‹ A propos d'Homère [microform]Chapitre 26 sur 31 · ÉCROULEMENT DES THEORIES DE WOLF · texte numérisé non relu

ÉCROULEMENT DES THEORIES DE WOLF

il leur tourna le dos. Depuis longtemps déjà, aucun philologue de quelque valeur ne les soutient. Récemment encore on le constatait : « Personne ne songe plus à nier l'authenticité du Pro Marcello ou d'une Catilinaire ^ »

Est-ce à dire que Wolf n'ait rendu aucun service ? Peut-être a-t-il contribué à ailiner la méthode qui, perfectionnée, a détruit ses hypothèses.

1. G. May, Jahreshericht iiher die Fortschritte dev klassischen Altertumswissenschaf't, CLIII, 1911, p. 62.

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Conclusion.

Ainsi la Critique avance et elle recule.

Elle a réalisé d'incontestables progrès. Elle constata grossièrement d'abord les différences que présentent le style et le contenu d'ouvrages dus à des écrivains différents. Plus tard, elle s'avise qu'à diverses époques, le même auteur ne garde pas la môme manière ni les mêmes idées ; son regard, devenu plus pénétrant, saisit dans une niéme œuvre les traces de la composition, les morceaux imparfaitement joints dont est formé l'ensendile ; elle arrive à prendre l'écrivain sur le fait, regarde par dessus son épaule, le voit écrire et composer.

Mais ce progrès même de la critique l'a forcée à retirer beaucoup de ses premières aflirmations. Elle avait tranché trop vite. Sur des indices insuffisants, elle avait prononcé, attribué, divisé, dispersé. Pour une différence d'idées, pour une varia-

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tion dans l'emploi des particules, elle décidait qu'on devaitcompterun auteur de plus. Mais elle a retrouvé les mêmes diversités dans les œuvres incontestablement unes d'écrivains historiquement connus ou encore vivants.

Il reste à la critique de devenir plus précise encore et plus sûre d'elle-même. Si elle a dû reculer, c'est qu'elle s'était avancée à la légère : elle avait allirmé plus qu'elle n'en avait le droit, conclu à plusieurs auteurs quand elle avait tout au plus trouvé deux morceaux rédigés à un léger intervalle par le même poète. Si elle marche prudemment, elle n'a pas à faire un pas en arrière.

APPENDICE

Une polémique survenue entre M. Cauer et M. Rolhc permet de saisir aisément la différence entre l'ancien point do vue et le nouveau.

M. Hothe s'était appuyé sur ce fait incontesté que dans certains drames comme YHérakles d'Euripide on trouve réunies des conceptions assez diverses, caractéristiques d'époques différentes ^ D'après Wilamowitz, c'est précisément cette dissonance [Disharmonie] qui augmente l'intérêt du drame ou même — Wilamowitz exagère quelque peu — qui en fait la beauté.

On n'en conclut pas qu'Euripide n'a point existé, remarque M. Rothe. Quelques faits analogues constatés dans Homère ne prouveraient pas davantage « un développement séculaire du poème ''^. »

« Mais, objecte M. Cauer, je pense bien que dans « le cas d'Escbyle et d'Euripide nous avons affaire « aussi à un développement séculaire ^ ». En effet, les

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