‹ A mes séminaristes [microforme]Chapitre 18 sur 31 · DIEU VOUS PARLE · texte numérisé non relu

DIEU VOUS PARLE

La parole Souvent, et de multiples façous, Dieu à parlé de Dieu est iadis à nos pères, par-la bouche des prophetes ; en d’abord dans d fer Hi îl ch d l lesÉcritures, dernier lieu, Il chargea de nous parler en son nom

son propre Fils, Celui à qui tout doit revenir, et par qui toutes choses ont été créées, le resplendissement de la gloire du Père, l'empreinte de sa substance, Celui qui, par la puissance de sa parole, maintient le monde dans l’équil'! re et qui, après avoir lavé nos souillures, est piacé au-dessus des anges, vrai Fils de Dieu, à la droite de la Majesté suprême ().

« Or, observe l’apôtre saint Paul, si déjà, sous.

(:) Ad Hebr. L, 1-4.

la loi ancienne, la parole d’envoyés célestes, qui n'étaient que des créatures, était sacrée, au point ‘que toute transgression des ordres de Dieu était légitimement châtiée, comment Pourrions-nous nous flatter, nous, d'échapper aux Coups de la justice, si nous avions le malheur de négliger le salut que le Seigneur lui-même NOUS a apporté, que les apôtres nous ont transmis en le confirmant par des miracles et par les dons du Saint-Esprit (1)? »

Sacrée et digne de tous nos respects est donc la parole de Dieu Consignée dans les livres inspirés ‘les deux Testaments ; Sacré l'enseignement oral des apôtres confié à l’Église ; sacrée, enfin, l'exposition authentique, faite par les successeurs des apôtres, du dépôt de la Tradition et des saintes Écritures.

Mais tous ces documents vénérables sont lettre morte si la communication intérieure de l'Esprit- Saint à l'âme fidèle ne les anime du souftle de la

(1) « Propterea abundantius oportet observare nos ea, quae audivimus, ne forte pereffluamus. Si enim qui per angelos dictus est sermo factus est firmus, et omnis Praevaricatio et inobedientia accepit justam mercedis retributionem : quomodo nos cffugiemus, si tantam neglexerimus salutem ? Quae cum initium accepisset enarrari per Dominum, ab eis, qui audierunt, in nos confirmata est, contestante Deo :ignis et portentis et variis virtutibus et Spiritus sancti distributionibus secundum suam voluntatem. » Ad Hebr. IL, 1-4.

Lett- : morte,sil'Esprit- Saint ne l’anime point dans l'âme du fidèle,

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Les paroles de Dieu suscitent en nous la vie surnaturelle.

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vie surnatutelle, comme jadis, sous l’action du Très-Haut, la parole d'Ézéchiel rassembla, dans la plaine, des ossements desséchés et leur insuffla la force d’un organisme vivant (‘).

Là git le secret de la vie intérieure.

Les paroles de Dieu sont esprit et vie, « verba wutem mea spiritus et vita sunt » (°).

Sans L’, ction première de la grâce de Dieu, nous ne pouvons rien dans l’ordre du salut (*). Nous ne sommes pas capables d’avoir, de nous-mêmes, une pensée qui soit salutaire (‘). La sève ne descend pas des branches ver: la racine : elle monte du cep et de là se répand dans toutes les ramifications de la vigne. « Demeurez en moi, dit le Sauveur Jésus, et. » je demeurerai en vous. Le sarment qui ne tient » pas au cep est impuissant à produire, de luiy même, du fruit; de même, si vous n'êtes pas » rattachés à moi, vous êtes inféconds. Je suis le » cep de vigne et vous êtes les pampres. Celui qui » réside en moi et en qui je réside produit une » récolte abondante. Mais si quelqu’un se détache

(1) Ezech. XXXVII, 1-15.

(2) Joan. VI, 64.

(5) « Sine me nihil potestis facere. » Joan. XV, 5.

(s) « Non sumus sufficientes cogitare aliquid ex nobis, quasi ex nobis, sed omnis sufficientia nostra ex Deo est. » I Cor. II, 5.

es

» de moi, on le rejettera, comme on rejette un » sarment, il se dessèchera, puis on le mettra au » fou et il y brûlera (!). »

Cette vie dont Notra Seigneur Jésus-Christ se déclare le principe, est la vie Surnaturelle ou chrétienne.

Au-dessus de ce monde corpcrel que nos yeux voient, que noS Mains palpent, il y a un monde invisible que la nensée humaine est capable de saisir. Les génies du monde Païen vivaient en commerce assidu avec l'absolu, et il n’est pas d'homme, si bas soit-il dans l'échelle de la civilisation, qui ne s'attache, à certaines heures, à la vision de réalités autres que celles qu'emporte le f 1x de la mativre.

Mais le summum de la spéculation rationnelle est la conscience d’un Être supérieur à l'univers perceptible par nos sens, d’une cause distincte de cet univers, objet terminal du mouvement qui S'y produit. Aussi, demandez à la raison ce que Dieu n’est pas, elle pourra vous le dire, et encore ne fera-t-elle le plus souvent que balbutier sa réponse. Mais ne lui demandez pas de vous expliquer ce que positivement et à proprement parler

Dieu est et de quelle vie Il vit, — elle resterait

(1) Joan. XV, 4-6.

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muette, comme l'animal devant un problème de métaphysique (!).

