‹ à propos d'éducation [microforme]Chapitre 11 sur 17 · FT C · texte numérisé non relu

FT C

Vous appelez les pommes de terre des Patates ; ce sont pourtant deux tubercules bien différents.

Ce A À Pré

28 plus consi-

te force-là plus grand

s ne vous st prouver rœ point,” 1 vous avez

r les récits n’est pas

remarque, à Jacques ce ;” pour prédisposices,” pour

ppose, ou

ar descen- 1 n’est pas a cuisine.

uggestion, ter.

t salaire, employés

réaire ou ins juste.

, point de , chambre

ant deux

Partout vous confondez le mot station avec gare.

Vous appelez chars les wagons de chemin de fer ; ce qui n'est pas permis à un écrivain. Et pour comble — oh ! un vrai comble celui-là ! — vous dites les chars pour désigner le chemin de fer lui-même :

Si cette place (!) était plus connue et plus près des churs, le nombre des étrangers serait toujours assez considérable.”

Et vous viendrez nous dire que vous reprenez les élèves qui parlent Incorrectement..., A d'autres !

Invariablement, vous employez la préposition pendant, quand il faut durant, et durant quand il faut pendant.

Vous employez à tort et à travers animaux pour bestiaux, probabilité pour plausibilité, résidence pour demeure, habitation ou domicile, bézisse pour construction, édifice, chance pour billet de loterie, etc.

Fautes de français tout cela, monsieur l'abbé, Procurez-vous un

dictionnaire ; je vous en prie, pour l'honneur de notre enseignement classique,

Et combien de mots canayens !

Machine à feu pour locomotive :; envaliser pour empaqueter ; couvertes pour couvertures : de valeur pour fâcheux ; volier de maringouins pour une volée ; membre pour aénuté ; enrhumatisé pour rhumatisant ; voteur pour

votant, électeur ; avancé pour assertion ; finissants pour élèves de dernière année, etc,

Une véritable mosaïque.

Et les anglicismes donc !

Ici une parenthèse. On se trompe souvent sur la valeur du mot anglicisme. L'anglicisme n’est pas l'emploi d’un mot anglais, mais plutôt celui d’un mot français ou d’une tournure française, dans le sens que le mot ou la phrase peut avoir en anglais.

Ainsi, ce n’est pas quand je dis un square que je fais un anglicisme : ce vocable étranger est passé dans notre langue ; c’est quand je traduis ce mot par un carré. Quand je dis un piano, je parle français, tout en me servant d’un terme italien ; tandis que si, pour traduire en français le mot piano (doux) je disais : Je me suis acheté un doux aujourd’hui; je commettrais un italianisme, et personne ne me comprendrait.

Ceci expliqué, passons à vos anglicismes, monsieur l'abbé :

Faire su marque pour faire ses preuves, se distinguer.

Entrée, dans un livre, pour inscription.

Pntroduction, dans le sens de présenter une personne à quelqu'un.

Des pantalons (pants) pour un pantalon.

Danses vives ( fast dances) pour danses tournantes, danses à deux.

En recherche (in search) pour à la recherche.

Anævieux (anxious) pour désireux.

Terme (term) pour exercice, durée d'office.

Compétition pour concurrence.

file pour série, liasse,

Place pour endroit.

Député-ministre (deputy minister) pour sous-ministre, ou mieux chef de bureau au ministère...

Homme qualifié pour compétent.

Faire apologie pour présenter des excuses, etc.

Sams compter les machines comme ceci :

Jouer à l'argent ; tirer une course ; quant au fusil j'en suis peu ; l’une de ses vacances ; s'amuser aux verbes irréguliers ; un pèlerinage porteur d'un tableau ; voir une église passer au feu, etc.

Enfin, tout ce qu’il y a de plus corsé en fait d’iroquois, présenté sans aucun respect des règles les plus élémentaires de la rédaction orthographique.

Ainsi, vous ne connaissez même pas la différence qu’il y a entre la manière d'écrire le nom d’un endroit — Saint-Timothée, par exemple — et la manière d'écrire le nom du saint lui-même — saint Timothée.

Vous ne savez pas que les titres de monseigneur, monsieur, madame et mademoiselle s'écrivent tout au long à la deuxième personne, et toujours en abrégé à la troisième.

Vous écrivez n'importe quel nombre en chiffres, ce qui nous procure des phrases comme celles-ci :

1, 2, 10, 20, 30 maringouins..….

Le Journal des Sçavans a 6 pouces Ÿ de long sur 3 pouces à de large et 12 pages de texte,

J'ai remarqué 2 jeunes filles dont l’une s’est passé les mains dans la figure 13 fois en 2 minutes, et l’autre 72 fois en ? d'heure.

Vous avez compté cela montre en main! En égrenant votre chapelet sans doute.... saint abbé,

La jolie rédaction que cela fait, n'est-ce pas ?

Mais comment connaîtriez-vous ces détails, cher professeur, quand vous ne savez seulement pas épeler les mots ?

