‹ A.-P. de CandolleChapitre 15 sur 45 · Desciption · texte numérisé non relu

Desciption

Durafas nescil Jlammis molli/ e p ruinas.

(Quantum T ariar eus regni pallenlis hiatus .

Ad mânes imos , atque atrœ stagna paludis \i supcra tellure patct : iam lange per auras Erigi/ur te U us, et cœlum intercipit urnbrd .

Nullurn i cr usquarn , nullique œstatis honores ,

S o la jugis habitat diris y sedesque iuetur Perpétuas deformis hiems : ilia undique aubes Hue diras agit , et mixios cum g r andine nimbos . Jàmcuncti J laïus 9 ventique furentia régna Alpinâ po sucre dorno , caligat in altis Obtutus saxis y abeuntque in nubila montes.

Mixtus Atlios iauro , Rhodopeque adjuricta Mimant i , Ossaque cum Pclio, cnmquc Hemo cessent othris .

Ce que (Jtjfici Silius , doit s’entendre en partie des montagnes entières, et en partie, d’une certaine portion de ces mêmes montagnes; car les Grecs divisent les montagnes en trois parties , dont la première s’appelle la pointe , la seconde les cotés du mont, et la troisième la base ou la racine de ces mêmes monts. Ce qu’on dit donc de la grandeur et de l’élévation des montagnes, doit s’entendre du mont enlier; ce qu’on dit des neiges, des glaces éternelles, des hivers permanens, s’entend seulement des pointes. Polybius parle ainsi des monts et de leurs sommets, tant à raison de la nature sauvage des lieux, qu’à raison des hautes neiges qui pressent la terre et qui sont resserrées par la gelée et la rigueur perpétuelle des saisons, qui y

sont toujours fort rudes, et que bien loin d’être cultivées,

on n’y observe pas seulement un vestige humain.

On a construit au sommet de presque toutes les Alpes,

le

du Valais. io3

le long des passages fréquentés , des bâtimens pour y recevoir les voyageurs. Mais quant aux vivres il faut tous les y transporter à dos de mulets, ainsi que les bois à brûler, et cela souvent par des trajets de plusieurs lieues; on peut donc dire , que le sommet de ces Alpes est inhabitable , mais que leurs côtés sont habités, ainsi que les vallées latérales. C’est pour cela encore , que le même Polybius dit, que les sommets des montagnes sont nuds, privés d’herbes et d’arbres, parce qu’ils sont couverts d’éternelles glaces; mais les vallons à mi-hauteur ont de beaux pâturages, ainsi que de belles forêts d’arbres de sapins et autres , bien exposées au soleil , en un mot, des lieux convenables à la culture.

Livius dit encore la même chose par ces mots, nuda feri

cacumina sunt , et si quid est papuli, obruunt nives : injeriores

v aile s apricos quosdam colles baient, rivosque propè sylvas ,

etiam humano cultui digniora loca. Les sommets des alpes

et des hautes Montagnes sont donc horribles et stériles ,

continuellement gelés et couverts de neige; mais les

régions moyennes ont de beaux pâturages et sont cultivées,

tandis que la base de ces mêmes montagnes offre des

prés, des champs, des vignes et des vergers de toute

beauté et de toute richesse j preuves de cela , les côtes du

Piémont, de l’Italie, et de nos vallées qui produisent tout

à l’exception du sel seulement; encore y a-t-il dans la

vallée d ’Hérins , dans l’endroit appelé Combiola , une

source qui est assez abondante. Aussi à l’entrée de la

vallée de Viègey proche, et vis-à-vis de Stalden , on

aperçoit une grande étendue de vignes qui produisent

un certain genre de vin blanc qu’on appelle vin payen ,

çinum paganum , en allemand heidenwein ; serait-ce paj'cç

io4 ' Description

qu'il est fort piquant , ou parce que des Payens qu’on nomme dans le pays Hciden , les auraient cultivés euxmêmes dans cette vallée, ce qui cependant ne paraît pas vraisemblable, vu que ces peuples n’avaient point de vignes , et ne restaient pas assez long-tems dans le pays* qu’ils ne faisaient que parcourir et ravager. Enfin quelqu’en soit la cause , il porte ce nom, et même depuis des tems iinmémoriels, et probablement il le gardera longtems chez les cultivateurs. Silius parle donc des plus hautes montagnes quand il dit canam grandincm , et quoi** que par leurs pointes elles soient de tout côté exposées au soleil , et que pour cela les poëtes disent qu’elles se présentent les premières au soleil levant, néanmoins parce qu’elles sont plus voisines de la région supérieure et froide de l’air, celui-ci ne s’y échauffe pas au point à pouvoir dissoudre toutes ces masses de neiges qui s'y trouvent entassées lts unes sur les autres.

Le peuple croit, que les plus hautes montagnes étant plus voisines du soleil, elles doivent pour cela être plus chaudes; mais Scneca a fort bien réfuté cette erreur dans le quatrième livre des questions naturelles, en enseignant* qu’il n’y a point d'analogie , ni de proportion entre l’élévation des monts et l’étendue de la terre; qu’autrement la rondeur du globe ne pourrait pas subsister , et que les montagnes n’avaient jamais assez d’élévation pour sentir plus particulièrement le voisinage du soleil, que toute autre partie de la terre; mais qu’il n’en était pas de même à l’égard de l’atmosphère, qui est peu distante de la terre,; il ajoute encore, que plus l’air est élevé, plus il est homogène et pur, et ne retient par conséquent point les rayons, mais les laisse passer à travers un vuideijl ne peut donc

ioS

pas être échauffé; en outre les endroits les plus sont les plus exposés aux vents, et par là même plus fyoiçif encore: mais il est tems d’en revenir et de passpr autre sujet. .

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