Ce que, dans sa vie intime, Dieu est, Dieu se *

(t) Dans son commentaire au Livre des Noms divins, de Denis l'Aréopagite, saint Thomas d'Aquin fait observer que tous les noms attribuabies par nous à Dieu doivent subir, pour Lui être appliqués sans erreur, le correctif d'une négation. Les Platonicl ciens concédaient que les expre sions étre, vie, intelligence sont soumises à cette condition, mais ils voulaient excepter de la loi générale la bonté, Nod, réplique saint Thomas, encore qur l’attribut de bonté soit le plus noble de tous, il n'est pas, sans plus, applicable à Dieu dans son sens nbvie. Pour rester dans le i vrai, il faut, après avoir affirmé que Dieu est bon, ajouter aussitôt qu’il ne l’est pas comme nous le sommes, mais l’est tout autrement. que les meilleures des créatures.

« Manifestum est enim quod hoc nomen bonum, cum sit a nobis impositum, non signat nisi quod nos mente capimus. Unde, cum Deus sit supra mentem nostram, superexcedit hoc nomen. Et quia Theologi consideraverunt quod omne nomen a nobis impositum deficit a Deu, ideo ipsi inter omnes modos quibus in Der. possumus ascendere per intellectum praeordinaverunt eum qui est per negationes, per quas quodam ordine in Deum ascendimus. Primo enim anima nostra quasi exsuscitatur et consurgit à rebus materialibus, quae sunt animae nostrae connaturalia : puta, cum intelligimus Deum non esse aliquid sensibile aut materiale, aut corporeum : et sic anima nostra negando

/ pergit, « per omnes divinos intellectus » idest per omnes ordines Angelorum, a quibus est segregatus Deus, qui est supra omne nomen et rationem et cogitationem. Ad ultimum autem anima nostra Deo conjungitur ascendendo per negationes «in ultimis totorum », idest in supremis finibus universaliorum et excellentiorum creaturarum. Et quidem conjunctio animae ad Deum fit, inquantum nobis possibile est nunc Deo conjungi.

Non enim conjungitur in praesenti intellectus noster Deo ut ejus

le sait, seul Il a PU nous le révéler, « Quae Dei sunt nemo cognovit nisi Spiritus Dei (!). »

Il est cet esprit subsistant par lui-même, qui en se pensant, engendre une personne distincte de luimême, la Sagesse consubstantielle au Père ; et de ces deux Personnes procède, par un souffle de mutuel amour, une troisième Personne, dont la subsistance clôt le cercle d- ‘a vie intime de Dieu, et forme comme le point de départ des actions extérieures que librement 1] aCcomplira au sein de sa création.

Or, voici la substance même de votre Credo : cette viedivine quiappartienten propreà la Sainte Trinité, est devenue notre partage par un don absolument gratuit dont l'éternité entière ne nous permettra pas d'apprécier suffisamment la valeur. Un jour, lorsque les voiles qui enveloppent momentanément deva n0S yeux la réalité se déchireront sous l’action plus pénétrante de la gloire céleste, nous verrons Dieu tel qu'il est, « videbimus Cum sicuti est » (*), nous

————— nee

essentiam videat, sed ut Cognoscat de Deo quid non est. Unde haec conjunct:' nostri ad Deum, quae nobis est in hac vita possibilis, perficitur quando {evenimus ad hoc quod cognoscamus eum esse supra excellentissimas creaturas. » S. Thomas, Comm. in lib, de div. nominibus, cap, 13, lect. 3.

(1) L Cor. IL, tr.

(2) L Joan. IE 2.

tre parti-

cpation À

vie divin

Le verrons Père, Fils, Saint-Esprit ; et nous nous rendronsdistinictement comptealors que, dèsaujourd'hui, la grâce sanctifiante nous fait réellement partager sa vie, nous donnant le pouvoir de croire ce qu'il voit, d'espérer ce qu'il est, de L'aimer de l'amour dont Il s'aime, et. d’aime:, par amour pour Lui, tous cerx auxquels s'étend son amour infini. « Voyez donc quelle charité le Père nous a témoignée en npus accordant le privilège ‘de nous appeler et d'être en réalité ses lils (). » La charité divine 21le-même s'est répandue dans nos cœuw,. par l'Esprit-Saint qui nous a été donné (*). » « Tous ceux qui acceptent l’action du Saint-Esprit sont les fils de Dieu. Et ce n’est pas un esprit de crainte que vous avez reçu, à la façon des esclaves; vous avez reçu, au contraire, un Esprit d'adoption qui vous fait pousser vers Dieu ce cri de la piété filiale : mon Père, mon Père ! L'Esprit de Dieu nous atteste à nousmêmes que noùs sommes les fils de Dieu (°). » in un mot, « celui qui adhère à Dieu n'est avec » Lui qu’un seul et même esprit (‘). »

(t) I Joan. ILE, 1.

(2) Rom. V, 5.

(5) Zbid. VIII, 14-16.

(t) 1 Cor. VE, 7.

LA VOIX DE DIEU 97 ns

Cette vie divine, qu'il nous est personnellement donné de vivre, est toujours en activité au dedans de nous-mêmes, La foi, l'espérance, la charité, les vertus morales, les dons de l'Esprit-Saint so . autant de foyers d’où rayonnent sans cesse la lumière et la chaleur. La Sagesse éternelle n'est pas une contemplation stérile, Elle respire l'amour, « sapientia spirans amorem » ; l'Esprit- Saint n’est pas isolé de nos âmes par une pierre sépulcrale, Il est aussi vivifiant qu'il est saint : « credo in Spiritum sanctum, Dominum ct vivifirantem »; même lorsque nous n'y pensons pas, Il pousse dans la profondeur de nos âmes des aspirations qu'aucune parole humaine ne serait capable d'exprimer. « Spiritus adjuvat infirmitatem nostram ;: nam quid oremus, sicut oportet, nescimus, sed ipse spiritus postulat pro nobis gemitibus inenarrabilibus » (1).

