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corruption de la classe pauvre, on n'oserait se fier aux parents pour cet important ministère, alors l'Église peut imposer aux enfants d’aller chercher cette éducation religieuse à l’école où elle les surveillera maternellement. L'État aurait, en ce cas, le droit de rendre obligatoire la fréquentation de ces écoles, et, au besoin, d’appuyer cette obligation de pénalités efficaces.”
C’est ce qui explique, à certaines époques de trouble et en certains pays d’une condition morale et sociale particulière, l’ntervention juridique, coactive même, de quelques princes chrétiens, par exemple de Charlemagne(1) et, plus près de nous, de Garcia Moreno, (2) dans la question scolaire ; question dont ces hommes de foi considéraient avant tout le côté religieux. De là, chez eux le sentiment intime de la haute et spéciale mission dont ils s’estimaient investis, de prêter main-forte à l’Église et de seconder autant que possible son zèle à christianiser et à moraliser la jeunesse. D'accord avec cette doctrine, “les évêques de Belgique, du sixième au dix-huitième siècle avaient recours aux magistrats séculiers, pour forcer par des refus de secours et par des amendes pécuniaires, les parents récalcitrants d'envoyer leurs enfants aux écoles dominicales et pour obtenir dans les rues le silence nécessaire à la bonne tenue des classes. (3)
Rappellerons-nous qu'après la révocation de l’édit de N antes, un essai d'instruction obligatoire eut lieu dans quelques provinces de France gangrenées par l’hérésie protestante ? Un décret royal contraignait les pères, mères ou tuteurs à envoyer aux écoles et aux catéchismes leurs enfants, surtout ceux qui étaient nés dans la religion reformée(4) jusqu'à l’âge de seize ans ; et un état exact des absences devait chaque mois être fourni par les curés aux Procureurs et hauts justiciers chargés de prononcer contre les délinquants.(5) Par ces mesures
(1) Capitulaires des rois francs, t. I, I. V, n. 161. (2) Berthe, Garcia Moreno, président de l'Equateur, t. II. ch. 5 -(6e éd.). (3) Godts, ouv. cit., p. 859.
(4) Etudes religieuses, mai 1872, p. 741.
(5) Allain, L'instruction Primaire en France avant la Révolution, p. 81
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