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observant* à la haule session, que le teras de sa charge «'tant expiré, il était aussi de son devoir d'en -faire la rémission entre ses mains, comme au vrai centre , d’où elle lui était avenue , demandant excuse pour les erreurs et omissions qu’il avait pu faire pendant son administra? lion, soit involontairement, soit par défaut de capacité requise, se recommandant enfin très-humblement avec les siens à la protection, et à la bienveillance du gracieux Souverain, et des membres qui le composaient. Après que cette harangue était finie, on nommait un autre grand. Baillif, si le même n’était pas confirmé, ce qui n'était pas rare, quoique néanmoins il était obligé de faire celte résignation toutes les deux années. On observait la même chose dans la nomination des M.r* le vice-Baillif , le Secrétaire dElat, et de M.r le Trésorier.
Pendant la Diète M.r le grand Baillif, selon son bon plaisir, confiait le petit Conseil, ainsi dit, à tenir à l’un des sept dixains d’en-haut. Ce dixain ainsi invité de tenir ce petit Conseil ce même jour, était dans l’usage de demander l’assistance du Président de la Diète , et de vouloir bien aussi lui accorder un membre de chaque dixain, afin de pouvoir délibérer plus mûrement. Le nombre des Députés de chaque dixain variait souvent; quelques-uns en envoyaient quatre, d'autres cinq; mais quelque fui le nombre de ces Députés , un seul cependant portait la voix pour son dixain respectif, et 11c formait aussi qu’un seul suffrage. Le Conseil fini, on rendait grâces au Président, d'avoir bien voulu leur faire tenir ce Conseil, et chargeait ensuite M.r le Secrétaire d’Etat, qui accompa-* gnait toujours le Président, de vouloir faire l’ouveriure de ses résolutions au grand Conseil , qui se trouvait assenai
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Lié en meme tems , pour pouvoir confirmer ou changer par leurs voix les décisions du petit Conseil , dont les résolutions, quoique formées par plusieurs, ne comptaient que pour une seule voix, ou pour un seul suffrage au nom de son dixain sur l’objet à résoudre. Il en était de même, lorsque le graiid Baillif, le vicc-Baillif, le Secrétaire d’Etat faisaient la rémission de leurs charges, qui se faisaient à la Diète du mois de mai , et le petit Conseil se tenait par les députés du dixain de celui qui remettait sa charge.
Toutes les fois qu’on nommait un grand Baillif, ce qui se faisait dans la Diète du mois de mai, les années que cela avait lieu, il était obligé de prêter le serment dans les mains de l’Evêque, comme Comte et Préfet du Valais , et non comme représentant la puissance* suprême de la République, en' lui présentant l’épée, et le faisant jurer de vouloir présider la Patrie en Chef fidèle.
Quoique ordinairement le grand Baillif convoquait lu Diète pour la tenir à Sion, il pouvait néanmoins, aussi convoquer des Diétines ailleurs , pour les causes étrangères, et urgentes, où le Révérendissime Evêque n’avait aucun intérêt. Le grand Baillif pouvait encore ramasser les voix des dixains par une lettre Circulaire, dans laquelle chacun inscrivait son opinion sur l’objet en question , et lui la
faisait ensuite remettre.
Dans les résignations de la charge honorable des Messieurs les Gouverneurs, .à l’expiration de leur tems ; les „ Députés du dixain, dont il était,, avaient coutume de quitter leur place , car chaque dixain avait sa place déler- , minée dans la salle des séances- et de se rendre tous au
lieu , où sp rendait le Gouverneur résignant , et de l’accompagner ; tous les autres parens consanguins, restaient debout pendant tout le tems que durait le discours de la résignation. Le petit Conseil se tenait ensuite par les Députés du dixain du résignant , et le grand Conseil pre* nait ses résolutions pour les modifier ou les confirmer.
Tout ce qui avait été décidé dans ces Diètes, à l’exception des nouvelles élections, à moins que celles-ci eussent été faites contre les libertés de la patrie, n’obtenait force de décision, qu'après avoir été confirmé par les Communes des sept Dixains, et après lecture préliminaire dps Abscheid/s. C’était pour cette raison , que M.r le Secrétaire d’Etat était obligé d’insérer à chaque recez ou abscheid pour chaque Dixain , ces mots : « et tout ceci au bon » plaisir des Conseils , et Communautés des sept louables » Dixains ». Le Révérendissime Evêque de Sion, et son Excellence le grand Baillif étaient les Juges ordinaires et généraux du pays. L’état du Valais avait ses rentes annuelles, ses droits, ses biens fonds, et ruraux. Les Gouverneurs de St. Maurice , et de Monthey avaient aussi leurs rentes annuelles , leurs biens fonds, leurs casuels , et le droits des amendes pécuniaires.