Écoutez le Concile de Trente : « Lui-même, le Christ Jésus, disent les Pères du Concile, instille sans cesse dans l’âme des justes, comme la tête dans les membres, et comme la vigne dans les branches, une vertu qui précède, accompagne et suit leurs bonnes œuv ss, et sans laquelle elles ne pourraient

{‘} Rom. VIIL, 21.

La vie divine est amour ctellepalpite sans cesse en nous,

Détachons nous des réalités extérieures pour ‘prendre attention aux mouvements intérieurs de notre âme vers Dieu.

98 LA VOIX DE DIEU EE SEE. à aucunement être agréables à Dieu et méritoires… Le Christ Sauveur a dit : « Si quelqu'un boit de » l’eau que je lui donnerai, il n’aura jamais soif ; > mais il surgira en lui une fontaine d’eau jaillis- > sant à la vie éternelle » (!). |

N’avouerons-nous pas, mes chers Amis, que nous serions des insensés si, croyant fermement, au nom de la foi de notre baptême, que nous sommes le siège permanent de ces réalités mystérieuses, nous refusions délibérément d'y prendre attention? « Est-ce que vous ne savez pas, disait l’apôtre saint » Paul aux Corinthiens, que vos membres sont les » temples de l’Esprit-Saint, qui est en vous, que » vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous » appartenez pas ? Vous et le Seigneur n’avez qu’un » même esprit. » « Qui autem adhaeret Domino, unus » spiritus est (?). »

Oh ! je le sais, et j'entends ne rien exagérer, nous avons mille excuses d'oublier Dieu. Les choses sensibles nous frappent sans cesse et nous ne pouvons nous arracher à leur action ; le moi nous sollicite toujours à considérer complaisamment ce qu’il y a de bien en nous-mêmes ; il est superflu d'ajouter que nos fautes et les suites de nos fautes nous

(1) Sess. VI, cap. XVI.

(*} I Cor. VE, 15-17.

‘ éloignent de Dieu ; puis, il y a-pour le plus grand nombre les besoins de la vie quotidienne avec l’assujettissement de leurs soucis ; il y a, pour nous, les études, les affaires, les intérêts de nos frères qui nous captivent ou nous absorbent, sans qu'il y ait d'ordinaire de notre faute ; Mais au moins, ne devrions-nous pas travailler sans relâche à alléger, le plus que nous le Pouvons, le poids qui alourdit nos cœurs ? Et ne serait-il pas équitable, lorsque le commerce extérieur nous empêche de penser activement à ces réalités invisibles qui s’accomplissent au dedans de nous et dont la valeur prime tout le reste, de pousser plus souvent devant Dieu un soupir de regret qui serait encore un acte d'amour ? Imitons les saints anges dont il est écrit qu’ils montent et descendent sans jamais se détacher du Fils de Dieu,

Notre Seigneur Jésus-Christ. «Ils montent, dit saint

» Bernard, pour contempler Dieu ; ils descendent

» vers nous, par compassion pour nous, pour nous

» garder, mais, même tandis qu'ils s’inclinent vers

» NOUS, ils ne cessent pas de tenir le regard fixé

» sur la face du Père. »

« Vous aussi, ajoute le saint Docteur, inclinez-

* vous miséricordieusement vers le prochain, mais

» avec votre ange gardien, faites monter vos désirs

» vers Dieu ; de toute l’ardeur de votre âme efforcez-

» vous à monter vers la suprême et éternelle Vérité. » N’entendez-vous pas retentir tous les jours à vos » oreilles cet avertissement : Sursum corda, les » cœurs en haut? Dieu vous reproche vos négli- » gences et vous dit : Enfants des hommes, combien » de temps encore aurez-vous le cœur appesanti ? » Pourquoi vous repaissez-vous de chimères et » recherchez-vous le mensonge ? C’est que, en effet, » le cœur dégagé et li! :e monte plus aisément sur » les ailes de l’amoür vers la Vérité (!). »

Toute âme La sollicitude paternelle de Dieu s’étend à chacun

a. È de nous personnellement. Il n’est pas une âme que a Solicitude : x incessantede Dieu ne tienne amoureusement sous sa garde, comme

(*) « Sic beati illi spiritus ascendunt per contemplationem Dei, descendunt per compassionem tui ut custodiant te in omnibus viis tuis.… Nec tamen vel descendendo visione gloriae fraudantur, quia semper vident faciem Patris. Descendas et condescendas, exhibere scilicet proximo misericordiam : et sursum cum eodem angelo levans desideria tua, tota animi cupiditate ascendere studeas ad summam et perpetuam veritatem. Hinc enim monemur ‘vare corda nostra cum manibus; hinc audimus quotidie : Sursum corda. Hinc quoque negligentes arguimur et dicitur nobis : Filii hominum, usquequo gravi corde ? Ut quid diligitis vanitatem et quaeritis mendacium ? Exoneratum enim cor et leve levatur magis, ut quaerat et diligat veritatem. » S. Bernardus, in ps. Qui habitat, Sermo XI.

RÉ

la poule réchauffe ses jeunes poussins sous ses ailes. Le concept même de la vie surnaturelle qui nous est communiquée et dont le foyer réside en nous, entraîne comme conséquence la formation en nous de dispositions permanentes à recevoir les irradiations de la grâce dans nos puissances de connaître et de vouloir, qui en sont incitées à l’action et soutenues dans leur effort ; aussi bien, l'expérience des âmes attentives à ce qui se passe au dedans d’elles-mêmes atteste la réalité vivante de cette action supérieure.

