‹ A messieurs les électeurs le [i.e. de] la division de Rougemont [microforme]Chapitre 4 sur 10 · ZE · texte numérisé non relu

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sait et protester contre la passation, malgré Ja majorité ffaut-Canadieune, de lois qui n’affectaient nullement le Bas-Canada. Mais la coalition entre les libéraux du Bas-Canada et les tories du Haut ayant ét6 la négation de toute logique quelconque, il "Ctaïit stricteticnt impossible que ceux qui éhiraïént successiveiment dans cette coalition, pussent rester logiques dans leurs actes.

On peut bien appliquer ün pritcipe, mais jamais la négation d’un principe.

Nous en scinmes done arrivés, par la seule logique des événements, à saisir, À comprendre pratiquement le coté jilogique des coalitions de partis, ct leurs conséquences iramorales.

effet de la coalition sat fait sentir avec une parfaite évidence dans la question du Siége du Gouvernement, ù Quend un parti a une fois transigé avec ses principes, tout lai devient indifférent hors l'accaparement du pouvoir, Coume où n'a recours aux coalitions que pour s'en cinparer à tout prix, les coalisés subordonnent natürellement toutes autres considérations à sa posses- 5107,

Des hommes qui auraient vraiment eu des principes urictés ; qui auraient sérieusement eu le désir de faire passer les iutérèts généraux du pays avant leurs convoitises de poñvoir où lenr besoin d'importance personnelle, n’eussent pas un instant hésité à faire de la fixa- ‘ion définitive du siége du gouvernement une question ministérielle, Tous les partis s’aceordaient ‘sur l’absurdité et Îles désastreuses conséquencesdu système ambulant ; tout le monde avouait qo’un n’y pouvait irop tôt wiettre fin; les Ministres eux-mêmes savaient se donner Pair de le désirer sincèrement et pourtant que font-ils ?

Ils adoptent la fine et savante tactique de faire de ceite question une question libre snr laquelle chacun d'eux pouvait voter à sa guise.

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Quel à été le vrai résultat, la dernière conséquence de cette tactique ? Evidemment de permettre aux ministres Bas-Canadiens de voter librement à l’encontre des intérêts du Bas Canada, puisque Île tout nous a conduit à voir choisir Ottawa comine la Capitale !

Par ce moyen, on ravivait lesprit de localité, on suscitait les rivalités de clocher; le règlement de la question devenait interminable, mais aussi les ministres dormaient en paix sur leurs siéges. On gaspillait à qui mieux mieux les deniers publics, on dépensait trois cents mille louis en trois déménagements ; on donnait champ libre à des intrigues inouïes, on dérmoralisait et le peuple et ses représentants: mais on avait la satisfaction de se plonger saus inquiétude au fond de son fauteuil de ministre en se disant: “ Comme ce fauteuil me va bien.”

Une seule localité, dans le pays, offrait un terraiu neutre, en quelque sorte, aux diverses races qui lhabitent, Une seule ville, en Canada, offrait'à chaque race un chez soi acce ptuble au point de vuc de la nationalité. C'était Montréal. Là seulement, les deux lanques se trouvaient sur ün pied d’ége Air : là seulement les dû ‘putés Anglais et Français retronvaient les sympatkies de leurs nationaux et des influences de partis ou de races à peu près égaics,

Dans toutes les villes du FHaut-Canada, les Cavadiens-Franç: als sont ea pays éiranger, parce que per

sopne n’y parle leur langue. Pour eux c’est un exil.

A Montréal, les Haut. “Canadiens sont chez eux parce que tout le moude y parle leur langue et parce qu'ils ont des idées communes avec une grande partie de la population. , D'ailleurs les au -Canadiens font une potable proportion de leurs affaires commerciales à Montréal, et leur séjour prolongé dans cette ville n’est un inconvénient grave que pour un très petit nombre d’entre eux, Le contraire à lieu pour neufsur dix des Bas-Canadiens.

A Montréal, il ÿ a non-seulement une opinion publique forte et Élatiie. wais il y a aussi un nombre considérable d'homines de talent et d'intelligence qui sont les égaux ou même les supérieurs de beaucoun de

membres de la législature, ce qui empêche ceux-ci de s’imaginer qu’ils résument eu eux seuls toute la sagesse du pays, et cette dernière considération est plus importante qu’on ne le pense généralement, car dans une petite ville, toutes les inutilités de la Législature se prennent pour des capacités de première ordre.

