NEUVIÈME LETTRE
Montréal, 2 juin 1893.
Monsieur l’abbé,
Si, cela ne vous déplaît pas trop, nous allons aujourd’hui conclure notre petite leçon de français.
Vous dites, page 20 de vos Coups de crayon, dans un français à vous :
Il importe, avant toute érudition, de bien savoir sa langue. :
Je suis de votre avis, monsieur l'abbé ; et j'ajoute, comme corollaire, qu'il est important, pour arriver là, d’avoir quelqu'un qui puisse nous l'enseigner.
Entrons donc en matière.
Une page de l'Etudiant d’abord ; car il faut vous dire que, depuis peu, j'en reçois de tous côtés, des numéros de l’£Ztudiant.
Vous nous racontez vos impressions de voyage en Espagne :
La vie coûte cher, il faut à chaque instant calculer son affaire, ne pas trop s'avancer, voir S'il en restera suffisamment pour revenir. A Lourdes, j'ai failli coucher dehors, faute de place dedans.
Tiens ! vous avez pourtant un talent rare pour vous faire mettre dedans. Quand vous serez encore embarrassé de cette façon, monsieur l'abbé, recommencez une petite dissertation sur l’enseignement classique, et vous serez sûr de ne pas être longtemps dehors.
En revenant de Lourdes à Pau, j'ai perdu mon chapeau.
Ouaïe ! j'ai connu un poète qui a déjà fait rimer cela : quel plagiaire vous êtes |
Je regrette ce chapeau ; il avait la propriété de ramasser la fumée de locomotive....(!ll!i) Pour voir cette course...
Il s'agit d’une course de taureaux ; cinq taureaux et six chevaux éventrés ; quel spectacle attendrissant pour un doux lévite ! Et dire que le juge Dugas, lui, fourre sans cérémonie en prison ceux qui vont seulement voir des batailles de coqs !
Lisez l’£Etudiant, chers élèves de nos collèges, lisez l'Etudiant, et vous serez bientôt au-dessus de bien des préjugés sociaux,
Pour voir cette course, continuez-vous, j'ai fait 24 lieues, et j'ai dépensé $5,00 sans compter la chaleur et la poussière. :
Ah! vous avez dépensé aussi de la chaleur et de la poussière ! I] paraît que vous y teniez, Vous êtes d’une extravagance, mon pauvre abbé | On peut du reste en Juger par le menu de vos repas, dont vous ne
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manquez pas d'informer vos lecteurs, pour qu us les prennent en note.et transmettent cela à leurs petits-fils.
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