Ayant fait voir jusqu’ici les anciens droits des Evêques, du Chapitre , et de l’Etat du Valais, après avoir aussi exposé les differentes manières de nommer aux charges principales des différens membres de l’Administratration et du Gouvernement, il me reste encore à exposer la forme du Conseil de la ville de Sion ; nous le ferons de la manière suivante.
La ville de Sion, dans son Conseil, aussi nommé la Magistrature, avait beaucoup de Jjressfcmbltmee avec le
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Conseil Souverain du pays; car il avait une espèce de Prince ou de Doge dans la personne du Bourgmaitre, qui était maitre des Bourgeois, et présidait le Conseil de la ville , pendant les deux années de sa charge; il était nom- ?né par les Conseillers et la généralité des Bourgeois convoqués. Ce Conseil était composé de vingt-quatre membres, qu’on nommait Conseillers , parmi lesquels sept membres étaient appelés Préposes , et y restaient pendant leur vie durante, après avoir été une lois Bourguemaitre, car ils pouvaient le devenir plusieurs fois; c’était meme l’usage d’élire le Bourguemailre dans la personne d’un des sept préposés, lorsque le nombre était complet. Ces préposés portaient de grandes perruques jusqu’à trois marteaux, qui leur dépendaient le long du dos , et leur couvraient les oreilles , et quelquefois même une partie du visage, ce qui leur donnait une mine vraiment imposante , et souvent même mesquine.
Les Conseillers étaient nommés par le Conseil , et tirés de la classe des Syndics, mais les simples Bourgeois procureurs, et Syndics, n’avaient aucune voix pour leur nomination. Dans l’élection d’un nouveau membre, ceux qui étaient déjà du Conseil ne cherchaient souvent qu’à nommer leurs paï ens ; tels que leurs fils, beau-fils , frères , beaurfrères, et de préférence même, à d’autres plus méri^ tans, et d’une famille souvent plus distinguée. On a vu des personnes pleines de mérite et de talens être injustement exclues du nombre des Conseillers : en un mot, la parenté ou le népotisme y était souvent pour beaucoup.
Le rang des Syndics était le premier, après les Préposés et les Conseillers , c’était dans leur classe qu’on prenait les Conseillers, dans l’ordre d’ancienneté, et consé-
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quemment les plus anciens les premiers. Les Conseillers , une fois nommés , restaient tels toute leur vie ou s’avançaient successivement dans les charges ultérieures de la Magistrature; les Syndics, s’ils ne devenaieut pas Conseillers, restaient aussi tels toute leur vie. Ceux-ci , pour parvenir à leur charge, étaient; obligés de donner trois grands et somptueux repas publics. La ville fournissait le pain , les vins et les bois nécessaires , et le reste était aux frais du nouveau élu. L’Evêque, l’Ambassadeur de France, loule la Magistrature de la ville, tout le Chapitre, toute la Bourgeoisie, assistaient à ces repas , qui duraient depuis onze heures du malin, jusqu’à sept ou huit heures du soir; celui-là fini, commençait un autre festin, non moins splendide, auquel étaient invitées à leur tour, les Dames et les Demoiselles Bourgeoises, que quelques - uns des cavaliers du dîné accompagnaient encore. Le premier de ces repas , s’appelait le repas de la Pension , parce qu’il se donnait à l’arrivée de la pension de France; le second se donnait v aux fêles de Pentecôte , et le troisième aux fêles du mois à! août.
La dernière classe des fonctionnaires de la ville, ou de la Bourgeoisie de Sion, étaient les Procureurs; ceux-ci faisaient exécuter les ordonnances du Conseil, c’élait dans cette classe qu'on prenait les Syndics.
Il nous reste encore à dire quelque chose des Bourgeois , des habitans , et des tolérés, qui formaient trois classes d’hommes. Les Bourgeois étaient seuls participans à la bourse de la Bourgeoisie, fondée parles ancêtres des Bourgeois, et par eux-mêmes. Jadis les seuls Bourgeois pouvaient entrer dans les charges. Les habitans étaient ceux , qui , après avoir prêté le serment de fidélité, d'«-
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béissancp et de soumissiou au Conseil assemblé de la ville, payaient une certaine somme à la bourse commune , se procuraient à leurs frais un habit militaire complet , un fusil de munition , et s’obligeaient au besoin de marcher pour la défense de la ville ; moyennant ces conditions , ils étaient reçus dans la ville pour leur vie durante avec les leurs. Les Tolérés étaient ce genre d’hommes qui étaient reçus au bon plaisir du Conseil de la ville , et pour autant de tems qu’il leur plaisait.