A Montréal, ua plus grand nombre de citoyens pouvaient profiter de l’avantage d'assister aux délibérations des chambres législatives que dans aucune autre ville ; une plus grande proportion, par conséquent, de la population se serait formée aux affaires publiques.

A Montréal enfin, les dépenses d'établissement iléfinitif du gouvernement devaient coûter moitié moins que partont ailleurs, à cause des facilités de toute espèce qu'offre nécessairement une grande ville.

Toutes les raisons semblaient militer en faveur de Montréal. Qu’est-ce donc qui l’a empêché d’être choisi ? Le Voici.

lo. L'esprit d’intrigue qui a toujours fait le fond et la forme de la politique de la coalition ;

20. Les sympathies du Gouverneur pour la faction Tory Haut-Canadienne ;

30. Son aversion profonde et son hostilité systématique pour tout ce qui est Canadien-Français.

Si Montréal avait été placé au centre d’une posulation Anglaise, il eût été désigné de suite.

Mais l’intrigue et les préjugés entretenaient d’autres projets !!

L'opinion publique exigeait eependant qu’on en finit avec ces transports fréquents d’archives, de documents, de livres précieux, de bureaux, de meubles, de familles et d'employés qui coûtaient des sommes énormes.

Les Ministres sentaient bien la nécessité de céder à de justes réclamations contres ces extravagances, mais comment aborder de front la difficulté sans s’exposer plus ou moins à perdre leurs siéges? En d’autres termes comment concilier leur devoir avec leur intérêt ; là pour eux était toute la question.

Dans leur humble opinion d’eux-même, le plus pressant de tous les besoins du pays était qu’ils restassent ministres! Faire de la fixation du siége du gouverne-

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ment une question de cabinet, il ÿ avait peut-être deux chances seulement sur dix qu’ils +eraïent battus, mais unfin il y avait un léger risque. Si cé risque se réali. sait que devenait leur pauvre pays? Quels dangers ne courerait-il pas une fois sorti de leurs mains habi: les et dévouées ? Il ne s’agissait nullement d’eux-mê: mes, on le savait de reste! Leur abnégation person: nelle était, Dieu merti, assez bien établie ; et c'était bien l’idée seule des cohséquences désastreuses qu’eniraînerait peut-être pour le pays leur rettaite forcée des affaires, qui prenait à la gorge ces Cinëinnatus de petite volée, et leur faisait perdre la tête |

On renonça donc, par pur dévouement pour le pays; à Fa question de cabinet! On se mit alors en frais de génie pour trouver un biais qui permît aux Ministres de rester ministres et leur évitât le désagrément d’encourir les responsabilités de leur position !

L'Hon. M. McDorald, qui avait ses vues, eh proposa un de suite !

Référons la question à la décision de la Reine,” dit-il à ses amis, ‘si elle veut accepter cette respot: ‘“sabilité, nous sommes casés pour longtemps.”

‘ C’est magnifique, répondit le troupeau, référons à la Reine,” el on trouva une majorité assez servile pour y consentir! Et le pays eût le déplorable spectacle d’une Législature, sacrifiant les droits du pays, oubliant ses propres devoirs, abdiquant sa propre raison, sa propre intelligence, son propre bon-sens ; faisant P’humiliant aveu qu’elle n’était pas capable de décider sagement la question la plus locale} et la plus actuelle possible ; et de son plein gré, référant rette question à l'autorité métropolitaine qui ne pouvait pas la juger avec connaissance de cause, et qui aidée «es consetlsdu chef actuelde l'Exécutif, finit par commettre la plus Jourde bévue que l’on eût encore essayé de faire avaler à la Province.