D'où vient, alors, que cette voix de Dieu ne soit pas davantage entendue ?

C’est que, pour l’entendre, il faut l'écouter.

1. Avant tout, la chose s’indique d'elle-même, il est essentiel de ne point détourner délibérément l'attention de la parole de Dieu. Il n'y a de pires sourds, dit le proverbe, que ceux qui ne veulent point entendre. Cette première condition, nous la mentionnions dans une récente lettre pastorale lorsque, faisant appel aux hommes de bonne volonté, nous leur disions : Dieu n’exige, somme toute, de vous qu’une chose, c’esi que vous soyez sincères aver vous-mêmes.

« Seigneur, disait le Psalmiste, qui trouvera » accueil dans vos tabernacles ? Qui sera admis à

Dieu ; mais pour entendre Ja voix de Dieu, il la faut écouter,

Avanttout, être sincère avec soi-méme.

lumière l'âme.

Droiture d'intention :

de

» partager le repos de votre montagne sainte? Celui

» qui se présente sans souillure, pratique la justice, » dit la vérité dans son cœur, qui loquitur veritatem » ‘x corde suo, n’est pas astucieux dans son langage, » n’est ni l’auteur ni le complice de torts faits au prochain (!). »

La sainteté se traduit par la sérénité. « Ayez le regard limpide, c’est-à-dire l'intention droite, et votre corps entier sera dans la lumière; que si, au » contraire, une passion désordonnée vous trouble » le regard, vous serez plongé dans les ténèbres. » « Si oculus tuus fuerit simplex, totum rorpus tuum lucidum erit. Si autem orulus tuus fucrit nequam, totum corjus tuum tenebrosum erit (?). »

« La présence de Dieu dans une âme en bannit

» les ténèbres. Si vous prétendiez, dit l’apôtre » saint Jean, que vous vivez en société avec Dieu, » tandis qu’il fait obscur dans votre âme, vous » n'êtes pas sincère, et votre conduite trahit la » vérité. » « Deus lux est et tenebrae in eo non sunt

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ullae. Si dixerimus quoniam societatem habemus cum eo et in tenebris ambulamus, mentimur et veritairm non facimus (°). »

(1) Ps. XIV, 1-4.

(2) Matth. VI, 22-23.

(5) I Joan. I, 5<6.

Mon fils bien-aimé, comment seriez-vous saint si vous n’étiez pas droit? Et comment seriez-vous droit si, voyant dans la pleine lumière de votre conscience votre devoir, vous vous résolviez à le violer ?

Je ne distingue PAS, je ne veux pas, en ce moment

distinguer entre faute grave et faute légère, entre péché mortel et péché véniel ou même impertfection voulue ; j’énonce cette vérité générale qui a, dans l'ordre spirituel, la clarté et la rigueur d’un axiome : Dans la mesure où votre volonté réfléchie consent à une rébellion contre un ordre que vous intime clairement votre conscience, vous mettez obstacle à l’œuvre de l'Esprit-Saint, vous paralysez l'essor de votre vie intérie :8i, là doit porter principalement, j'ose presque cire exclusivement, l’effort de VOS examens de conscience. Quand vous vous interrogez dans le calme, loyalement, pouvez-vous vous rendre le témoignage que vous n’avez pas au Cœur une attache que votre conscience réprouve ? N’avez-vous point d'affection déscrdonnée pour lés biens extérieurs, pour le plaisir, pour votre amourpropre ?

Si vous pouvez vous répondre non, vous portez en vous la racine de la sainteté, et les conquêtes que Dieu et l'Église attendent de vous ne sont plus qu'une question de temps et de fidélité à la grâce.

es

La question capitale:

avez-vous unc attache consciente à quelque péché ?

Si oui, priez et mortifiezvous.

. S'il vous arrive de pécher prenez courage : la source inté-

Mais si, au contraire, votre conscience vous fait entendre distinctement un reproche, n’allez pas plus loin, cher Ami, vous vous tromperiez tristement vous-même et vous vous prépareriez d’amères décertions. Priez, alors, suppliez Dieu, à deux genoux, de vous venir en aide. Répétez sans relâche : « Kyrie cleison, Christe cleison, Kyrie eleison ; Deus in adjutorium meum intende, Domine ad adjurandum me festina. » Priez jusqu’à ce que vous triomphiez de vos résistances intérieures.

Ici, n’en doutez pas, votre prière confiante sera infailliblement efficace. Demandez et vous recevrez, cherchez et vous trouverez, frappez et l’on vous ouvrira. À la prière joignez la mortification. Faites l’aumône. Demandez à vos amis de vous venir en aide. Recevez fréquemment les sacrements de pénitence et d’Eucharistie. En un mot, ne négligez aucun moyen d'accroître votre courage. Mais tenez bon, je vous prie, jusqu’à ce que, de cette lutte,si prolongée, si opiniâtre qu'elle doive être, vous sortiez vainqueur. La sérénité de votre vie et les succès de votre apostolat futur sont à ce prix.

Si, au contraire, vous sentez que vous avez le cœur libre, soyez en paix et bénissez Dieu. Assurément, des imperfections vous échapperont, vous ferez de faux pas, qui sait même si Dieu ne permettra

Pas que vous portiez un jour la honte d’une faute mortelle ! Vous ne vous découragerez pas; vous ne

vous étonnerez même pas démesurément de votre grande faiblesse. Peut-être Dieu vous attendait-Il Là pour vous inspirer un sentiment profond d'humilité — Car rien ne terrasse une âme comme le sentiment vrai de ses fautes — et pour vous préparer à Compatir un jour plus sincèrement aux faiblesses d'autrui.

