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bre sanctionner sans pudeur les prodigieux scandaiv+ des dernières élections.
Le ministère avait proposé et fait élire comme Orateur de l’Assemblée un homme pour qui la raison, la vérité, les principes de justice et de droit sont lettre morte,
Cet homme a, de l'aveu des ministériels eux-mèmes, dégradé dans l’estime publique le poste élevé qu'il occupait, par la partialité révoltante avec laqueile ila invariablement agi, ei parce que sa position d'orateur ne Pa pas empêché d’être mois scrnpuleux que jamais en tant.que partisan politique.
Son premier acte comme Orateur, chose sans exemple dans le pays, à 6t6 blàmé, re poussé, boonïi, par une majorité qui certes n a pas pronvé qu’elle cût beanconp de serapules. La Cliambre lui a de suite jetté à la face sa nomination d’un comité d'élection dans lequel se trouvaient deux ou trois des hommes les plus fôtris de lalégislature, Le second comité n’a été de fait qu'one satire à l’adresse de la Chambre.
Aussi que n’a-t-on pas vu.
Sur vingt-deux ou vingt-trois contestations d'élection sérieuses, une seule a ét6 jugée comme elle devait Pêtre, celle relative à Féleciion de Lotbinière, et encore, le Procureur-général du Bas-Canada, s'est-il, au milieu de l’étonnement universel, constitué le défenseur actif d'OFarrell. Par tontes les questions qu’i a posées aux témoins, il a créé limpression chez ceux qui comprenneut ce que parler veut dire, qu'il désirait presqu’a tout prix, lui conserver son siége : et c’était en vérité une étrange anomalie que cette protection accordée à un homme indigne par Polflivier même qui est chargé et qui a prêté serment de pauir les outrages faits à la majesté de la loi.
[Il est vrai que plas tard, le Procureur-Général a luimêmne fait la motion d'expulsion d’'OFarrell,—mais c’est quand les propres témoins de ce deruier ont prouvé qu’il y avait eu tentative d'empoisonnement pratiquée sur un c'ficier-rapporteur et incitation au vol des livres de poll dans les bureaux publics même, qu'il s'est enfin décidé d'agir, Et puis qu'atil fait enfin
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de compte? Etait-ce seulement une expulsion que la morale publique exigeait ? Non certes, c'était au moins une poursuite criminelle qui était plus que motivée par des actes de brigandage sans exemple. Mais là comme ailleurs, le Procureur-général a prouvé que son cœur ne lui disait quelque chose, que sa conscience ne troublait sa quiétitude que quañd ilfallait protéger les violateurs de l'ordre et de la loi, mais qu’ils restaient}muets quand il était besoin de les punir.
Ft puis, pout essayer jusqü’au bout de sauver les apparences, le Procureur-Général a introduit un projet de loi pour défranchiser les paroisses qui avaient commis ou laissé commettre ces brigandages ; mais ce projet est resté lettre-morte, et |4 majorité s’est contentée de cetté menace qui reste à jamais un pur acte d’hÿpocrisie, puisqu’oh n’avait pas l'intention de la réaliser.
Passons maintenant à l'élection de Québec. Quinze mille votes frauduleux sur les livres de poll! des violences et des corruptions sans exemple, un ministre qui occupe son siége en Chambre, au même titre que l’usurpateur de la propriété d'autrui! ces faits sont connus, admis comme scandaleux pat ceux-là même qui en défendent ies auteurs! Au défi de la moralité publique, on accorde aux membres siégeants la plus illégitime protection, on leur laisse la latitude la plus exagérée, pendant que l’on oppose toutes les entraves imaginables a ceux dont le droit est impudemment violé. Le collége électoral de Québec méritait-il donc moins de sympathie que trois hommes élus au moyen de fraudes gigantesques ?
Même absence de moralité, mêthe déni de justice, même mépris de toùte règle de bienséance relativement à l'élection de Russell ; avec ce surcroit de scan- ‘alé que dans la séance même ou la majorité de la Chatbre déclare qu’elle maintient le député Fellowes dans la possession de son siége, avec sa prétendue tuajorité de quatorze voix ; elle déclare en même temps par une résolution wnanimement adoplée, que plus de trois cents votes frauduleux ont été enrégistrés en sa faveur ! Il était donc.en minorité !! La majorité dë
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la chambre a donc, de fait, dit aux électeurs de Russell: “ Vous n’avez pas vonlu élire M. Fellowes, ch “bien, nous jugeons à propos de l’élire nous ! ”
Lord Sydenham lui-même, jusqu’à ce jour le type de l’immoralité politique en Canada, se trouve relégué sur le second plan par cette décision inouïe. Jamais pareil acte d’impudeur n'avait encore étonné les honnêtes gens en ce pays !
Maiïatenant, que les éleateurs de St. Hyacinthe particulièrement me permetient de leur rappeler qu’un des points sur lesquels l’Hon. M. Sicatte insistait davantage, l’autoinne dernier, dans ses allocutions électorales, c'élait la nécessilé de moraliser les hommes publics du pays !!
Quelle magnifique école de morale publique et privée que cette Chambre d'Assemblée qui déclare compétent à siéger dans son sein un député qu’elle aflirmc officiellement ne devoir son siége qu’à une minorité des électeurs !
Comme l’Hon. M. Sicotte,qui a laissé protéger O’Farrell par son confrère le Procureur-Général, qui a lui méme protégé les députés de Québec, qui a lui même défendu et excusé le député Fellowes, doit s’applaudir des moyens nouveaux et inusités de moralisation des hommes publics qu’il a cru devoir adopter!
Et le député actuel d'Ottawa que l’on a récompense pour avoir adroitement évité la signification de la contestation! Et son imfortuné adversaire que l’on a puni, pour n’avair pas su découvrir où M. Scott s'était allé cacher, et auquel on a fait payer les frais de la contestation quoiqu'il eût prouvé qu’il avait la majorité légale des voix! ,
Quelle amère dérision l'Hon. M. Sicotte nous faisaitil donc subir quand il se donnait indirectement la mission de moraliser nos hommes publics ! Jamais l’immoralité politique n’a porté haut la tête comme pendant la dernière session, et cela sous la scrupuleuse égide des moralisaleurs ! !