‹ A messieurs les électeurs le [i.e. de] la division de Rougemont [microforme]Chapitre 9 sur 10 · HE · texte numérisé non relu

HE

ne s°y trompe pas, le mal se guérira parsun excès méme, et il n‘est pas possible qu'un régime.qui ne repose que sur l‘illégalité, la. Sophia et l'immoralité subsiste longtemps !

Les hommes qui sont au pouvoir aujourd‘hui,seront bientôt relégués auplus bas dégré de l‘échelle des réputations politiques ! Dans les affaires publiques, comme dans les aflaires' privées, les fraudes, les violations de devoir, le mépris du droit d'autrui, l‘ambition effré: née, l‘amour sordide de la doiniuation et l‘escamotage du pouvoir n’ont qu’un temps, et plus on a été immoral plus on reste méprisé et honni.

Avant un an ou dix-huit mois la rétribution viendra pour M. Cartier, et soit qu’il se fasse juge, soit qu'il entre malgré lui dans la vie privée, il n‘en restera pas moins le nom le plus méprisable de l‘histoire des vingt dernières années.

Il restera, pour le Bas-Canada, le type du Ministre intrigant et corrupteur : Walpole moins le talent! Il restera le type de l‘inconvenance, de l‘arrogance, de la brutalité de manières et de langage en tant qu‘orateur politique ! [{l sera cité, dans l‘avenir, comme un éclatant exemple de l'effet du pouvoir sur les caractères qui ne sont pas assez fortement trempés pour savoir mépriser les jJouissances vulgaires de la vanité, et pour conserver leur équilibre moral dans une haute position, Hautain et grossier avec ses inférieurs, obscquieux à l'excès avec ses supérieurs, personne, que je sache, n’a jamais eu l‘épine dorsale plus souple en présence des Gouverneurs. Transfuge d&libéralisme et portant à l‘excès, suivant l‘habitude des transfuges, ses idées de converti au Torysme, il se montre invariablement plus violent contre toute tentative sérieuse de réforme, contre toute extension des droits populaires que les inembres les plus encrouté* de l'ancien Family compact qui ont en vérité l‘air de comprendre mieux que lui les progrès de l'opinion! Politique a idées étroites, ministre sans vues larges et compréhensives, tacticien yans finesse, chef de parti de hazard et sans but défini, le seul côté saillant de sa tactique est l‘opposition à outrance à toute amélioration qui ne vient

pas de lui, à toute idée qui le dépasse, suggestion c‘est l‘offenser !

s‘attirer sa colère ou son dédain !

Lui faire une Lui offrir un conseil, c'est

Sooïste forcené en

tant qu'homme politique, tout lui va pourvû qu'il reste

ministre !

L‘audace avec laquelle il a défilé devant

la Chambre toute l‘incroyable intrigue ourdie par lui tt ses amis pour usurper le pouvoir au inépris de toute loi, de toute morale et de toute décence, dépasse tout ce que l‘histoire mentionne de plus impudent en fait de mépris calculé des droits des peuples, en fait sur-

tout de mépris de l'opinion publique.

Pour annoncer, le sourire de la satisfaction sur les lèvres, qu‘il venait d’usurper le pouvoir au moyen d’une filouterie légale, il fallait compter beaucoup sur la démoralisation que le malheureux cri de ‘ laissez faire,

ayez confiance,” a jetté dans les esprits.

Voila au-

Jourd’hui l’unique source de l’indifférence de l'opinion en face des crimes administratifs du Ministère actuel,

En 1848, quand l'administration Lafontaine revint au pouvoir : le cri général fut : “ Ayez confiance

dans l’administration.”?

Seulement ce qu’on voulait,

ce n’était pas la coufiance éclairée de l’homme qui examine et discute les actes des Ministres avant qu’ils ne deviennent ‘faits accomplis,” mais la confiance aveugle du partisan qui approuve avant même que le

maitre n'ait parlé.

Depuis, à chaque installation de

ministère, un noyau d’affamés criait invariablement : “ Ayez confiance ; ne discutez pas ; n’examinez pas; ‘les hommes qui sont au pouvoir savent ce qu’il faut ‘au pays; acceptez ce qu'ils proposent car ils ont les

“ meilleures intentions du monde.”

Et ainsi, petit à

petit, on a habitué le peuple à marcher les yeux fermés et à approuver silencieusement ce qu'il eût fortement opposé s’il eût pu lire nn peu mieux dans

l'avenir.

Ceïte malheureuse politique de laissez faire produit aujourd’hui ses fruits et les intrigants seuls em pro-

fitent.

Après l’odieuse usurpation qui vient d’avoir lien, un

cri général, immense, universel d'un bout de la Province à l’autre contre les usurpa-

aurait dû s'élever

\eurs. Dans chaque Division, dans chaque comté, dans chaque paroisse on aurait dû, si une opinion publique tant soit peu forte eût existé, s'élever hautement contre la violation de la constitution. Que deviennent les garanties individuelles, que deviennent les droits de chacun quand la constitution, base de tous les droits, fondement nécessaire de tout l’édifice social, est impunément violée par ceux-là même qui sont chargés de la maintenir ? De ce moment là personne n’est en sureté chezlui; la liberté politique n’existe plus que de rom, la liberté civile est menacée, la liberté individuelle est mise en péril.