Mais vous vous relèverez aussitôt

Vous portezau cœur une source de «ces toujours prête à jaillir.

L’Esprit-Saint,que vousavez momentanément contristé, vous mettra en présence de la justice de Dieu ; vous vous plairez à affirmer ses droits et vous vous offrirez à ses légitimes rigueurs. Il vous mettra aussi et sans retard, en présence de la miséricorde infinie de notre Père céleste et de notre bon Sauveur Jésus : enfant prodigue d’un jour, d’une heure, vous vous Souviendrez sans peine des délices que vous goûtiez sous le toit familia!, et lorsque vous vous en retournerez à votre Père, avant même que vousayez achevé votre demande de pardon, vous sentirez l’étreinte de ses bras et vous l’entendrez dire : « Faisons fête, » célébrons un banouet joyeux, car mon fils était » égaré et je l’ai retrouvé. »

rieure de grâce n'est que comprimée et prête à jaillir de nouveau.

meme

Être sin- x 2, Toutefois, pour entendre distinctement la = hs voix de Dieu, il ne suflirait point de ne pas refuser attentif, de l'écouter, il faut encore positivement lui prêter

une oreille attentive.

Vous savez le rôle que joue en pédagogie, l’attention et vous avez appris que sa force de soutènement c'est l'intérêt. Le cœur est avide de ce qu'il aime : l'amour avive l'amour, et plus vif est l'attachement de la volonté à ce qu’elle aime, plus étroitement elle tient appliquées à leur objet pour le leur faire considérer, sàisir, pénétrer, les puissances cognitives placées sous sa dépendance.

Cette loi générale qui régit la cognition humaine s'applique d’autant plus à l’ordre des vérités chrétiennesquecelles-ci,à raison deleur caractèreintime, exigent un plus grand effort de concentration de la pensée et, par suite, une base d’élan plus solide pour la volonté. Aussi n’avancerez-vous dans la vie intérieure que dans la mesure où vous y aspirerez.

L’aspiration Il faudrait citer ici presque intégralement le chapl pitre VIII de la lettre de saint Paul aux Romains : Dieu. « Les enfants de Dieu, y dit l’Apôtre, sont ceux qui » sont sous la conduite de l'esprit de Dieu. Quicum- » que enim spiritu Dei aguntur, üi sunt filii Dei. » Cet esprit de la divine adoption nous pousse à » crier sans cesse : Père, Père !… L’attente de la

LA VOIX DE DIEU 107 » création a pour objet la révélation du Filsde Dieu... » Toutes les créatures gémissent, sont en travail » comme la mère au Moment où elle met au monde » son enfant. Omnis creatura “ingemiscit et parturit » usque adhuc... Et nous, qui possédons déjà les » prémices de cet esprit de Dieu, nous aussi, dans » l’intimedenos âmes, nousgémissons dans l'attente » de la rédemption plénière promise aux enfants de » Dieu. Car, jusqu'à présent, nous vivons de l'espoir » du salut... Et l'esprit de Dieu vient en aide à notre » faiblesse. Tandis que nous ne savons ce que, pour » bien faire, nous devons demander, Lui, l’esprit de » sainteté, fait monter à notre place des soupirs » d'espérance et d’amour que nous serions inca- » pables de formuler. Et Dieu scrute nos cœurs et » Il sait ce que désire son Esprit qui se conforme, » dans ses prières pour les saints, à la volonté de » Dieu » « Zpse spiritus postulat Pro nobis gemitibus inenarrabilibus ; qui autem scrutatur corda, scit quid desiderat Spiritus, Qquia secundum Deum postulat pro sanctis (!), »

Le psaume XXIV, 44 te, Domine, levavi, animan, cam, est une expression ardente de cette tendance de l’âme vers Dieu. « Vias tuas, Domine, demonstra

a ennrngee (*) Rom, VII, 14-27.

mihi, et semitas tuas edoce me. Dirige me in veritate tua et doce me, quia tu es Deus Salvator meus et te sustinui tota die. Oculi mei semper ad Dominum. Respice in me et miserere mei…. »

Et le psaume CXVIII, qui nous est si familier, est émaillé de ces traits de feu qui jaillissent de l'amour le plus ardent : « Deferit in salutare tuum anima mea et in verbum tuum supersperari. Defecerunt oculi mei in eloquium tuum... Os meum aperui et attraxi spiritrn, quia mandata tua desiderabam... Faciem tuam illumina super servum tuum et doce me ‘justificationes tuas..…. Clamavi in loto corde meo, exaudi me, Domine, justificationes tuas requiram.. Praevenerunt oculi mei ad te diluculo, ut meditarer eloquia tua. Concupivi salutare tuum, Domine, et lex tua meditatio mea est.

Notre divin Sauveur nous l’a formellement enseigné : Il faut, pour être heureux, avoir faim et soif de la justice. « Beati qui esuriunt et sitiunt justitiam, quoniam ipsi saturabuntur (*). » Et la sainte Vierge Marie chante dans son Magnificat, que ceux qui sont affamés recevront en abondance les dons de Dieu, tandis que les satisfaits s’en retourneront À vide. « Esurientes implerit bonis. et dirites dimisit

(') Matth. V, 6.

inanes. » Les aflamés sont les bumbles, qui ont conscience de leur incapacité etsavent que tout ce qu'ils ont leur a été donné. Les satisfaits sont les orgueilleux qui s’attribuent Ja propriété du dépôt qui leur a été confié.

