SEPTIÈME CONFÉRENCE
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« Ne timeas, quia e$o tecum »Sum; ne declines, quia egc » Deus tuus ; confortavi te, et » auXiliatus sum tibi et Suscepit » te dextera Justi mei, »
« Ne crains rien, car je suis » avec toi; aie le regard intré- » pide, car je suis ton Dieu ; je » suista force, je viens à ton aide, » je te soutiens de ma droite » triomphante. »
(Is. XLI, 10.)
MES CHERS AMIS
; OUS touchons à la fin de la première série yotre avede nos conférences. nir est dans
Nous vous avions annoncé le développe- vos mains :
e. = 44 ., Vousserez de ment de cette double idée, que le Séminaire doit seintsprêtres être pour vous : une maison où vous viviez dans la si, défiantsde
vous-mêmes, vous avez confiance en Dieu.
RÉ
retraite, et une école de formation. Réservant pour la suite l'examen des conditions de votre formation, nous nous sommes attaché, cette année, à vous faire apprécier la retraite que le Séminaire vous procure et méditer les responsabilités dont elle vous donne le sentiment.
Vous vousappliquerez dans votre solitude — votre piété et votre docilité m'en donnent l'assurance — au recueillement intérieur ; vous y trouverez le moyen de préparer vos âmes à l’oraison ; vous y prendrez conscience de!vos mobiles et de vos motifs d'action et vous vous y exercerez à la conquête de la paix.
€ Noverim me, noverim te ! souhaitait Augustin. Puissé-je me connaître, d mon Dieu, puissé-je vous connaître (!) ! »
Cette double aspiration résume, je le sais, toute votre oraison. Vous vous promettez de n’aimer que Dieu et votre devoir.
Y réussirez-vous, mes chers Amis ?
L'avenir que votre imagination caresse, que sera-t-il en réalité ? |
Nous qui connaissons la sincérité de vos senti-
(:) « Deus semper idem, noverim me, noverim te ! Oratum est. O Dieu, qui êtes toujours le même, que je me connaisse, que je vous connaisse ! Telle est ma prière. » Solilog. IL, cap. I.
ments ; qui voyons combien la divine Providence a
été pour vous prodigue de ses faveurs, nous vou-
drions pouvoir vous dire et vous assurer à vous-
mêmes que nul d’entre vous n’essuiera ni ne nous cause, = une déception.
Mais l'expérience nous a appris que plus d’un est resté, en dépit de ses belles aspirations de jeunesse, fort au-dessous de son idéal ! Le milieu qui vous attend est si différent de celui que se représente votre imagination ; les conditions du ministère sacerdotal sont si compliquées et, aujourd'hui, si périlleu::s que nous ne pouvons, mes chers Amis, songer à votre avenir sans appréhension, Nous ne pouvons arrêter nos regards sur vous sans que nous revienne à la pensée la parole, admirative à la fois et interrogative, que les proches et les amis de Zacharie et Élisabeth appliquaient à Jean-baptiste : € Quis putus, puer iste erit 2 Nam et manus Dei cum ipso est. Que pourrait bien devenir, croyez-vous, cet enfant ? Car manifestement la main de Dieu est avec lui (!). »
Quoique votre avenir soit le secret de Dieu.
il n’est pas malaisé de le pronostiquer en termes généraux : vous serez, plus tard, les prêtres saints,
(*) Luc. I, 66.
216 EMMANUEL utiles à l'Église, que vous avez la vocation et l'ambition de devenir, à la condition que vous sortiez du Séminaire avec cette double disposition intérieure bien profonde :
IL Une humble défiance de vous-mémes ;