L ancien Gouvernement de la ville de Sion, comme nous venons de le faire connaître , était Arisfocrafico- Dé’uocralique; Aristocratique, parceque c’étaitle Conseil des Vingt-quatre , qui administrait et gouvernait aristocratiquement la ville ; mais il était aussi Démocratique , en ce que les Bourgeois assemblés ou convoqués avaient conjointement avec le Sénat, le droit de nommer aux changes, et de recevoir de nouveaux Bourgeois, à la seule exclusion de la nomination des Conseillers.il est au reste facile de concevoir, qu’il était aisé au dit Conseil de faire sanctionner par les Bourgeois convoqués, les arrêts favorables qu’il portait pour étendre ses pouvoirs sur ces derniers, et de faire nommer aux charges ceux qu'il voulait , si l'on considère les moyens adroits qu’il prenait pour cela , ayant ses nombreuses créatures dans la classe des Bourgeois.
Il y avait à Sion des lois bien plus odieuses encore , c’étaient celles de* Echuttes , en vertu desquelles, si une fille de famille Bourgeoise épousait un non Bourgeois, quoiqu’habitant de Sion, elle était privée de certains biens enclavés dans la Baronnie de cette ville, et les faisait rentrer au corps de la Bourgeoisie, Cet usage était aussi à
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Sierre , sur le district nommé le Rosfeld. ; enfin , il y avait aussi des lois locales , qui excluaient les habilans de l’achat de certains biens fonds, et les privaient du droit de pâturage sur leurs propriélésdu Champ- sec ; mais ce droit passait aux Bourgeois , qui avaient aussi le droit de faire pâturer tout les prés de Champ-sec , situés entre le po t du Rhône et Bramois.
I.a ville est divisée en quatre parties ou quartiers, savoir : le quartier de Si/la; il comprend toute la partie située au levant du torrent de la Sionnt entre le Château vers Val'ere et Tourbillon , comme aussi toutes les maisons et édifices y existans. Le second s'appelle Je quartier de Prali fori , ou Prés de la foire. ; il contient les maisons situées à la droite en entrant dans la ville par la porte de Conlhay. Le troisième se nomme le quartier de Claoiney, il renferme les maisons situées à la gauche de la rue de Conlhay. Enfin, le quatrième est celui de Mala-Curia; il comprend cette partie de la porte de Louëche , au couchant du torrent de la Sionne, comme les livres des quartiers l’indiquent, et qui se trouvent à l'Hôtel-de-ville.
Jadis toute la ville de Sion était au-dessus d’une petite arcade étroite, qu’on trouve en montant vers Fafère, environ cent pas au-dessus de la Maison-de-ville , et s’étendait depuis là jusqu’aux pieds de P alère et de Tourbillon. J’ai fait une découverte, qui vient à l’appui, en creusant un puits dans le jardin devant ma maison, à la profondeur de 27 pieds au-dessous du niveau du jardin. J’ai trouvé à cette profondeur, des murailles de cave, comme aussi du charbon brûlé et des vases de tuile rompus et brûlés ; j’y ai encore trouvé des murailles récrépies, à une toise de distance les unes des autres ,ct de l’épaisseur de deux pipds;
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ces murailles prenaient leur direction du septentrion au
midi.
Les rues de la ville de Sion ne sont pas larges, ni bien droites; la symétrie n’a pas présidé à leur plan; toutes les maisons presque y sont d’une construction , d’une grandeur, et d’une direction differente; tantôt elles entrent dans la rue qu’elles rétrécissent , et tantôt elles s’en écartent, ou prennent une autre direction, et conduisent souvent le curieux dans des culs de sac très-mal-propres , et sens sortie ; il paraît, que les maisons ont été distribuées, dans le dessein de priver pendant toute la journée, les rues de l’aspect du soleil, comme il est d’usage chez les Maures , et dans les villes de la Turquie.
La grande rue , ou la place, que les habitans nomment le grand Pont, parce que la Sionne qui passe dessous , se trouve couverte dans tout le trajet par des poutres de mel'ese et des voûtes maçonnées de distance en distance, et forment ainsi un pont; le grand Pont , dis-je, forme la principale rue de la ville; c’est là, que se tient le marché tout les samedis de l’année. Cette rue est grande et jolie à raison du reste de la ville; il y a quelques beaux et gfands bàtimens; c’est sur cette place, que jaillissent deux fontaines, et où toutes les rues de la ville rendent le Voyageur, et le conduisent à la belle auberge du Lion-cTor.
Il y a trois fontaines dans la ville, qui toutes les trois ont d’assez beaux bassins de pierre; mais l’eau , qu’elles fournissant, n’est pas bien fraîche en été, ce qui n’est pas étonnant, si l’on considère d’un côté, qu’elle n’est pas bien abondante , et de l’autre, qu’elle parcourt un long trajet par des canaux de bois posés presqu’à fleur de terre, avant de se rendre dans les fontaines. Aujourd’hui celte ville est assez commerçante.