Inspirez-vous de notre belle liturgie, mes chers Amis, et vous vous habitucrez à pousser vers le ciel des désirs de Vieu, ce que les auteurs qui traitent de la vie spirituelle appellent des prières jaculatoires. « Veni, sanrte Spiritus, reple tuorum corda fidelium et tui amoris in eis ignem accende, Veni,

Creator Spiritus, mentes tuorum visita, imple superna gratia, quae tu creasti pertora.

» Veni, sancte Spiritus, et emitte roelitus, luris

tuae radium. Veni pater Pauperum, veni dator munerum, vent lumen cordium… © ur beatissima, reple cordis intima tuorum fidelium.… :

» Nunc sancte nobis Spiritus, unum Patri cum Filio, dignare: Prompius ingeri, nostro refusus pectori.

» Spiritus Sancti gratia illuminet sensus et corda nora. »

3. Enfin, la docilité à la voix de Dieu demande une troisième condition, le calme CL

(‘) mit. de J.-C. TIL, 1-2.

L'habitude de la prière jaculatoire,

Être sincère, attentif; etencoreêtre calme.

2 os

ME

Maitrisezvous : attendez patiemment l'heure de l'Esprit d'amour.

Il est aisé de comprendre que l'agitation produit la confusion et que, parmi toutes les voix que les sens, l'imagination, les passions fontsimultanérent retentir dans une âme désemparée, il est impossible de discerner le souffle délicat de l'esprit de Dieu.

Que de fois n’en avez-vous pas fait l'expérience ! La veille d'une retraite, emporté par desdistractions extérieures, préoccupé d'études, contrarié dedevoir interrompre un travail attachant, vous entriez dans la solitude à contre-cœur, ne soupçonnant pas les douceurs que Dieu vous réservait. La retraite tou- Chant à sa fin, vous eussiez voulu qu'elle se prolongeât encore, car, pluselle calmait votreimagination et vos nerfs, plus vous goûtiez les charmes de la présence de Celui qui vous avait retiré du bruit pour vous parler au cœur : « Ducam illam in solitudinem # ibi loquar ad cor ejus ('). »

Si vous avez un tempérament ardent, exercezvous beaucoup à maîtriser votre imagination,: à dominer les saillies de votre caractère. Mettez-vous à mon école, disait le bon Jésus, je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez dans votre union avec moi le repos de vos âmes, « disrile a me, quix

(1) Osée II, 14.

Mitis sum et humilis corde, et invenietis requiem animabus vestris » (!).

Tenez-vous paisiblement sous la dépendance de l'esprit de Dieu, et sachez patiemment attendre son heure. « £go Dominus, » disait l'Éternel à Moïse, c'est moi qui suis le maître. Je veux vous conduire à la sainteté et, moyennant votre libre Coopération, je vous y conduira. Mais seul je marque l'heure du ‘lépart et je trace l'itinéraire. Ma Providence pour chacun de vous est personnelle. De même qu'il n’y a pas, dans les sphères élevées du firmament, deux corps célestes identiques, de même dans le ciel des âmes, il n’y a pas deux astres absolument pareils. « 7h domo Patris mei mansiones mullae sunt (?)... » A Chacun j'ai, de toute éternité marqué sa voie, à Chaque âme j'ai destiné sa grâce finale et les ascensions qui mènent à sa conquête ; laissez-vous conduire avec la docilité du pSalmiste

à qui j'ai inspiré de me répéter sans cesse : « Vias {uas, Domine, demonstra mihi et

semilas tuas vdoce me (*). »

Quel qu'ait été votre passé, je vous destine, en te moment même,

ae (t} Matth. XI, 20.

(?) Joan. XIV, 2.

(5) Ps. XXIV, 4.

La grâce de

une grâce appropriée à votre Dieu est tou- Jours à notre

disposition :

il s’agit de la mettre humblement à profit.

La patience : couronnement de la perfection.

condition présente : « Homo peregre proficiscens voravit servos suos et tradidit illis bona sua, et uni dedit quinque talenta, alii autem x. rlii vere unum, unicuique secundum propria: virbutem (9 »

C’est cette grâce qu’il faut rece voir, explo ter, faire fructifier, en attendant docilement que je vous juge digne d’un don meilleur.

Si modique que vous semble le don que vous avez reçu, gardez-le avec humilité et mettez-le à profit. Un jour viendra, alors, où le divin rémunérateur vous dira : « Courage, mon bon et fidèle serviteur. » vous avez fidèlement géré mes premiers talents, » en voici d’autres beaucoup plus considérables, » entrez et partagez la joie de votre Seigneur. » « Euge, serve bone ct fidelis, quia super pauca fuisti fidelis, super multa te constituam, intra in gaudium Domini tui (?). »

L'apôtre saint Jacques dit que la patience est le couronnement de la perfection, « patientia opus perfectum habet, ut sitis perfecti et integri in nullo deficientes » (*) : est-il téméraire de penser que cette divine sentence signifie que, eussiez-vous longtemps et vaillamment exercé votre effort dans

() Matth. XXV, 14-15.

(?) Zbid., V, 21.

(5) Jac. LA 4.

