Gen. ni
— Tique vous ne mouriez. » Cela signifie que l'arbre porte un fruit mortel à ceux qui en mangent : telle est la raison, ou le prétexte, de la défense. Sur quoi le serpent, qui est bien la plus astucieuse des bêtes que lahvé a créées, s'empresse d'avertir la femme que lahvé a menti : « Vous ne mourrez pas du tout, répond-il * ; mais Dieu sait que, le jour où. vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal. » Rien n'était plus vrai : le fruit ne faisait pas mourir ; il donnait la connaissanee du bien et du mal, connaissance que l'homme et la femme acquièrent aussitôt qu'ils ont mangé. Alors, en effet, ils s'aperçoivent qu'ils sont nus et ils comprennent que cela n'est pas bien ; ils comprennent le tabou de la nudité. Mais }a défense de lahvé n'était pas un tabou. Si Dieu a menacé de mort l'homme et la femme, c'était pour les empêcher de toucher au fruit et d'arriver ainsi à la connaissance du bien et du mal. L'équilibre du récit est satisfaisant, du moins en cette partie, et l'on n'est pas autorisé à supposer qu'il y ait jamais eu Iknn tabou quelconque. 11 n'y aurait eu qu'un tabou fictif, si la défense avait été