse tout ce que nous avons reçu de la libéralité divine. Nous sommes redevables à Dieu de tout, c'est vrai ; mais lui présenter son Fils, n'est-ce pas lui rendre1 tout ? " Et que peut-il au-delà exiger de notie reconnaissance ? "

Un saint religieux écrivait il y a des siècles : Si la charité dont brûlèrent tous les saints sans aucune exception depuis le commencement du monde et dont ils brûleront jusqu'à la fin des temps ; si les mérites d'eux tous et toutes les louanges rendues à Dieu par eux étaient assemblés ; si l'on joignait le tourments des martyrs qui, a\ec une force héroïque, donnèrent leur sang et leur vie pour le Christ, les vertus des confesseurs, des patriarches, des prophètes, de moines, des ermites et de tous ces saints qui, par une autre sorte de martyre plus long et d'une certaine façon plus difficile, se torturèrent de leurs propres mains et, par les jeûnes, les veilles, les prières, brisèrent leurs

passions rebelles ; enfin si l'on additionnait toutes les adorations rendues à Dieu dans le passé, dans le présent et l'avenir et qui certes furent très agréables à sa Majesté, tout cela ne composerait pas une louange et des honneurs aussi parfaits que ceux que rend à Dieu une seule messe célébrée par le plus humble et le plus pauvre des prêtres. La raison de ceci est que, dans toute messe le Christ est le principal prêtre qui, comme tel, offre le sacrifice. A la messe, c'est le Christ qui rend culte et honneur immenses à son Père pour suppléer à notre insuffisance. Et il est certain que toutes les créatures ensemble ne peuvent rendre autant de gloire à Dieu que lui en rend son propre Fils, de sorte que le sacrifice de la messe, tant de la part de Celui qui offre que du même qui y est offert dépasse excellemment toute religion et tout culte qui pourraient être témoignés à Dieu par n'importe quelle créature ou par toutes les créatures ensemble."

Et comme tous les Pères de l'Eglise et les Saints ont bien compris cette merveille de l'amour divin qu'est la messe ! Avec quel enthousiasme ils en ont parlé ! Ils l'ont exalté par-dessus toutes choses ; ils l'ont proclamée l'œuvre la plus sainte et la plus agréable à Dieu et cela parce qu'on y offre Jésus-Christ, victime d'une valeur infinie et parce que le principal sacrificateur est ce même Jésus-Christ s'offrant par les mains du prêtre. " Le même Jésus-Christ qui s'offrit autrefois sur l'autel de la croix, dit le Concile de Trente, s'offre ici par le ministère du prêtre. "

D'après saint Bonaventure, le Seigneur nous fait dans chaque messe une grâce qui ne le cède en rien à celle qu'il nous fit dans son Incarnation ". Grande est la faveur qu'il nous fit en prenant la nature humaine, dit le saint Docteur, non moins grande, semble-t-il, est la faveur qu'il nous fait en descendant chaque jour sur l'autel. "

" Tout ce qu'il y avait d'énergie dans la voix du sang divin coulant sur le Calvaire par les plaies béantes du Dieu crucifié, tout ce qu'il y avait de puissance pour notre salut dans la mé-

diation de ce Dieu acceptant un supplice où l'excès de la confusion s'unissait à l'excès de la souffrance, tout cela, nous dit saint Jean Chrysostôme, se retrouve à la sainte messe : tantum valet celebratio înissœ quantum valet oblatio Christi in cruce. "

Et ce grand saint de dire encore : "Ce n'est pas la puissance d'un homme qui peut opérer cet amas de merveilles que la foi nous découvre sur l'autel ; c'est le Seigneur lui-même qui, comme autrefois à la Cène, sanctifie et change en principe de sanctification pour nous les dons matériels présentés par le sacrifice, Ipse est qui sanctifiait et immolât. Lors donc que vous voyez le ministre sacré élever vers le ciel l'oblation sainte, ne pensez pas que cet homme soit le prêtre véritable, élevez-vous au-dessus d:>s sens et voyez la main de Jésus-Christ invisiblement étendue ; c'est par Lui que tout est fait. " Et ce grand saint ne craint pas de dire : " Durant la messe, l'autel est entouré d'anges réunis pour honorer Celui qui est immolé. "

Et saint Grégoire affirme la même chose : " Quel fidèle peut douter qu'au moment du sacrifice, le ciel ne s'ouvre à la voix du prêtre et que de nombreux chœurs d'anges ne soient présents à ce mystère ? "

" Le sacrifice de l'autel, dit saint Augustin, n'étant que l'application et le renouvellement du sacrifice de la croix, une messe a la même efficacité que ce dernier sacrifice pour procurer aux hommes toutes sortes de bien et le salut éternel. "

" Dans chaque messe, se retrouvent, dit saint Thomas, tous les mérites acquis par Jésus-Christ mourant sur le Calvaire ; car tout ce que produit la passion de Notre Seigneur, le sacrifice de l'autel le produit également. " Aussi, ajoute le grand Docteur : " Une seule messe vaut autant pour le salut du monde que le sacrifice de la croix. "

Il est donc vrai qu'une seule messe procure plus de gloire à Dieu que n'ont pu lui en procurer, depuis six nulle ans, les astres par la régularité de leurs mouvements, le soleil par sa magnificence, l'océan par le soulèvement de ses flots, l'univers par son bel ordre et sa constante harmonie, les anges et les saints par leurs cantiques de louanges et leurs adorations perpétuelles.

