Chnstusmythe
violente, que Paul interprète en sacriiice expiatoiro, un Jésus que l'on a cru ressuscité le troisième jour après sa mort, parce que dans les jours elles mois qui ont suivi sa sépulture, ceux qui lavaient connu, et sans doute aussi d'autres personnes gagnées à la foi des premières, enfin Paul lui-même avaient cru le voir et l'entendre. La mort de Jésus a pour témoins et trarants devant l'histoire Paul et la 'génération contemporaine de Paul, génération qui fut aussi contemporaine de Jésus.
Paul, à la vérité, se réclame du Christ immortel, ou plus exactement du Christ mort et ressuscité, non de Jésus préchant l'Evangile en Galilée et à Jérusalem. Mais son attitude est facile à expliquer. N'ayant pas été disciple de Jésus, Paul ne peut s'autoriser de relations personnelles avec le prédicateur que les premiers apôtres avaient entouré de son vivant. S'il paraît faire peu de cas de telles relations, c'est précisément parce qu'il ne pouvait pas s'en prévaloir, et que ce défaut servait d'argument à ses adversaires. Si, après sa conversion, il ne s'est pas soucié de venir auprès des disciples recueillir des informations au sujet de Jésus, c'est apparemment qu'il pouvait s'en passer. 11 avait vécu à Jérusalem, il avait pris un intérêt passionné à l'agitation
intérieure que la prédication de Jésus et celle des premiers apùtres avaient provoquée dans la capitale du judaïsme ; il était renseigné sur les circonstances de la mort du Christ et sur ce que prêchaient ses sectateurs. Donc nulle nécessité pour lui de se tourner immédiatement vers ceux-ci ; de plus, c'eût été pour lui une démarche assez délicate et hasardeuse que de se constituer disciple de ceux qui l'avaient connu jusqu'alors comme un ennemi acharné. Il avait ù fournir sur un autre terrain les preuves de sa conversion. Son ministère se trouva ainsi avoir une origine indépendante, et la suite de ses rapports avec la première communauté, le développement de son activité missionnaire, l'intérêt de son œuvre l'induisirent à accentuer davantage encore le caractère tout personnel et distinctif de sa vocation. S'il se vante de n'avoir rien appris des anciens apùtres quant à l'objet de l'Evangile, c'est que, dans la réalité, il n'a jamais été à leur école. Mais il lui arrive aussi d'affirmer la conformité de son enseignement avec le leur : c'est ce qu'il fait dans le passage cité plus haut, touchant la mort et la résurrection de Jésus. Paul converti n'avait rien eu à demander aux premiers apôtres du Christ, parce qu'il savait déjà ce qu'ils enseignaient.
On voudrait n'avoir pas à signaler ni à discuter la façon dont les partisans du myllie esquivent le témoignage que rend à l'historicité de Jésus la mention de ses frères et spécialement de Jacques. Paul dit que, lorsqu'il vint à Jérusalem, trois ans après sa conversion, il fit seulement connaissance de Pierre et de «Jacques, frère du Seigneur' ». Ailleurs il parle des autres apôtres, des « frères du Seigneur », de Céphas, qui ont avec eux des compagnes de leur apostolat, tandis que lui-même ot Barnabe n'ont pas de femme à leur suite". Il est incroyable que nos mythologues osent alléguer ici l'autorité de saint Jérôme s'efforçant d'entendre au sens moral, ou bien d'une parenlé quelconque, ce lien de fraternité. Nul n'ignore que la tradition chrétienne a été fort embarrassée des frères et sœurs (lu Christ, à cause de la virginité perpétuelle de Marie. Et ce sont des échappatoires imaginées par la vieille théologie, pour écarter le témoignage de l'histoire, que l'on évoque aujourd'hui contre l'historicité de Jésus ! Assurément le mot « frère » peut s'entendre au sens moral, et il peut se dire en général des membres d'une même famille, d'un même