à votre âme, pour être parfaite, une chose, savoir

le champ de toutes les vertus, il manquerait encore

le sentiment que vous devez tout ce que vous avez et tout ce que vous êtes à la miséricordieuse munificence de votre Dieu ; qu’il a bien fait ce qu’Il a fait; que vous êtes Suffisamment payé de vos labeurs si Dieu daigne abaisser sur vous, tel que

vous êtes, un regard de complaisance. Soyez, 5 âme fidèle, ce que vous êtes, telle que vous êtes, aimez à être telle que Dieu Vous veut : que seule sa volonté se fasse sur la terre comme au ciel; à Dieu seul, roi immortel et invisible des siècles, tout honneur et toute gloire : « Legi saecutorum immorlali et invisibili, soli Deo, honor et gloria in saecula

Saeculorum (1). »

CONCLUSION

Ainsi donc, mon Fils bien-aimé, arraCchez énergiquement de votre cœur toute affection qui l’'embarrasserait dans son essor vers Dieu ; SOYez positivement attentif à la voix de Dieu, humble, dociie, avide de l'entendre ; évitez l'empressement naturel et tenez-vous, dans le calme, sous la dépendance babituelle de l'esprit de Dieu : moyennant ces trois

RE + €) Tim. I, 17.

Trois conditions à l’entrée dans le royaume :

la droiture, l’attention i ntérieure, la confiance Paisible en:

Dicu.

EC NS MER nier

Et, ||

conditions, le Seigneur sera votre guide et rien ne vous manquera, Il vous placera dans ses pâturages. « Dominus regit me et nihil mihi deerit, in loro pascuae ibi me colloravit (1). »

+ Q:.' de nous peut dire à quels sommets Dieu le ferait monter, s’il était habituellement docile aux directions que l’Esprit-Saint imprime à son âme ? Et quelle mission de salut il accomplirait, si l'esprit de Dieu était le principe et le soutien de chacun de ses actes ? Cependant, n’est-il pas normal qu'il en soit ainsi? Dieu n'est-il pas notre Premier Principe et notre Dernière Fin ? « Ego principium qui et loquor vobis (?). »

Oh ! mes chers Amis, réformons tout de bon, à fond, notre vie.

Les choses visibles, le dehors qui nous frappe, les péripéties de la politique ou dr” toire humaine sont des événements de surface ’évanouiront comme une scène de théâtre, « praeterit enim figura hujus mundi » (5). Les vraies réalités, les seules qui, en définitive, comptent, sont invisibles. Le monde qui a de l'importance est au-dedans de vous-mêmes, c'est le royaume intérieur de Dieu, « regnum Dei

(1) Ps, XXI, 2.

(2) Joan. VITE, 25.

(5) L Cor. VIT, 31.

RS emmenés mn ue intra vos est » (!). Pensez-y, méditez ce sujet avec instance, « Aaecc meditare, in his esto » (*), et demandez sans relâche à Dieu qu’Il soit le commencement et l'achèvement de chacune de vos prières et de chacune de vos actions : « A{ctiones nostras. quaesumus, Domine, aspirante Praecreni el ajucando prosequere, ut cuncta nostra oratio ei operatio 4 te semper incipiat et Der te coepta finiatur. Per Christum Dominum nostrum. »

ss

(‘) Luc, XVI, 2x.

(@) I Tim. IV, 15.

CINQUIÈME CONFÉREN"E

« Nunc, sancte nobis Spiritus, * Unum Patri cum Filio, Dignare » Promptus ingeri, Nostro refu- » SUS pectori. »

« Esprit-Saint, qui ne faites * qu’un avec le Père et le Fils, » daignez descendre, en ce mo- * ment, en nous et remplir nos » cœurs de l’effusion de votre » amour, »

(Hymne de Tierce.)

MES CHERS AMIS

UI, Dieu nous parle au cœur et, si nous ne Tenir le L'entendons pas plus souvent, c’est que nous cœur sans ne tenons PaS assez, dans le recueillement vs DR

du silence, le cœur levé vers Lui.

Oh ! que ,.. pouvons-nous sincèrement Lui dire, tout le long du jour, avec le pSalmiste : « De toute l’ardeur de mon cœur, je vous cherche, Zn toto corde

neo exquisivi te. Voyez combien je

suis en quête

Comment

Dieu parle.

nous

mms de vos volontés, Erce roncupiri maïdata tua. Mes mains sont levées pour demander vos ordres, car je les aime. Lt levari manus meas ad mrndata lux, quue dilexi. » Mon âme défaille à la recherche de mon Sauveur, Defecit in salutare tu anim mea. Mes yeux s'épuisent à scruter votre parole, Defecerunt oculi mei in celoquium turum. Sans cesse, mon âme est avide de chercher vos enseignements, Concupirit anima mea desiderare jus-

tificationes tuas in: omni temore. J'ai ouvert la bouche pour aspirer en moi votre souffle,

tant je suis avide de connaître vos volontés. Abaissez un regard sur moi, ayez pitié de moi. Os meum aperui et attrari spirilum quit ma data tua desiderabam. Aspice in me el miserere mei. »

Plus vous vous habituerez à ces aspirations brüiantes qui étaient familières aux saints, plus vous trouverez Dieu en tout, partout, toujours.

Sans cesse, Il vous parle par les créatures. Les cieux chantent sa gloire, « Cocli enarrant gloriam Dei », les soulèvements des mers, le fracas de la foudre qui brise les cèdres et fait trembler le désert nous disent sa puissance, « Vox Domini super aquas… Vox Domini confringentis cedros et concutientis desertum. »

L'Église demande au prêtre d'écouter, chaque

matin, au moment où le Dieu de l’Eucharisiie réside

sensiblement en lui, le langage de la création uni-

verselle et de joindre sa Voix aux cieux, à la terre

pour bénir avec eux le saint nom de Dieu.

Dieu nous parle par les événements : un revers

de fortune, une tentation fait prier ; la mort d'une

Personne Aimée ouvre le regard sur l'éternité; une | ingratitude, une trahison, une humiliation détache

des créatures et rapproche de Dieu; une chute

confond, terrasse, fait Penser à la justice de Dieu ou

espérer en son infinie miséricorde ; les joies de la

vie augnientent dans les cœurs reconmnaissants le

sentiment de la bonté du Père céleste, Le Verbe de Dieu nous parle encore par les saintes Ecritures, par les enseignements de l'Église, par les rites et les prières de la Liturgie.