Ottawa fut donc choisi, et cette décision qui ne pouvait jamais être acceptée ici, aura toujours l’effe: de démontrer que ce n’est pas en Angleterre qu’il nous faut aller chercher la sagesse et les lumières dont nous etoyons avoir besoin pour conduire nos affaires. Elle

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démontre qu'il siilit d'en appeler à la métropole poar

qu'une absurdité soit coinmise, C’est une leçon qui

nous est venue fort à propos et qui nons engagcra, je

l'espère, à ne nous en reposer sur personne, dorénasani, onr faire ce que nous pouvons faire nous-mêmes,

Quand la question de ja référence en Angleterre s’agitait dans la Chambre, où disait alors aux Membres ce qu'on m'a dit à moi-même.

“Ne eroyez pas que M. Cartier arsit consenti à ré- ‘6 férer cette question en Angleterre, s’il n'avait pas été ‘6eûr que Montréal serait choisi. 11 sait bien qu'il serait perdu dans le Bas Canada, si Montréal ne l'était ‘pas à la suite d’une démarche un peu hazardée, je “Padmets. Soyez done sûr qu’en votant pour la rélé- “rence en Angleterre, vous volez de fait pour Moni- A 1:17) Pi

Comme de raison, je pris la liberté de rire, le plus peliment possible, au nez de l’'émissaire qui me tenait ce langage. Aller à quinze cents lieues chercher une décision que rien ne nous eimpêchait de prononcer nous même, et qui devait évidemment être hostile au Bas-Canada; aller en quelquesorte emprunter du bon sens ailleurs, cela me paraissait être la plus trismphante absurdité que l’on put faire avaler à un corps délibératif, Je votai done çontre la référence en Angleterre, maïs la majorité des Chambres acquiesca à cette abdication de leur pouvoir et de leur raison.

Je vous aï développé dans ce qui précède la conduite des dernières administrations sur cette queslion, jusqu’au moment de ia réunion des Chambres, Examinons mainterant ce qui s’est fait pendant la session.

Tont le monde sait comment, l’automne dernier, l'administration publia ia décision relative au siége du gouvernement, précisément à l’époque ou cette nouvelle, rendue publique, pouvait influer sur l’élection J'an de ses membres. Tel était alors le but immédiat de cette publication, mais il existait une raïson plus puissante encore qui olors ne frappa personne.

En publiant cetie nouvelle avant F1 session, on pou:

vait à la rigueur, n’en rien dire dans le discours du tréne, On empèchait par à Ja Chambre de se prononcer dès le commencement de la session sur cette question, eton se donnait foujours un peu de vie. La marche des évèrsments pouvait amener de nouvelles complications et peut-être rendre la majorité moins hostile à la décision métropolitaine. On se décida done à annoncer simplement à la Chambre que la dépêche da ministre des colonies Tai serait soumise, La Chan. bre re pouvait rien répondre d’hostile à cette infor. mation et la question fut ainsi ajournée.

Des hommes politiques un peu forts, un peu amis de leur réputation, un peu disposés à faire face aux diflieulés, un peu moins attachés à leur charge n’eussent cerlainement pas eu recours À ce misérable moyen d'éluder une question de cette importance !

Plus tard dans la session, un membre de lPadministration déclara que les ministres exécuteratent la loi, et que leur devoir ne leur laissait pas d'autre alternaf'rell A trois reprises différentes, la Chainbre s'était prononcée, à d'immenses majJorités, contre Ottawa : cette ville était précisément la seule localité dans le pays dont personne ne voulait; les vœux du pays sur cette importante question, méritaient bien quéiqne considération, autant au moins que la bévue de M Labonuchère ; les Chambres en invoquant l'intervention de a métropole, sous-entendaient nécessairement que sa décision serait au moîns acceptabie an pays: or le de. voir des ministres était-il de dire : “Nous n'avons pas d’autre devoir à accomplir que celui d'exécuter une décision que l'opinion publique déclare absurde ?7 Si on avait choist Trois-Rivières ou Sherbrooke, anraiton accepté cela sans mot dire? Au fond labsurdité n’eut été que très peu plus grossière !! Est-ce donc que les Ministres n'avaient plus de devoirs envers le pays, du moment que le ministre des colonies avait parlé ? N'est-il pas clair, évident qu’en parlant ainsi, ces Messieurs bouleversaicnt complètement toutes les notions de devoir et de droit ?

Mais on faisait une insulte à la Reine, en ne mainfenant pas sa décision.

