‹ A propos d'instruction obligatoire [microforme]Chapitre 26 sur 40 · INEFFICACITÉ DE L'ÉCOLE OBLIGATOIRE · texte numérisé non relu

INEFFICACITÉ DE L'ÉCOLE OBLIGATOIRE

Nous avons démontré, dans la première partie de cette brochure, que cette loi d'obligation était inopérante dans la plupart des communes de France. Nous aurions pu accumuler les témoignages à ce sujet, témoignages se rapportant non seulement à la période 1913 à 1918, mais également à la période 1910 à 1913.

Voici, à propos des illettrés, des chiffres officiels qui démontrent l’inefficacité de l'instruction obligatiore en France. Ces chiffres sont tirés du Journal officiel, numéros parus entre les 18 novembre et 6 décembre 1914, et se rapportent à l’année 1912. Ils donnent le résultat de examen des conscrits de la 4 classe de 1911. Voici, d’après M. G. Callon, Inspecteur général 7 des Ponts et Chaussées en retraite, le nombre d’illettrés (pour 1 75 départements), relevé dans le Journal officiel :(1) 4

Ensemble des conscrits illettrés et quasi-illettrés : moyenne pour l’ensemble des 75 départements ci-dessus : 22.6%. C'est donc le quart près de la classe des conscrits de 1911 dans 75 départements de la France, qui sont déclarés illettrés ou quasi-illettrés, et cela après trente-neuf années d'obligation scolaire. Et M. Callon fait remarquer que dans l’ensemble des communes où n'existent que des écoles primaires publiques de garçons, c’est-à-dire dans l’ensemble des communes où les catholiques n’ont pu établir d’écoles libres, le pourcentage des illettrés s'élève à 25.4%.

(1) Voir le Bulletin de la Société générale d Éducation, Paris, 15 avril 1914.

Voici un autre témoignage non suspect. M. Édouard Petit, Inspecteur général de l’Instruction publique en France, pendant un grand nombre d’années, un apôtre de l’école laïque, écrivait en 1911: Sur 4,461,170 enfants en âge d' aller à l’école, 287,239, en 1907, ont manqué l’école sans excuse valable, au moins pendant 4 mois, 68,360 ont été absents 5 mois, 111,740 la moitié de l’année.” (Voir le Bulletin de la Société i générale d Education et d Enseignement du 15 mai 1911).

Le 6 mars 1911, lisons-nous dans le même numéro du Bulletin ci-dessus cité, M. Buisson déposait sur le bureau de la Chambre une proposition de loi tendant à compléter la loi du 28 mars 1882. Il s'agissait, dit M. Buisson, “ d'arrêter la paralysie dont est ménacée, chez-nous (en France), l'institution, on pourrait bientôt dire la fiction légale, de l’enseignement obligatoire.”

Chaque année les rapports des Inspecteurs, en France, démontrent abondamment que la paralysie fait son chemin et que la“ fiction légale ” est toujours une réalité.

Page 1