G.VL, lY
Si Paul est un témoin dangereux pour l'hypothèse mythique, il ne laisse pas d'être un témoin précieux pour l'histoire des origines chrétiennes. C'est auprès de lui qu'on apprend le mieux comment la mythologie a recouvert l'Evangile et pénétré dans la tradition chrétienne ; comment les éléments dispersés du messianisme juif et des cultes orientaux, dont on cherche vainement une synthèse antérieure à la carrière de Jésus, se sont rassemblés, amalgamés, unifiés dans la religion qui a fait valoir l'héritage laissé par le crucifié du Golgotha.
Le Christ historique était, dans le langage de Paul, le Christ « selon la chair * », et ce Christ que Paul avait peut-être vu à Jérusalem, l'Apôtre des Gentils, pour le bénéfice de sa position à l'égard des premiers apôtres, déclarait vouloir l'ignorer. Fiction logique, nous le savons, et peut-être aussi expres-