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«… Allons donc, c'est une bouffonnerie que vous nous débitez là!

La Reine est-elle responsable de ses décisions, ou de l’exercice de sa prérogative ?

—Non.

— Qui cst donic responsable ?

—$Son Ministre, évidemment !

C’est donc au Ministre que s'adresse la rebuffade et non à la Reine.

Puisque la Reite ne peut rien faire sans conseil, ce sont évidemment ses Ministres qui lui ont fait choisir Ottawa. En refusant d’accepter Ottawa, nous ne faisons donc rien autre chose que dire à la Reine : “Vos Ministres vous ont mal conseiflé.”” Ce sont les Ministres seuls qui reçoivent le souflet puisqu’eux seuls ont pu commettre la faute. À eux de donner des avis acceptables. Ceci est élémentaire. L’Hon. M. McDonald ne pensait donc pas un mot de ce qu’il disait quand il arguait d’insulte à sa Majesté. Mais quand P'Hon. Monsieur pense-t-il ce qu’il dit ?

D'ailleurs, le ministère actuel, composé des mêmes hommes à peu près que l’autre, vient de déclarer qu’il

abandogwnait cette question à l’action de la Législature, C’est tout simplement une nouvelle intrigue, une nouvelle malhonnêieté ; une dernière lâcheté ! Des hommes honorab'es feraient de cette question une question de cabinet, C’est leur devoir, c’est la seule tactique que le bon sens indique ! On ne Je fait pas uniquement parce qu’on tient plus à sa place qu’à son honneur comme hommté public.

Mais pouquoi donc n’y a-t-il plus d’insulte à la reine, maintenant ?

Pourquoi donc, sans changer de pe: sonnel, changet-on diamètralement d’opinion ?

—Est-ce que le nom du premier ministre Cartier couvre l’insulte à la Reine, comme le pavillon couvre la marchandise ? D'ailleurs, que signifient ces reproches d’insulte faite à la Reine par les hommes mème qui ont fait si peu de cas de leur propre insulte au peuple du payé, quand ils déclaraient que nous Le re pas régler ici cette question purement cale ?

En vérité, je ne connais rien de misérable comme ges raisonnements !

Je ne connais rien d’impudent comme ceux qui les débitent.

Maintenant, que les Electeurs de St. Hyacinthe me permettent d’attirer leur attention sur un petit incident qui a son importance dans la situation actuelle,

Reportons-nous au 8 Décembre dernier.

Ce jour là l’Hon. M. Sicotte Etait venu nous informer qu’il avaii accepté une place de Ministre, et avait ajouté qu’il ne croyait pas avoir, par là, démérité de nous, Il n’y eut qu’une voix pour l’en assurer. Après cela l’Hon. Monsieur nous exposa au long sex vues sur Ja politique du pays, et le fit de manière à nous inspirer une pleine confiance dans ses intentions.

Quand il eût fini, je m’adressai à mon tour à l’assemblée, et je terminai mon allocution par une atta- | que contre l’administration d’alors à laquelle je repro- KE chai un peu vivement ses fautes et ses intrigues relativement à la question du siége du Gouvernement. Je me prononÇai surtout contre la référence d’une pareille question à la décision de la Métropole et je terminai | par ces propres paroles, que je notai de suite : |

“Je n'ai pre de doute que l'avénement de l’Hon. NE. | “Sicotte au pouvoir ne soit une garantie absolue pour ‘le Bas-Canada que si le malheur veut, ce que je re- ‘garde comme entièrement improbable, qu'Ottawa soit “choisi comme siége du Gouvernement, pas un sou ‘n’y sera dépensé pour l'érection d’édifices publies.”?

