Cor. ix, îi
groupe social. Mais ne s'entend-il pas souvent aussi de la plus étroite parenté, et ne se dit-il pas assez fréquemment de ceux qui sont nés du même père et de la même mère? Ne peut-on pratiquement discerner ses différentes acceptions? N'y avait-il pas aussi, chez les Juifs et chez les chrétiens, de vrais frères par le sang, dont on pouvait parler sans équivoque en employant ce mot de « frère » ? Laissons donc saint Jérôme avec ses idées de cousinage ou bien de ressemblance morale. Les Evangiles connaissent des frères et des sœurs de Jésus, qui sont enfants de Joseph et de Marie. Paul connaît des frères du Seigneur et spécialement Jacques, qui se distinguent des apôtres et, à plus forte raison, du commun des fidèles. Comment Paul pourrait-il songer à la masse des croyants quand il parle des missionnaires accompagnés d'une femme ? Est-ce que tous les fidèles étaient apôtres? Et comment le personnage de Jacques pourrait-il être déterminé par la qualité de « frère du Seigneur », si cette qualité appartenait à tous les Jacques de la communauté en tant que fidèles du Christ. La vérité, d'ailleurs, est que les croyants se qualifiaient mutuellement de frères, et que les communautés étaient une fraternité, mais que les croyants, comme tels, n'étaient point appe-
lés couramment frères du Christ. 11 reste que Paul désigne, comme les Évangiles, sous le nom de frères du Seigneur les frères germains de Jésus, Ces « frères » étant des hommes contemporains de Paul, Jésus ne saurait être un personnage mythique, étranger à l'histoire.
Pour interdire le divorce, Paul en appelle à l'autorité du Seigneur ' . 11 fait de même quand il aflirme le droit qu'ont les apôtres de vivre aux dépens de ceux qu'ils évangélisent '. Il connaît donc l'enseignement du Christ sur ces points particuliers et non seulement touchant la venue prochaine du règne de Dieu. Objecter que les citations ne sont pas textuelles est montrer beaucoup d'exigence à l'égard d'un homme qui écrit simplement ce qu'il sait avoir été la pensée de Jésus sur le sujet qu'il traite ; qui n'avait pas à citer textuellement Jésus, ne l'ayant pas entendu, et qui ne pouvait davantage citer textuellement un évangile écrit, puisqu'il n'en avait point à sa disposition. Dire que certaines sentences avaient cours dans les chrétientés comme paroles du Seigneur, parce qu'elles résumaient
1. I Cor. Ml. 10 11. Cf. M.\itc, x, 11. 11-12; M.vtth. xi.\, G, 912 ; Luc, XIV, lîS.