CONSIDÉRÉS AU POINT DE VUE MORAL
« Custodi quantum potes inte- » riorem hominem tuum... Si vis » bene Custodire, tace prius et » audi ut non delinquas in lin- » gUa, »
« Protégez de votre mieux »* votre vie intérieure. Si vous » voulez qu'elle soit bien gardée, » apprenez tout d’abord à vous » taire, à écouter, et à ne point » pécher par la langue. »
S. Bernard, De ordine vitae
et morum institutione.
MES CHERS AMIS
OUS espérons vous avoir montré combien Prétres de
é : / . demain, si le recueillement vous est nécessaire pour ven voie
assurer à votre âme Ja liberté de ses élans faire naître
vers Dieu et vers son Christ. Nous voulions ainsi He Fa
VOUS faire comprendre que Ia retraite où s’écoulent gieuse, com- VOS années de séminaire vous prépare à votre io ministère sacerdotal futur. per et par la : fortifier en vous-mêmes,
56 LE RECUEILLEMENT ET LE SILENCE oo
Qu'est, en effet, la vie normale d'une ime baptisée, sinon un progrès dans la connaissance et dans l'amour du vrai Dieu et du Christ Jésus qui, étant « la voie; la vérité et la vie », peut seul nous mener sûrement au terme, mettre nos intelligences en repos dans les assurances de la foi, entretenir et renouveler nos énergies pour l'amour et pour l’action ? d
Que serait done un apôtre qui n'aurait pas appris à capter, dans le recueillement, les rayons de la lumière qui éclaire tout homme à son entrée en ce monde ; à réchauffer son cœur sur le Cœur du V erbe incarné, plénitude débordante de gräce et de vérité ? Que porteriez-vous aux pécheurs, aux malades, aux souffrants, mes chers Amis, je vous le demande, si vous ne possédiez pas en vous le secret des paroles de pardon, de guérison, de relèvement ? Comment
: aideriez-vous dans leur ascension vers les sommets les Âmes généreuses à qui le devoir strict semble trop médiocre, si vous-mêmes n’entreteniez pas en vous, par une contemplation assidue des perfections divines, la faim et la soif du Bien infini et du progrès spirituel de vos âmes ? Ë
Voudriez-vous être des hypocrites ? — Non, n'est-ce pas ? — Or, pour prêcher efficacement la
foi, il faut l'avoir; pour faire aimer aux autres Dieu
rar-dessus toutes choses, il faut être convaincu soimême qu'on ne L'aimera jamais assez. Sous peine once de manquer totalement ou partiellement à votre vocation, vous avez l'impérieux devoir de mettre À profit les années de recueillement que vous procure l'Église dans cet asile du séminaire, Pour accumuler en vous la force d'expansion que vous êtes appelés à répandre ensuite dans le monde. Telle est la conclusion que vous aurez déjà tirée vous-mêmes de nos deux premiers entretiens. Ils sont destinés à fixer vos âmes dans les conditions
les plns propices à l'esprit de religion et d’apostolat P I g
qui doit animer le ministre des autels.
Nous voudrions, aujourd'hui, compléter ces enseignements et considérer, à cet effet, la pratique du recueillement et du Silence au point de vue plus spécial de votre formation morale, de votre “duration.
Nous vous sighalerons, d'abord : (D), es dangers de la dissipation et 1e ‘’in'onsidération dun langage ; puis (1), nous vous entretiendrons de la discipline de lu parole.
Les trois inclinations qui travaillent l'homme et qu'il doit incessamment combattre.