Voici comment s'exprime saint Alphonse de Liguori sur ce

sujet : " Tous les honneurs qu'ont jamais rendus à Dieu les Anges par leurs hommages et les hommes par leurs vertus, leurs contrariétés, leurs martyres et leurs autres saintes œuvres n'ont pu lui procurer autant de gloire qu'une seule messe car tous les honneurs des créatures sont des honneurs finis, tandis que l'honneur qui revient à Dieu du sacrifice de nos autels, lui étant rendu par une personne divine, est un honneur infini. Il faut donc reconnaître que la messe est Faction la plus sainte, la plus agréable à Dieu ; c'est l'œuvre qui peut le plus efficacement apaiser la colère de Dieu contre les pécheurs et abattre les forces de l'enfer, l'œuvre qui procure les grâces les plus abondantes aux hommes sur la terre et les plus grands soulagements aux âmes du purgatoire ; enfin c'est l'œuvre à laquelle est attaché le salut du monde entier.

L'Auteur de l'Imitation de Jésus-Christ résume tous les bienfaits de la messe en disant : Le prêtre qui célèbre la messe Honorât Deum, il procure à Dieu la plus grande gloire qui puisse lui être procurée dans ce monde et dans l'autre, dans le temps et dans l'éternité ; il l'honore infiniment selon que le demandent ses infinies perfections.

Angelos Lœtificat, il réjouit tout le royaume céleste. " Les anges et les saints triomphent, dit saint Jean Chrysostôme, d'être nommés dans la célébration de ces saints mystères. C'est pour eux un surcroît de bonheur de voir que la terre s'associe d'une manière si digne à leurs hommages, à leur amour, à leur reconnaissance. "

Ecclesiam .ASdificat. Par le prêtre sacrificateur, l'Eglise reçoit les plus puissants secours pour la rendre victorieuse dans ses combats, pour conserver et animer le zèle de ses pontifes, augmenter et soutenir la vigilance de ses pasteurs, protéger la pureté de ses vierges, sanctifier tous ses enfants.

Vivos Adjuvat. Il aide les vivants par les grâces qu'il obtient de conversions pour les pécheurs, de persévérances pour les justes.

Defunctis Requiem Praestat. Le sang de Jésus-Christ n'estil pas la rosée la plus rafraîchissante qui puisse tomber sur les âmes affligées du purgatoire, éprouvée par le feu de la justice

du Seigneur ? Oh ! que de chaînes peut briser, que de larmes peut essuyer, que d'heureux peut faire un seul sacrifice saintement célébré !

Sese Omnium Bonorum Participem Facit. Oui, " Omnium bon-or um ", spirituels et temporels, et c'est là que nous sommes remplis de toute bénédiction, de toute grâce céleste.

Du pied de l'autel comme du pied de la croix partent en effet trois fleuves de grâces dont sont inondées les Eglises de la terre. du purgatoire et du ciel.

Pour l'Eglise militante, c'est la source de toutes grâces que lamesse ouvre chaque jour, grâces de lumière et de force, grâces, de pardon et de paix. Jésus alors est sur son trône de miséricorde et nous crie : " Qui sitit, veniet ad me, que celui qui a soif vienne à moi. Tout ce que vous allez demander à mon Père en mon nom vous sera accordé ". Et plus il y a de suppliants, plus il y a de nécessités présentées, de requêtes offertes, et plus abondantes, sont les grâces que Jésus répand sur les âmes individuelles et sur le monde entier.

Pour obtenir quelque chose de fini, nous offrons à la messe une Victime d'un prix infini. Comment le Dieu très libéral qui a promis une récompense à un verre d'eau donné, en son nom, laisserait-il nos supplications sans réponse lorsque nous lui présentons le calice plein du sang de son Fils, de ce sang qui implore grâce et miséricorde pour nous ?

De même qu'après le sacrifice de la croix, le Saint Rédempteur descendit dans les limbes pour y visiter et y consoler les âmes justes, ainsi à la sainte messe il visite les âmes souffrantes du purgatoire ; il les soulage et les délivre. Ces âmes souffrantes doivent accourir à l'autel où s'offre le sang rédempteur dont une seule goutte peut leur rendre la patrie éternelle.

L'Eglise triomphante elle-même trouve à la messe un nouveau triomphe dans les honneurs apportés aux Bienheureux dont la fête est célébrée. Marie, les Anges, les Saints s'inclinent eux aussi \ers cet autel d'où leur nom s'élève à la suite de celui de Jésus, ils sont là comme étaient saint Jean et les saintes femmes au sacrifice du Calvaire.

Le sacrifice de la messe, comme celui de la croix, opère donc

aussi cetiv merveille de faire descendre le ciel sur la terre, de réunir au pied de l 'autel les trois Eglises du ciel, de la terre et du purgatoire.

C'est ce que disent ces paroles du Pange lingua :

" Terra, pointus, astra, mundus Quo lavantur fluminc "

" Terre, mer, ciel, le monde entier est lavé par le fleuve qui coule sur l'autel ".

La terre est inondée ; la Victime Divine lui apporte toutes les grâces et toutes les bénédictions dont la misère humaine a besoin.

La mer en est inondée ; les hommes que les vaisseaux portent dans leurs flancs ne sont dépourvus d'aucun des bienfaits surnaturels que nous obtient l'Hostie.

Le ciel resplendit de joie et d'amour à la vue de l'Agneau immolé, et des acclamations infinies remplissent les espaces sans limites. Les anges chantent les grandeurs du Christ ; les Saints les célèbrent avec eux.

En bas, le purgatoire soulagé frémit d'un saint espoir. " Les âmes du purgatoire, dit saint Jérôme, ne souffrent pas pendant le sacrifice offert à leur intention. "

Et les pauvres pécheurs bénéficient des propitiations de l'Hostie Sainte, tiennent d'elle leur salut.

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