AUTEURS GRECS. PLATON
Platon a, plus qu'aucun autre ancien, excité la curiosité attentive des philologues; et l'un des plus brillants résultats qu'aient obtenus les méthodes précises modernes a été de fixer en partie la chronologie de ses œuvres ^
1. Sur celte question, voir surtout C. Ritter, Platon, sein Lehen, seine Schriften, seine Lehre, I. Munich, Beck, 1910, p. \99-213 ^Neite Untersachangen liber Platon, Munich, Beck, 1910, p. 183-228 ; H. von Arnim, Sprachliche Forschungen ziir Chronologie der Platonischen Dialoge, Vienne, Holder, 1912. Voir aussi, L. Campbell, The Sophistes and Politicus of Plato, Oxford, Clarendon Press, 1867, p. xix-xlii (resté complètement inaperçu jusqu'au moment où Lutoslawski en signala limportance) ; Plato's Republic, Oxford, Clarenton Press, 1894, II, p. 46-61 ; W. Lutoslawski, The origin and groKvth of Plato's Logic, with an account of Plato's style and of the chronology of his ivritings, Londres, Longmans (1897), 2» tirage, 1905 (surtout p. 64-193; résume tous les ouvrages antérieursi ; Beyiie des Etudes grecques, XI, 1898, p. 61-81 (résumé du précédent par l'auteur) ; G. Janell, Ouaestiones Platonicae, Leipzig, Teubner, 1901 ; H. Rader, Platons philosophische Entivicklung, Leipzig, Teubner, 1905, p. 30-44 ; T. Gomperz, Les Penseurs de la Grèce, trad. A. Reymond, II, Lausanne, Payot, 1905, p. 302-305; VV. Christ, Geschichte der griechischen Litteratur, 6^ éd. par W. Schmid, p. 670, note 7 ; L. Robin, La Théorie platonicienne de l amour, Paris, Alcan, 1908, p. 76-79. (Mais ce
26 PROCHES DE LA CRITIQUE DANS l'ÉTUDE DU STYLE
On sait que leurs dates ne nous sont fournies par aucun document ; la seule donnée fournie par un témoignage extérieur est celle-ci : les Lois sont le dernier ouvrage de Platon.
Mais la critique est intervenue ; et, ici, elle a droit de chanter victoire. Plusieurs savants, indépendamment, sans connaître les travaux de leurs devanciers ou de leurs contemporains, ont étudié le style de Platon à des points de vue ditférents ; et les résultats de leurs recherches ont concordé d'une manière étonnante. Certaines particularités ' qu'on renianjue dans les Lois se retrouvent aussi dans quelques autres ouvrages : Parménide ^ Sophiste, Politique, Philèhe, Tiinéc, Critias. D'autres dialogues, comme la République, s'en distinguent davantage ; et la dilférence est beaucoup plus sensible avec Y Apologie de Socrate ou VKuthypUron, par exemple. On en a conclu que les ouvrages dont le style ressemble si fort à celui des
dernier auteur est très insunisamment documenté et les restrictions qu'il propose ont été formulées par les auteurs qu'il croit combattre).
1. Il en est d'absolument évidentes pour quiconque, une fois averti, lit Platon ; par exemple, le remplacement de oiffTrep par xaOaTiep, ou l'emploi de xî (jlt^v ;