UN BEL HOMMAGE AU SYSTÈME SCOLAIRE DE LA PROVINCE DE QUÉBEC
Le 21 janvier 1919, l’Université Laval recevait officiellement Son Excellence le lieutenant-gouverneur de la province de Québec, sir Charles Fitspatrick. En réponse à une très sympathique adresse qui lui fut présentée par le Recteur de l’Université, sir Charles, ancien élève du Petit Séminaire et de l’Université de Québec, dit entr autres excellentes paroles :
Le peuple Canadien, Mgr le Recteur, est aujourd’hui fier de sa vitalité, de son merveilleux développement. Mais n’oublie-t-il pas un peu, malgré sa devise Je me souviens *, n'oublie-t-il pas un peu à qui il doit l’une et l’autre ? L'homme fait oublie volontiers qu’il a été enfant, qu’il a marché dans les lisières. Mais les bras maternels qui l’ont porté et caressé, ce cœur qui lui a donné la vie et l’a tant aimé, peut-il les oublier !
“Or, c’est par la religion que nous avons grandi, prospéré, que nous sommes devenus un peuple. Par la religion, non pas uniquement au sens abstrait de ses dogmes et de sa morale, propres à faire les âmes fortes, mais la religion au sens concret, représentée par ses institutions admirables, son clergé.
‘Communautés de femmes qu'il est juste de saluer en passant, que nos frères d’autres croyances nous envient et qu'ils cherchent vainement à imiter : Ursulines, Hospitalières, Sœurs de la Congrégation, pour ne nommer que celles qui remontent à l’origine même du pays et qui ont travaillé à sa formation
première. Sous la discipline à la fois ferme et tendre des couvents ont été élevées ces mères chrétiennes qu’on trouve à la base de cette famille canadienne-française, force de la race dans le passé et, dans l’avenir, son plus sûr espoir.
‘Communautés de religieux et de prêtres éducateurs. Avant la conquête, les collèges des Jésuites et de St-Sulpice, le Séminaire de Québec ; après la conquête, le Séminaire de Québec, pendant longtemps presque seul, ont formé ce clergé moralisateur de nos populations et gardien fidèle de leur foi et de leur loyauté, ont préparé ces hommes de haute intelligence, d'instruction étendue, de fier caractère, dont l’éloquence, dans les luttes politiques de la fin du XVIIIe siècle et du commencement du XIXe, a su défendre et faire triompher la cause des liberté publiques.
“* Maintenant que soixante mille Canadiens, en un siècle et demi sont devenus plus de trois millions, les centres d’éducation se sont multipliés : couvents de tout ordre et de tout genre, collèges de prêtres et de frères qui mettent la haute culture à la portée de toutes les classes, pendant que nos milliers d'écoles primaires nous assurent, parmi les autres peuples, au point de vue éducationnel, un rang des plus distingués.”
(Reproduit de l’Action Catholique, du 22 janvier 1919.)