II Sam, VI
conduisait l'attelage, étendit la main pour soutenir l'arche ; il tomba mort aussitôt, comme frappé d'une décharge électrique. « C'est que l'arche était tabou, observe M. Reinach*, et que la peine de mort est la sanction d'un tabou violé» .
Mais l'hagiographe Israélite l'entend autrement; il dit que lahvé, furieux contrele téméraire Ouzza, le tua sur le champ. Et vraiment on n'a pas le droit, sous prétexte que l'histoire est « choquante » , d' « éliminer la notion du Seigneur », comme veut le faire M. Reinach; de considérer seulement l'arche « comme un réservoir plein à déborder d'une force invisible » ; de ne voir dans le trépas d'Ouzza que l'effet d'un tabou aussi aveugle que puissant ; d'accuser, par surcroît, le vieil historien de n'avoir pas compris ce qu'il racontait. Le coffre qu'on appelait Tarche de lahvé n'était sacré, n'était inviolable, n'était tabou, que parce qu'il appartenait au dieu, qu'il était son symbole et sa demeure visibles. C'est lahvé qu'on respectait dans le coffre; et c'est du contact redoutable de ce dieu que l'on se garantissait par l'observation de l'interdit. Celui-ci a pour objet de régler le rapport de l'esprit ou du