‹ A propos d'Homère [microform]Chapitre 23 sur 31 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

3. A. Shewan, The Lay of Dolon (The tcnlh Book of Homer's Iliad), Londres, Macmillan, 1911.

Non content de ce succès, il se permet une fantaisie très savante et très irrévencieuse où il parodie l'ancienne critique et bafoue sans pitié les principes qui la guidaient ^ :

I. — Si une chose j)eut être considérée comme particulière OU rare, le passage dans lequel elle est mentionnt'C est récent, interpolé, ou run et l'autre. Si une chose n'est pas particulière ni rare mais est mentionnée i)lus d'une fois, ce ne peut être que par suite d'un j)Iagial ou d'une imitation.

II. — Les « particularités linguistiques », ainsi qu'on les nomme... sont de sûrs témoignages de la date récente d'un passage... Cependant si un passage qu'on veut prouver récent ne présente pas de « particularité », dites que l'auteur récent avait « le sens « exact de la langue ('pique », ou bien qu'étant n'cent, il était par conséquent « imitateur » et réussissait à reproduire certains traits du langage homérique.

m. — Toutes les irrégularités de la narration, inconséquences ou contradictions, sont des raisons suffisantes de soupçon... quoiqu'elles abondent dans les livres modernes, et même dans des chefs-d'œuvre littéraires — qui ne sont certainement pas des livres traditionnels ni les produits de commissions ou de

1. A. Shewan, Ilomeric games at an ancient Saint - Jndreivs. An epyllion edited from a comparatively modem papyrns and shatlered by means of ihe ancient criticism, Edimbourg, Thin, 1911.

NOUVEAUX PRO(;nÈS DE LA CRITIQUE IIOMKRIQUE

rapiéceurs'et de ravaudcurs opérant pendant des siècles '.

Moins vif mais non moins cruellement ironique est M. Mackail. D'après lui, la méthode de la critique homérique, appliquée à Milton, prouverait que le Paradis perdu et le Paradis regagné portent la trace de deux états de civilisation différents 2; que les deux auteurs n'ont pas vécu à la même époque; et si V Enéide nous était parvenue isolée, sans témoignages historiques, on y aurait trouvé Tœuvre d'au moins trois poètes, outre le poète original, sans compter un quatrième qui aurait arrangé le tout ; des parties entières auraient été supprimées comme apocryphes, etc. ^.

On le voit par do tels exemples, la situation a changé. Ce sont les pîirtisans d'Homère qui ont pris l'olfensive. Ils prétendent même non seulement répondre victorieusement à toutes les objections mais établir directement l'unité des poèmes homé-

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