Par-dessus tout, notre divin Jésus nous parle par La voix des

ses exemples et par sa vie, Oh ! combien Il avait le exemples de droit de nous dire, notre bon Sauveur : « Je vous ai Jésus.

donné l'exemple afin que, ce que j'ai fait, vous le fassiez à votre tour ;

Quemadmodum ego feri it

Exemplum dedi vobis. ut eÜ vos fariatis. » Contemplons-Le dans sa crèche, au temple, dans le désert,

en route vers l'Égypte ; établissons-nons avec Lui,

en esprit, au milieu de sa Sainte famille, dans sa

Les paroles souveraines et les lentes persuasions intérieures.

Lt nie mme chaumière, dans son atelier de Nazareth; suivons-Le dans les pérégrinations de sa vie publique, recueillons les disco: rs qui tombent de ses lèvres divines ; en sa compagnie, habituons-nous à la fatigue au service du prochain, rendons le bien à ceux qui nous font du mal, passionnons-nous pour la gloire de Dieu, mettant au-dessus de tout l’accomylissement de sa volontésainte; arrétons-nousavec prédilection au Cénacle, au lavement des pieds et à l’institution de la sainte Eucharistie ; à Gethsémani, à la contemplation des larmes et de la sueur sanglante du Christ agonisant ; au prétoire, sur le chemin de la croix, au Calvaire enfin, et au saint sépulcre, nous remémorant sans relâche, et avec autant de reconnaissance que d'amour, cette prédiction de notre Jésus bien-aimé, qui était en même temps de sa part l'expression d'une espérance : «Quand je serai élevé en croix, j'attirerai tout à moi, Et ego quando exaltatus fuero a terra omnia traham ad meipsum. »

A certains jours, peut-être, le Tout Puissant fera retentir en vous une de ces paroles souveraines qui opèrent des transformations radicales, de celles qu’entendirent Saul sur le chemin de Damas :

« Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? »; François d'Assise, au milieu des frivolités de ses plaisirs : « Pater noster qui es in coelis, Notre Père qui êtes

AUX cieux, vous me suflisez, vous êtes mon Dieu, vous êtes tout pour Moi, Deus meus ct omnia »; Bernard, au moment Où il remémorait la série de ses désenchantements : « Venez à moi, vous qui êtes ‘lans la peine, prenez Sur vos épaules mon joug, il est doux et léger »; François-Xavier, tandis qu’il S'abandonnait à des rèves d’ambition humaine : «< Que sert à l’horame d’avoir possédé l’univers s’il lle Sauve pas son âme ? Quid 2rodest homini si unoulun universum lucretur, Mention patiatur 2 — Cr docilement écoutées, for:

imac vero suae detrisont de ces paroles qui, ment d’un coup, un héros.

Saint Augustin nous a admirablement décrit, dans ses Confessions (!), la Puissance d’action des paroles divines sur les consciences rebelles. Depuis douze ans, écrit-il, enlisé dans Ja sensualité, « j’hésitais à Mourir à la mort et à vivre à la vie ». « Jusques à quand ? Jusques à quand ? » disait une voix du dehors. « Demain, demain ! » répondait la passion Et la voix répliquait : « Pourquoi pas à l'instant ? » Et ces luttes pénibles se Prolongeaient, confesse le fils de Monique, jusqu'à ce qu'un jour, révant, couché sur le sable, proche de mon ami Alypius,

j'entendis une voix plus pénétrante que de coutume

(®) Conf. Liv. VII, ch. 12.

De sd ONE 1, LH #

122 ENTRETIENS AVEC DIEU er née me crier : « Tolle, lege, prends et lis. » Et je pris le volume des Lettres de saint Paul que j'avais sous la main et je lus : « Ne vis pas dans la volupté, mais revêts-toi de Notre Seigneur Jésus-Christ ('). »

« Je n’eus pas besoin de poursuivre ma lecture, dit le saint, il se répandit dans mon âme une lumière sereine qui dissipa sur-le-champ les ténèbres de mon incertitude. »

Mais nous n'’insistons pas sur cette action extraordinaire qu'opère la grâce en des âmes de choix. Ordinairement, la parole intérieure de Dieu agit suavement, progressivement; le plussouventmême, nous n'en avons point la perception distincte ; elle n’en pénètre pas moins les moelles de l'ime et vous avez dû expérimenter que, lorsque vous vous relevez sous son impulsion, il y a plus de lumière dans votre intérieur, vous vous sentez plus fort, votre cœur a plus d’élan vers ..u, plus d’ardeur au travail. « Faites pénétrer dans mon cœur votre bon esprit, » demand: it saint Ambroise, qu’il s'y répande sans » résonner, qu'il m'’enseigne, sans bruit, toute » vérité. » « Zntret spiritus tuus bonus in vor meum. qui sonet ibi sine sono et sine strepitu verborum

loquatur mihi omnem reritatem. »

() Rom. XIII, 13-14.

Le but de cet entretien est de vous « Amis, comment il faut vous nour divine. Trop peu Ja goûtent en font l'objet de méditations solit tandis qu'elle devrait être l’ où l'âme entière s'applique avec une piété fili Notre Seigneur Jésus-Christ, e 1. Nous arréterons d'abor la stérilité de La méditation < nous vous montrerons :

2. La férondité de 1 l'entretien cordial di l'éme urer le Christ Fils du Dieu viraxe.

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