‹ À mes prêtresChapitre 8 sur 62 · C'est un devoir doux et agréable · texte numérisé non relu

C'est un devoir doux et agréable

Et comme cette belle vertu de charité rend aimables ceux qui la pratiquent !

Nous avons tous assez vécu pour rencontrer quelquefois des personnes vraiment chrétiennes qui semblaient ne pouvoir renfermer en elles-mêmes le trésor de bienveillance dont leur cœur était plein, qui ne savaient pas vivre isolées du reste des hommes, qui ne trouvaient leur bonheur que dans le bonheur des autres. Nous avons écouté les paroles qui tombaient de leur bouche et ces paroles étaient toujours pleines de charité. Nous avons considéré leur visage tranquille, l'ensemble de leur physionomie leurs gestes, et nous nous sommes sentis enveloppés d'une immense caresse. Nous avons suivi ces personnes dans le secret et dans l'intimité de leur vie et nous avons vu que la porte de leur cœur n'était jamais fermée aux malheureux ; que leurs yeux ne s'ouvraient que pour voir les qualités et les mérites des autres, comme leurs lèvres pour sourire, remercier et pardonner, comme leurs mains pour répandre partout des bénédictions et des bienfaits. Et quand nous avons été en présence de ce spectacle touchant, de cette bienveillance qui se répand partout, qui porte partout la paix, la joie et le bonheur, nous avons vu cette belle chose qu'on appelle la bonté, la charité qui nous fait ressembler à Dieu.

Dieu en effet possède la force, la grandeur, la puissance ; son immensité déborde de toutes parts les plus hautes conceptions de toute pensée finie. L'imagination demeure confondue devant tant de grandeur et l'âme est pleine d'épouvante en présence d'une si sublime majesté. Mais si Dieu n'était que cela, il nous

ferait trembler peut-être mais il ne nous ferait pas tomber à genoux ; il pourrait nous écraser sous sa puissance mais il ne saurait nous contraindre de l'aimer. Si nous tombons en prière devant lui, si notre cœur tressaille d'amour en sa présence, si nous nous consolons de n'être rien en présence de lui qui est tout, ce n'est pas parce qu'il est infini, le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs, c'est parce qu'il est charitable, parce qu'il nous aime, parce qu'il est, comme on a coutume de l'appeler, le bon Dieu. Nous devons donc être charitables, être bons, pour devenir semblables à Dieu dans ce qu'il a de meilleur, dans ce qui est le fond même de son être, dans sa bonté et dans sa charité.

Nous devons donc comprendre qu'un homme peut être fort, riche, puissant, qu'il peut avoir rangé sous son empire une grande partie de l'humanité, que la terre frappée d'étonnement se taise devant lui comme elle se tut autrefois devant Alexandre. Si cet homme ne sait pas compatir, s'il ne sait pas pleurer, s'il ne sait pas donner, s'il ne sait pas pardonner, il est digne de pitié parce qu'il est sans pitié et, bien loin de voir en lui un grand homme, on n'y voit même pas un homme ; il lui manque l'essentiel ; il lui manque ce avec quoi Dieu pétrit d'abord le cœur humain ; il lui manque la charité, la bonté, la seule qualité que rien ne remplace et qui remplace toutes les autres, la qualité sans laquelle l'esprit le génie même font plus de mal que de bien. Car sans la charité sans la bonté, ils éclairent comme le feu d'un incendie qui dévore, comme l'éclat de la foudre qui aveugle et augmente la nuit.

" Avez-vous jamais résisté à la bonté ? Vous l'avez aperçu maintes fois dans la vie, Ce charme qui se peint sur la physionomie, C'est le plus beau reflet de la divinité ! "

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