‹ A propos d'histoire des religionsChapitre 27 sur 41 · AcT. xvni · texte numérisé non relu

AcT. xvni

relatif au prédicateur Apollos n'est pas sans difficulté, mais non par rapport à la question qui nous occupe. Apollos ne prêchait pas un autre Jésus que celui dont parle l'Evangile. Il importe seulement d'entendre la restriction touchant le baptême. Certes, l'hagiographe n'a pas voulu dire non plus qu 'Apollos ne savait rien de Jésus, si ce n'est qu'il avait été baptisé par Jean. « Le baptême de Jean », dans ce récit des Actes comme dans le suivant ', désigne le baptême d'eau, pour la repentance, par opposition au baptême dans l'Esprit saint, au baptême chrétien. Apollos prêchait Jésus, et il administrait le baptême à la manière de Jean ; on l'instruit à baptiser pour donner le Saint-Esprit. Ces récits laissent entrevoir que le rite de l'initiation chrétienne n'a pas été dès l'abord uniformément fixé. On n'a pas lieu de s'en étonner.

Ainsi rien n'assure l'existence d'un mythe de Jésus antérieurement au christianisme. 11 est, après cela, tout à fait superflu de spéculer sur le sens qui a pu d'abord s'attacher aux anciennes légendes de Joseph et de Josué. Si ces personnages ont été primitivement des dieux, la tradition juive

\. AcT. XIX, 1-7.

ne s'en souvenait pas et elle les considérait comme des héros nationaux. Ils n'ont rien pu fournir au prétendu mythe de Jésus. Peu nous chaut qu'Adonis ait été adoré à Bethléem : il ne s'ensuit pas qu'on ait placé en ce lieu la naissance du Jésus préchrétien. Dans l'hypothèse, et en admettant que l'Adonis de Bethléem soit ce Jésus, on aurait dû bien plutôt y mettre sa mort. Le passage de Jérémie, sur la plainte de Rachel qui se fait entendre dans Kama', est sans aucun rapport avec le deuil d'Adonis, et on l'introduit fort mal à propos dans le mythe du Christ. Que Jésus et Jean-Baptiste soient deux divinités solaires, l'une représentant le soleil grandissant à partir du solstice d'hiver, et l'autre le soleil déclinant à partir du solstice d'été, c'est une conjecture que peuvent suggérer les dates de leur naissance dans le calendrier ecclésiastique; mais nul n'ignore que ces dates étaient inconnues de la tradition chrétienne dans les premiers siècles, et que les fêtes chrétiennes ont été substituées à des fêtes païennes, sans qu'on puisse tirer de là aucun argument contre l'existence réelle de Jean et de Jésus. Autant vaudrait nier l'existence historique de

1, Jéb. xxxt, 15; Mattb, h, 18.

Napoléon 1"' et de Napoléon 111, parce que la fête de l'empereur était fixée au jour de l'Assomption. Passons sur le rapport de Jésus agneau de Dieu avec Agni Dieu, avec Jasoh et la Toison d'or, avec le soleil dans le signe du Bélier : l'agneau du sacrifice, l'agneau pascal en particulier suffisent à expliquer le langage du Nouveau Testament. Et ce langage résulte de ce qu'on a voulu regarder la mort de Jésus comme un sacrifice expiatoire.

La description du juste soulfiant, dans Isaïe ' et dans le psaume xxii, n'est pas nécessairement en rapport avec des récils mythiques sur un dieu immcdé; elle n'est pas tournée en représentation de sacrifice humain, et le texte du psaume ne permet en aucune façon de se figurer les bourreaux du psalmiste comme attendant leur salut de la victime qu'ils font souffrir; il est arbitraire d'y introduire la croix et les clous, attendu que le fameux passage : « Ils ont creusé mes mains et mes pieds '" », ne vise pas nécessairement le supplice de la croix; que l'hébreu donne une autre lecture, et que, selon toute vraisemblance, le texte est altéré en cet endroit. 11 est téméraire, c'est le moins qu'on puisse

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