AUTEURS LATINS. CICÉRON
Live * et de Tacite ^ commence à être bien connue. On n'ignore plus les caractéristiques d'Horace débutant 3 ou de Juvénal vieilli 4. On s'appuie sur les variations du style de Properce pour établir la chronologie de ses poèmes •'»; c'était d'ailleurs pour faciliter ces études qu'un index Propertianus complet avait été dressé ^.
Mais la philologie latine s'est exercée plus encore sur les œuvres de Cicéron. Il avait laissé à la postérité un aveu précieux : il a reconnu n'être pas arrivé du premier coup à la perfection de l'éloquence ; ses premiers discours étaient pleins d'une exubérance vicieuse, pardonnable dans un jeune homme ; on l'avait pourtant acclamé dès lors, —
1. S. G. Stacey, Die Entwickelung des livianischen Stiles : Archiy fiir lateinische Lexikographie, X, 1898, p. 17-82.
2. E. Wôimin, Philologus, XXV, 1867, p. 92-134; XXVI, 1867, p. 92-166: XXVII, 1868, p. 113-149.
3. A. Waltz, Des variations de la langue et de la métrique d' Horace, Paris, Baer, 1881.
4. E. Norden dans : A. Gercke et E. Norden, Einleitung in die Altertumsivissenschaft. I. Leipsig, Teubner, 1910,
5. H. Hollslein, De monobibli Properti sermone et de tempore quo scripta sit, Marburg, Schaaf, 1911.
6. J. Philimore, Index verhorum Propertianus. Oxford, Clarendon Press, 1905, p. i.
32 PROGRÈS DE LA CRITIQUE DANS l'ÉTUDE DU STYLE
c'est lui-même qui prend soin de nous en avertir, — mais il était encore loin de l'excellence à laquelle il atteindra plus tard.
La science moderne a précisé ce que le grand orateur avait indiqué en quelques traits. On a comparé soigneusement les discours des diverses époques. Au début, le jeune orateur, à peine sorti de l'école des rhéteurs, se souvient trop des préceptes qu'on lui a enseignés. Le travail est visible, la rhétorique se montre; le nombre oratoire, encore bien imparfait, est obtenu par 'des procédés qui se trahissent. On relève de^ traits de mauvais goût, des accumulations de synonymes, au moins inutiles. A mesureque le talent grandit, il se dégage de ses premières entraves ; son originalité se développe, l'expression devient plus ferme, la beauté rythmique, incomparablement plus parfaite, est atteinte sans eiïort.
Les Verrincs sont « la dernière œuvre de jeunesse de Cicéron et la première production de sa maturité * » ; le progrès continuera jusqu'au Pro Milo/ie. Un discours comme le Pro Ligario ne
1. E. Thomas, Ciceronis in C. Verrem orationes, Paris Hachette, 1894, p. 32.