Vous écrivez hazard avec un +, habilité pour habileté, chaire pour chair, eravatte avec deux t, surrexcité avec deux r, collossal avec deux 4 quelque fois en deux mots, des {imbres-postes avec un s final, et cela trente fois au moins, quelqu'amour pour quelque amour, un remow pour remous, grand'parents trois fois, grand’oncle quatre fois, réflêce sept fois dans la même page, etc., etc.

Mais ce n’est pas seulement en fait de langue et de grammaire que vous êtes d’une ignorance monumentale, cher grand homme.

Vous nous apprenez qu'au petit séminaire des Trois-Rivières on a joué un drame tragique !

Dans l'Ztudiant vous apprenez aux élèves des collèges qu'il faut “ dire maintenant sir Abbott, sir Lacoste, sir Mowatt,” quand tout le monde sait, Ô illustre professeur, que le titre de sir ne s’accole jamais directement au nom de famille, et doit toujours être suivi du prénom. On ne peut pas plus dire sir Lacoste que Bonaparte III.

Votre savoir me semble tout aussi remarquable en mythologie, monsieur l'abbé, Après avoir donné à des poésies fugitives le titre d'enfants de Thalie et de C'alliope, vous ajoutez en note: Muses qui présidaient à la poésie.

Erreur profonde, illustre professeur classique : Thalie est la muse de la comédie et des festins ; Calliope celle de l’éloquence et de la poésie héroïque, Si aucune d'elles a jamais présidé à la poésie fugitive, ce ne peut être que dans la baillargerie de Joliette.

l’une d’un

sans l0gra-

re la — et

sieur, onne,

ocure

et 12 figure

pelet

uand

pour 'ux 4 rente nous, ns la

ment t pas

logie, titre ; qui

muse 0ÉsIe peut

Mais ce qui dépasse toutes les bornes de l'ignorance permise, le voici :

Page 150 des Coups de crayon. — On élève en France une potence pour le meurtrier Pranzini.

Ca, par exemple, c’est trop fort, monsieur l'abbé. Je vous savais phénoménal, mais pas tant que ça. Ignorer qu'en France on guillotine les assassins au lieu de les pendre, ce serait invraisemblable chez le dernier des ouvriers de Montréal ; comment cela peut-il s'appeler chez un prêtre qui est en même temps journaliste, auteur et professeur dans un collège classique ?

Cela casse les bras et les jambes comme le vin de Séville.

Et, qu'on le remarque bien, en tout ce qui procède, je n'ai fait que citer ce qui porte votre signature,

Si je prenais la peine de relever toutes les ineffabilités qui émaillent les productions et les réclames que votre Ætudiant offre à l'intelligence de la jeunesse : la cime des vallons, par exemple ; le verbe gir pour gésir : le cristalle pour le cristal, la mosaïc pour la mosaïque, etc., quelle jolie cueillette je pourrais faire !

Ces choses-là ont leur importance cependant. L'enfant lit cela sur les pages d’une revue publiée dans un collège classique par un prêtre professeur ; il s’imagine tout naturellement que rien n’est plus correct ; et tout naturellement aussi il écrit de cette façon plus tard.

Ce qui, par parenthèse, nous fait des bacheliers un peu propres !

Maintenant, monsieur abbé, qu'en dités-vous ? Vous a-t-on mal enseigné le français, ou bien étiez-vous incapablé de l’apprendre ? Car, il n’y a pas à dire, vous devez vous apercevoir enfin que vous ne l'avez jamais appris, le français ; et cela ne peut dépendre que de l'une de ces deux causes.

Et n’oubliez pas que, d’après vous, c’est un pauvre ignorant qui vous révèle ces horizons inconnus.

Imaginez-vous maintenant ce qu'il en retournerait si je n'étais pas aussi dépourvu de talent, si je connaissais bien ma langue, et si j'avais fait des études sérieuses.

Enfin, comme il ne fallait pas être un génie pour cela, je crois avoir démontré suffisamment que vous ignorez les éléments du français ; que, pour vous payer des villégiatures annuelles dans l'intérêt de vos rogrons, vous corrompez systématiquement l'intelligence des enfants confiés aux soins de nos collèges et de nos couvents ; que vous êtes, en outre, étranger aux moindres notions de savoir-vivre, et qu’enfin, si vous avez jamais été un professeur de théologie d’une valeur quelconque, c’est que l’acquisition de cette science ne nécessite pas des facultés aussi élevées que les sommets de l'Hymalaya.

A'lavenir, monsieur l’abbé, parlez d'éducation, discutez sur les études classiques, dites qu’on montre bien le français dans nos collèges, insultez les pères de famille qui s'inquiètent de ce qu’on enseigne à leurs enfants, surtout opposez vous bien fort à ce que les professeurs ec lésiastiques soient tenus à subir des examens, et si l’on ne vous rit pas au nez, C'est qu on sera charitable.

La semaine prochaine, monsieur l'abbé, je serai forcé de négliger votre personnalité pour m'occuper un peu plus directement de nos collèges.

Mais, si cela vous fait trop de peine, vous n’aurez qu’à le dire ; je ne reculerai pas devant quelques petits sacrifices pour ne pas laisser se dénouer trop vite des relations d'amitié qui nous ont procuré, à mes lecteurs et à moi, de si francs accès de gaieté,

À la semaine prochaine, monsieur l'abbé.

Page 1