L’'Hon. M. Sicotte s’avança de suite et dit :

‘Je concours cordialement dans tout ce que MT. Dex- ‘ saulles vient de vous dire relativement à la question

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‘ du siége du Gouvernement. [l aurait même pu ajou- : ter que personne n’a blâmé plus fortement que moi le | projet de référer cette question à la décision du Gouvernement métropolitain,” puis il blâina l’acininistra- 1 tion plus ‘-rtement que je ne l'avais fait moi-méine, de 11 la faute qu’elle avait commise en n'ascepani pas jrun- 3 Les Electeurs de St. Hyacinthe se sématie it 1 jour là persuadés, comme je l’étais moi © 7, tu x

} chement les responsabilités de sa position ! |

près ce que nous venions d'entendre, jamais, du con: sentement de l’Hon. M. ‘’ ‘*, le Gouvernement n’irait à Ottawa; et que s =. | exprimé comme il venait de Je faire, il résignerait son siége plutôt que de consentir à cette monstrnosité. Telle était la conviction générale, fondée sur toute la teneur du discours de l'honorable Monsieur.

Eh bien, c’est précisément parce que la Chambre ne Jui «a pas permis d'exécuter cette monstruosité, qu’il a résigné !

Nous ne l’avions pourtant pas élu à l’unanimité pour Penvoyer se faire le champion des intérêts d’Ottawa contre le vœu de l’immense majorité du pays !

Nous ne l’avions pourtant pas élu à l’unanimité pour l’envoyer se faire le champion de la Reine, ou de sa prérogative, ou des bévues de ses Ministres !

Comme Ministre Canadien, son devoir n’était certainement pas d’exécuter à la lettre les volontés, ou de faire subir au pays les fautes des Ministres métropolitains ; et comme mandataire du peuple, son devoir était certainement d’empêcher que la construction d’édifices publics à Ottawa ne causât une perte énorme au pays, car Ottawa ne pouvait pas en être permanemment la capitale.

Voyons, sérieusement, l’Hon. M. Sicotte aurait-il osé nous dire, le 8 Décembre, qu’il ferait tout en son pouvoir pour qu’Ottawa devint la eapitale des Canadas? Eut-il osé nous dire, quand nous l’élisions unanimement : “Je résignerai si Ottawa n’est pas la capitale.” Quelle eût été la conséquence de cette parole ?

Or ce que l’Hon. Monsieur n’eût certainement pas osé nous dire, comment at-il pu oser le faire ? Pourquoi encore n’acceple-it pas franchement, lui non plus, les responsabilités de sa posilion, et ne fait-il pas de cette question une question de cabinet? Pourquoi fait-il cette année précisément ce qu’il reprochait à ses prédécesseurs ?

Qu’à-t-on fait, Messieurs, durant cette session, relativement à la tenure Seigneuriale, cette question culminante entre toute pour les habitants des seigneuries ? Rien. On s’est encore cette année moqué des censitaires, et on a introduit une loi incompréhensible, qui avait pour but de répartir de suite le fonds seignenrial actuel, mais qui ne pourvoyait nullement à son augmentation, qui ne faisait pas même allusion à la nécessité de l’augmenter.

Bien plus, par le fait même qu’on eñt réparti cette année, entre les Seigneurs, le fonds seigneurial, on se créait une difficulté grave de plus dans l'avenir. Une fois l’argent payé, sans déclaration qu’il en fallait davantage, et le bill de M. Cartier n’en disait pas un mot, les membres du Haut-Canada, ceux des Townships dn Bas-Canada n’eussent pas manqué de prétendre que octroi du fonds seigneuriai avait 616 une affaire finale, considérée comme telle par tout le monde sans exception, et il n’y avait presque plus d’espoir que justice fut rendue aux censitaires !

Nous avons entendu l’Hon. M. Sivotte dire aux électeurs de St. Hyacinthe, quand il ieur demandait de le réélire, qu’ils pouvaient être tranquilles sur la question des droits scigneuriaux et se tenir pour assurés qu’ils n'auraient rien autre chose à payer que le capital de leurs rentes. L’Hon M. Cartier a dit précisément la même chose aux électeurs de Verchères. Comment ces deux Messieurs ont-il tenu leur parole ? Celui-ci a introduit une loi, et l’autre en a approuvé l'introduction, par laaüelle on laissait à la charge iles censitaires au delà de ‘leux millions de piastres qu’on leur disait, avant d’élre élu, devoir être payées par le Gouvernement !

—Mais on l'aurait fait l’année prochaine !

—Pourquoi pas cette année ?

—Parce que les membres ministériele du Haut-Canada s’y seraient opposés, et les membres de l’opposition aussi, ce qui nous mettait dans une minorité,

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