Eh bien, cette fois encore, on a laissé faire. L’opinion publique est si bien endormie qu’il semble impossible de lui redonner la vie qu’elle a perdue. Des hommes parfaitement estimables, sincèrement amis de leur pays, voient avec alarme l’état de chose actuel ; avouent que le seul remède possible se trouve dans une opposition active aux hommes qui l’ont amené ; admettent qu'il n’y a rien de bon à attendre et du ‘système responsable tel qu’on nous l’a donné” ct des hommes qui l‘on fait fonctionner jusqu’à présent ; et néanmoins quand on les pousse un peu dans la discussion, que répondent-ils ?

—Qui sait si d’autres feront mieux ? j

—Mais avec les hommes actuels, le mal est certain, réalisé! Leur nolitique a porté ses fruits, n’est-il pas temps de changer ?

—Qui mettrez vous à leur place?

—Des hommes nouveaux qui n'aient pas encore failli.

—Où les trouverez-vous ?

—Voyons, allez-vous prétendre que dans les denx Canadas il n'existe pas dix autres hommes capables de conduire les affaires publiques ?

—Voilà quatre ou cinq fois que nous changeons, ettout va Ge plus mal en plus mal!

—Eh bien faut-il, pour ne plus changer, renoncer à corriger ce qui existe ?

—N cu sans doute !

—Le corrigeia-t-on avec les hoinmes actuels ?

core leu x bles eons,

cer à

—Je ne le pense pas!

—Vous admettez donc alors qu'il faut changer ? —Oui si vous avez des hommes !

—Mais si les dix Ministres mouraient, le pays périrait-il ?

—Probablement non.

—Eh bien, ces dix Ministres, qui sont pleins de la vie physique, sont morts en tant qu‘hommes politiques intègres, utiles même. Ils ont violé la constitution, la loi, ils n‘ont tenu compte d‘aucun devoir, d‘aucun principe! Ils ne sont pas légalement Ministres, ils sont de véritables usurpateurs du pouvoir. Ils ont en réalité fait une révolution dans le pays.

Ce n'est pas une révolution faite par le peuple, dans la rue; c’est une révolution faite contre le peuple et contre son droit le plus sacré, dans les hautes régions de la politique! Ces dix homines, en saisissant le pouvoir au moyen d’une malhonnèête interprétation de la loi, ont tout siinplement commis un acte de brigandage que malheureusement la constitution n’a pas prévue, et qu'aucun tribunal ne peut juger au point de vue constitutionnel.

Loin d'occuper leurs fauteuils de Ministres, ils devraient être maintenant sur le banc des accusés, s‘il y avait un tribunal dont ils fussent justicables, comme ministres.

Avec notre absurd: gouvernement responsable, il n’y en a pas d’autre que l’opinion publique ; eh bien, Popinion publique est morte, le système dét/aisseà faire, intronisé en 1848, l’a tuée. L'’indifférentisme en matière politique est aujourd’hui la plaie principale du pays. Le droit individuel est violé, on le tolère! La constitution aussi l’est; on ne dit mot! Le droit le plus important des électeurs, celui de contrôler l’acceptation des charges publiques, est anéanti au moyen d'une sale supercherie ; les électeurs ne protestent pas ! Des fraudes colossaies sont prouvées ; le gouvernement qui est obligé de sévir, protège ses amis au lieu de les punir; le peuple ne s’ément pas ! La loi est torturée pour servir les fins personnelles de quelques intrigants ; les chambres restent muettes! Un ministre

cn UD ne

jette le défi à la morale publique en se moquant de son serment d'office ; la inajorité de l’Assemblée bat des mains !!,, Le claqueur le plus forcené, ‘ c’est un des incendiaïires du palais Législatif en 49 !” Cet homme devrait être au pénitentiaire : nul n’est plus près de l'oreille des Ministres! !

N’est-il pas temps de se demander : ‘ Où allunsnous ?

Depuis dix-huit ans, on nous crie : ‘ Vous avez le ‘ gouvernement responsable dans toute sa plénitude.” La preuve c’est qu’on n: peut pas mettre en accusation devant un tribunal impartial et indépendant,” un Ministre qui, suivant l'expression du grand O’Conuel, passe à travers la constitution et la loi eu carosse à quatre chevaux.

Nous avons le gouvernement responsable... La preuve c’est qu'un Gouverneur fait ici inipunément ce que la Reine n’eût jamais osé faire en Angleterre !

Nous avons le gouvernement responsable.,.. La preuve c’est que le Gouverneur agit officiellement sans conseillers responsables de ses actes, et n’est responsable à personne dans la colonie !

Quel magnifique gouvernement responsable que celui sous lequel un Gonverneur accepte une résignation offerte sous de faux prétextes, dans l'unique but d'aider ses Ministres à jouer pièce aux membres de l'opposition, et après les avoir débarrassés de ceux-ci en les envoyant à leurs électeurs, encore sous de faux prétextes, réassermente ceux 1à deux fois en douze heures de temps pour leur épargner, à eux, les désagréments d’une nouvelle lutte électorale ; et sanctionne ainsi, lui, le représentant de la justice et de la mora le publique dans leur plus haute expression, un escamotage immoral des droits du pays !!

Car que l’on dise ce que l’on voudra, la résignation du ministère Me Donald était faite sous de faux X prétextes puisqu'il s'était vanté, après le vote sur la motion de M. Piché,'de conserver la confiance de la Chambre ; et la dde du Gouverneur à M. Brown de lui former une administration était aussi une de wande faite sous de faux prétextes, un pur acte d'Hiy-

La sans pon-

> Cegnaique 8 de:

Page 1