‹ A propos d'Homère [microform]Chapitre 22 sur 31 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

NOUVEAUX PRO(;nÈS DE LA CRITIQUE HOMERIQUE 53

est un poème iin^ l'œuvre d'un seul auteur. Et de même YOdyssée, Cela ne veut pas dire qu'avant Homère on n'ait jamais écrit sur la guerre de Troie ouïes voyages d'Ulysse, que tout soit purement et simplement inventé par le poète. Aucune œuvre littéraire n'est faite de rien. Il y a une « matière » des poèmes homériques comme il y en a une de VKneide ou des Géorgiques. Mais, pour Virgile, nous connaissons en grande partie les œuvres dont il s'est inspiré : pour Homère, toute la littérature antérieure a disparu. Nous ne pourrons donc jamais savoir les « sources » d'Homère comme les « sources » de Virgile. Mais le fait que Virgile raconte des faits connus avant lui, utilise des légendes anciennes, emploie un langage épique imité d'Ennius et de Lucrèce, n'empêche pas que Virgile ait existé, qu'il soit le véritable auteur de V Enéide. Il en est de même pour Homère. Aucun grand poème ne s'est fait sans un grand poète.

Non seulement avec MM. Mûlder, Rothe, Van Leeuween, on revient maintenant à admettre l'unité des poèmes homériques, mais, comme par une gageure, on se fait fort de défendre les parties qui passaient naguère comme les plus évidemment

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54 NOUVEAUX pnoc;nÈs de la critique homérique « récentes » et « interpolées ». M. Sturmer ' réfute les reproches adressés au premier chant de V Odyssée ; en les examinant, il' a senti, dit-il, grandir son admiration pour le génie du poète'-'. M. Shewan défend de même la partie la plus suspectée de toute y Iliade^ la « Dolonie » 3 ; il Tétudie avec l'exactitude la plus minutieuse. Les adversaires ont compté des mots, é[)luché des particules, découpé, taillé, déchiqueté. M. Shewan en fait autant; mais quand tout est bien compté et classé, la conclusion se trouve contraire aux théories des « dissecteurs » ; c'est le nom qu'il leur donne. L'auteur se trouve amené à examiner les différences de langages qu'on a constatées entre diverses parties de V Iliade ; mais il se souvient, fort à propos, que des différences analogues ont été relevées entre le Paradis perdu eilG Paradis reconr/nis de Milton. M. Shewan j'etournc contre les Wolfiens leur méthode même, devenue beaucoup plus exacte et I)lus objective.

1. F. Stiirmer, Exegetische lieitrage zur Odyssée, Paderborii, Schoningh, 1911.

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